<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703</id><updated>2012-01-28T00:40:19.229+01:00</updated><category term='Cours et séminaires'/><category term='Textes sur la question gay'/><category term='Sur Bourdieu'/><category term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category term='Rencontres et Débats'/><category term='Conférences et colloques'/><category term='Amiens'/><category term='Textes sur la psychanalyse'/><category term='Photos'/><category term='Souvenirs'/><category term='Textes sur la gauche'/><category term='Varia'/><category term='Adresses'/><category term='Against Plagiarism'/><category term='Ouvrages'/><category term='Textes sur la littérature'/><category term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>Site personnel de Didier Eribon</title><subtitle type='html'>On trouvera ici un ensemble de textes : conférences, communications, interventions, articles, entretiens... Et aussi un certain nombre d'informations sur mes travaux et activités : publications, colloques...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://didiereribon.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>100</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3524169495983105795</id><published>2012-01-23T13:38:00.006+01:00</published><updated>2012-01-28T00:38:11.854+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>Bourdieu et la pensée de gauche aujourd'hui</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je publie ici mes réponses au journal norvégien &lt;i&gt;Klassekampen &lt;/i&gt;(dossier spécial sur Pierre Bourdieu, paru dans l'édition du samedi 21 janvier 2012).&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;&lt;i&gt;Comment peut-on qualifier l'héritage intellectuel qu'a laissé Pierre Bourdieu à la France lors de sa disparition il y a maintenant dix ans?&lt;/i&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;C’est un héritage considérable. On le retrouve aujourd’hui dans tous les domaines de la recherche mais il est également très présent dans la réflexion sur la politique.  Il faut rappeler que Bourdieu a été insulté tout au long de sa vie, et tout particulièrement au cours des dernières années de celle-ci, et même diffamé, et parfois en des termes assez délirants,  d’un bout à l’autre de l’espace politique et intellectuel. Et je pourrais même dire qu’on peut mesurer sa grandeur au nombre d’insultes qui lui ont été adressées. La force corrosive de sa pensée, la fécondité de sa démarche et des outils qu’il a forgés ont bousculé la routine universitaire et la routine politique et cela lui a valu beaucoup d’ennemis. Mais cela n’a jamais empêché son travail d’être utilisé et de produire des effets dans tout le champ intellectuel et dans tout le champ politique (pas celui des partis, bien sûr, mais celui des mouvements sociaux, des mobilisations, des luttes, des associations…). Et dix ans après sa mort, il apparaît aux yeux de tous qu’il pourrait bien être le penseur crucial de la situation dans laquelle nous sommes. L’écho que rencontre en ce moment la parution de son cours au Collège de France sur l’Etat suffit à le montrer. Nous avons besoin d’une pensée critique, radicalement critique. A cet égard son œuvre constitue une mine d’or, où nous pouvons inlassablement puiser. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;Comment Pierre Bourdieu vous-a-t-il inspiré en tant que chercheur en sociologie?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;Tous mes livres ont été marqués par l’influence qu’a exercée sur moi la pensée de Bourdieu, même si je l’ai toujours utilisée de manière assez libre. Dans &lt;i&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/i&gt; ou dans &lt;i&gt;Une morale du minoritaire&lt;/i&gt;, j’ai essayé de construire une théorie sociale et non-psychanalytique de la constitution des subjectivités et des identités et je me suis évidemment inspiré de la notion d’habitus qui est centrale chez Bourdieu. Je me suis beaucoup attaché à décrire le sentiment de la honte tel qu’il est inscrit dans les corps et les cerveaux des groupes d’individus que l’ordre social, l’ordre sexuel, l’ordre racial etc. travaillent inlassablement à stigmatiser ou à inférioriser. D’où l’importance que j’ai donnée à la notion d’injure : non seulement celle que l’on reçoit directement, et qui vous blesse, et vous épingle en vous assignant à une catégorie, à une place dévalorisée, mais aussi l’injure au sens plus général de structure de domination et d’infériorisation qui établit et maintient les hiérarchies. C’est pourquoi l’injure – la nomination injurieuse, le monde social comme structure injurieuse – a un rôle constitutif dans la fabrication des identités et des subjectivités. &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;Plus récemment, dans &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;, qui porte sur mon parcours de transfuge de classe, j’ai insisté sur ce qu’il faut bien appeler la reproduction sociale et les destins sociaux. Et donc sur le rôle que remplit le système scolaire dans cette reproduction (avec l’élimination rapide ou progressive mais quasi inéluctable des enfants des classes populaires). En fait, les grandes difficultés qui peuvent exister entre des parents et leurs enfants (et entre les enfants entre eux) tiennent souvent au rapport différent qu’ils ont entretenu avec le système scolaire et à la durée plus ou moins longue pendant laquelle les uns et les autres l’ont fréquenté. Il faut donc remplacer l’Œdipe par l’Ecole et l’apprentissage culturel.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;i style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;L'action de Pierre Bourdieu, que ce soit dans le domaine de la sociologie ou de la politique, a toujours été ancrée dans un temps et un espace sociaux particuliers. Ses idées sont-elles toujours exportables à un autre lieu (géographique) et à un autre temps, ou bien risquent-elles de se retrouver dépassées au bout d'un certain temps?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;Je crois que Bourdieu a toujours eu conscience – et je dirais même qu’il a eu de plus en plus conscience au fil des années – de la nécessité de mener des recherches à l’échelle internationale, et d’entreprendre des combats également à l’échelle internationale. Ses analyses qui s’appuient en effet souvent sur un matériau français se sont toujours efforcées d’en dégager des enseignements théoriques généraux, et dont la pertinence et la validité dépassent le contexte de leur élaboration. Ses analyses sur le système scolaire, sur la dynamique de la structure sociale fondée sur le maintien des écarts distinctifs, sur le rôle de la culture légitime et des diplômes comme instances de légitimation de la domination sociale, sur la dépossession culturelle et donc politique dont sont victimes les dominés, sur la « souffrance sociale » et la « misère de position », etc., tout cela me paraît avoir une validité transnationale. Pour ce qui est de la politique, il a beaucoup insisté sur l’urgence de réfléchir et d’agir à l’échelle européenne, d’où ses appels réitérés à la construction d’un mouvement social européen, dans la mesure où les luttes à l’intérieur de tel ou tel pays ne pouvaient devenir réellement efficaces que si elles se liaient à celles qui se développaient ailleurs. Et il était particulièrement inquiet de la domination mondiale, économique et symbolique, des Etats-Unis, avec notamment l’exportation d’un modèle néo-libéral destructeur et même dévastateur pour l’ensemble de la planète. Il faut relire ses deux petits volumes intitulés &lt;i&gt;Contre-feux&lt;/i&gt; 1 et 2 ! Tout est déjà là.  &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(34, 34, 34); line-height: 200%; "&gt;On a reproché à Bourdieu d'être un théoricien du déterminisme social. Que peut-il apporter à l'Europe en crise d'aujourd'hui?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt; Je crois qu’on ne peut pas construire une pensée politique critique et radicale si on ne la fonde pas sur le principe du déterminisme, et donc sur l’analyse minutieuse et répétée des mécanismes sociaux qui façonnent et perpétuent les inégalités. On le voit bien quand on examine ce phénomène terrible et inquiétant qu’est la montée de l’extrême-droite dans de nombreux pays d’Europe : c’est lié, en grande partie, comme je l'ai souligné dans &lt;i&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/i&gt; puis dans &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;,  au fait que la pensée de gauche a cessé de penser en termes déterministes. La gauche française, par exemple, s’est convertie à une conception bourgeoise et droitière du monde social, avec au cœur de son discours une pensée de la « liberté »  ou de « l’autonomie » individuelle et donc de la responsabilité des individus dans ce qui leur arrive. C’est comme si on pouvait combattre la violence sociale qui s’abat sur des populations entières par de bons sentiments et de bonnes résolutions moralisantes.  Toute idée de déterminisme social a disparu et avec elle toute idée de domination, d’oppression, d’antagonismes de classe, de conflictualité sociale, de luttes sociales. Et donc les luttes apparaissent comme des aberrations ou des pathologies qu’il faudrait soigner et guérir dans une sorte de grande réconciliation  harmonieuse de tous avec tous dans un « monde commun ». D’où les slogans absurdes qui reviennent comme des litanies sur la nécessité de « vivre ensemble », de « faire société » ou « refaire société », etc.  Comme si le problème n’était pas la violence sociale omniprésente, mais un délitement du lien social qu’il conviendrait alors de restaurer à l’aide de bonnes paroles sur la « réciprocité ».  Ce qui ne veut strictement  rien dire, et ce qui explique évidemment que tous ceux pour qui ce genre de discours n’a aucune signification, ou pour qui la signification est  très clairement de les renvoyer à l’impuissance et au silence,  et qui veulent manifester leur colère contre les ravages que la crise économique répand dans leurs vies quotidiennes, soient amenés pour exprimer cette colère à se réfugier dans une abstention systématique ou à voter pour l’extrême-droite.  Penser les déterminismes , les mécanismes par lesquels la violence sociale s’exerce, et ne cesse de s’exercer et de recommencer à s’exercer, c’est se donner les moyens de penser ce que peut être la résistance et ce que peuvent faire les luttes. Et c’est se donner les moyens de réinventer une gauche digne de ce nom à l’échelle européenne et internationale. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="margin-bottom:0cm;margin-bottom:.0001pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="color:#222222"&gt;                                                                                     Propos recueillis par Sandra Lillebo&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3524169495983105795?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3524169495983105795'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3524169495983105795'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/bourdieu-et-la-gauche-aujourdhui.html' title='Bourdieu et la pensée de gauche aujourd&apos;hui'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8801378856177618394</id><published>2012-01-21T02:07:00.005+01:00</published><updated>2012-01-21T02:31:32.485+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>Sur Bourdieu à France Culture</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-pierre-bourdieu-decrypteur-du-reel-35-didier-eribon-2012-01-18"&gt;http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-pierre-bourdieu-decrypteur-du-reel-35-didier-eribon-2012-01-18&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8801378856177618394?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8801378856177618394'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8801378856177618394'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/sur-bourdieu-france-culture.html' title='Sur Bourdieu à France Culture'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3008033788159312849</id><published>2012-01-17T14:24:00.007+01:00</published><updated>2012-01-28T00:40:19.235+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>"Autour de Didier Eribon" (à paraître)</title><content type='html'>Plusieurs correspondants m'ont demandé si les textes présentés lors du colloque qui s'est tenu à l'université de Stirling, en avril dernier, autour de mon travail ("Autour de Didier Eribon") sont ou seront disponibles.&lt;div&gt;Oui : ils seront bientôt publiés dans un numéro spécial de la revue britannique &lt;i&gt;French Cultural Studies&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(Plus d'informations dès que c'est disponible).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3008033788159312849?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3008033788159312849'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3008033788159312849'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/autour-de-didier-eribon-paraitre.html' title='&quot;Autour de Didier Eribon&quot; (à paraître)'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5511241826854992106</id><published>2012-01-14T12:31:00.017+01:00</published><updated>2012-01-23T12:51:52.346+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Photos'/><title type='text'>"Bourdieu le père des études de genre en France"</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-PwAr38oDOBE/TxFnrpPCLoI/AAAAAAAAADI/Ff8wuBK4YuY/s1600/photo%2BPB%2B2.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 174px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-PwAr38oDOBE/TxFnrpPCLoI/AAAAAAAAADI/Ff8wuBK4YuY/s400/photo%2BPB%2B2.png" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5697449003101335170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le magazine gay et lesbien &lt;i&gt;Têtu&lt;/i&gt; (dans son numéro daté de février 2012) rend à son tour hommage à Pierre Bourdieu en publiant un dossier sur "Bourdieu le père des études de genre en France" (le titre donné par la rédaction de ce journal à son excellent ensemble d'articles me semble d'ailleurs assez judicieux). Ils ont choisi pour illustrer ces articles une photo où Bourdieu et moi-même participons à un rassemblement en faveur du Pacs, à Paris, en octobre 1998 (elle avait déjà été publiée par &lt;i&gt;Têtu &lt;/i&gt;et par les &lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt; au lendemain de la mort de Bourdieu). &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Une telle photo ne suffit-elle pas à balayer toutes les sottises ânonnées en choeur par ceux qui croient pouvoir opposer la pensée critique (et les analyses qu'elle élabore) et la mobilisation ou la "parole" des acteurs sociaux ? C'est Bourdieu et moi qui étions là..&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5511241826854992106?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5511241826854992106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5511241826854992106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/bourdieu-le-pere-des-etudes-de-genre-en.html' title='&quot;Bourdieu le père des études de genre en France&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-PwAr38oDOBE/TxFnrpPCLoI/AAAAAAAAADI/Ff8wuBK4YuY/s72-c/photo%2BPB%2B2.png' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2534603647904044944</id><published>2012-01-05T11:07:00.005+01:00</published><updated>2012-01-05T11:14:27.689+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>Pierre Bourdieu sur François Hollande</title><content type='html'>Dans mon livre paru en 2007, &lt;i&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/i&gt; (aux éditions Leo Scheer), je rapportais dans une note (p. 63) ce propos que m'avait tenu Pierre Bourdieu, à la fin des années 1980  :&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;b&gt;"Ce pur produit de l'ENA qu'est François Hollande se faisant élire à Tulle, c'est la fin de tout! ça veut dire le Front national à 20% dans dix ans".&lt;/b&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2534603647904044944?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2534603647904044944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2534603647904044944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/pierre-bourdieu-sur-francois-hollande.html' title='Pierre Bourdieu sur François Hollande'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7554817795703816996</id><published>2012-01-03T21:49:00.026+01:00</published><updated>2012-01-28T00:39:12.570+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>POUR MEMOIRE : PLENEL TEL QUEL</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;Quelques commentaires ajoutés au bas d’un article de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Mediapart&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; ont rappelé ce que le journaliste Edwy Plenel, directeur de ce site, avait écrit autrefois contre Bourdieu. Sans doute agacé de voir ainsi mise à mal l’image nouvelle qu’il essaie de construire de lui-même (ou plutôt &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;exaspéré&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; par un article du &lt;i&gt;Monde Diplomatique &lt;/i&gt;de ce mois de janvier 2012, qui fournit quelques savoureuses citations ?), Plenel publie sur le site de son journal en ligne un texte – en accès libre – intitulé « Pour mémoire : le faux procès du journalisme ». Mais sa mémoire me paraît bien sélective, et plutôt déformante, c'est le moins qu'on puisse dire ! Son passé trotskyste lui a sans doute permis de connaître et d'assimiler les méthodes staliniennes de réécriture de l’histoire, et l’on voit qu’il ne se prive pas de mobiliser ses connaissances dans cet art de la « mémoire » réinventée et des faits manipulés pour les besoins de la (sa) cause (on laissera de côté ici son ego hypertrophié, son narcissisme naïf et sa mégalomanie).  En fait, il s’agit avant tout pour lui de chercher à faire oublier ce qu’il était et ce qu'il  faisait à l’époque. Je voudrais donc lui opposer ma propre « mémoire », et restituer quelques éléments dont je me souviens. « Pour mémoire » donc, comme il dirait :   &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens que l’article d’Edwy Plenel sur le livre de Serge Halimi, &lt;i&gt;L&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: Arial, sans-serif; "&gt;&lt;i&gt;es nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-size: 12pt; font-family: Arial, sans-serif; "&gt;, a été publié dans &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-size: 12pt; font-family: Arial, sans-serif; "&gt;&lt;i&gt; Monde Diplomatique&lt;/i&gt; et non pas dans &lt;i&gt;L&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;&lt;i&gt;e Monde&lt;/i&gt;. Pourtant, Plenel était directeur de la rédaction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. Mais il s’était bien gardé de publier ce qu’il appelle aujourd’hui sa « discussion » dans son propre journal : il s’était lui-même invité dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde Diplo &lt;/i&gt;(comme la présentation de cette page par Ignacio Ramonet, alors directeur du mensuel, le souligne ironiquement et comme s’en étonne férocement Halimi dans sa réplique). Oui, c’était cela la méthode Plenel : bien &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;loin de la vertueuse éthique du débat dont il fait mine de se réclamer aujourd’hui, il s’agissait plutôt de mettre en œuvre une brutalité autoritaire et institutionnelle (et &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;tous les procédés qui vont avec : censure, &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;abus de pouvoir…. Je pourrais&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt; apporter bien des éléments factuels pour&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;en témoigner) afin d'essayer d’annuler l’épouvantable outrage qu’Halimi avait osé commettre &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; "&gt;contre la toute-puissance du journalisme et de ses dignitaires (et notamment les notables liés entre eux qu’étaient à l’époque Colombani, Minc, Plenel, Bernard-Henri Lévy…et là encore, il conviendrait tout de même de pas oublier cela). Le livre était largement composé de citations : pourquoi les éditorialistes furent-ils à ce point heurtés par le fait qu’on puisse reproduire leurs propos dans un livre ? Sans doute parce qu’ainsi rassemblés, ces propos apparaissaient comme ce qu’ils étaient : l’expression d’une idéologie partagée et une imposition généralisée de problématique. Ceux qui prétendaient analyser le monde alentour étaient en fait parlés par les structures du pouvoir dont dépendaient leurs positions et prises de positions (il faudrait plutôt dire : DES pouvoirs, auxquels ils étaient soumis : économiques, politiques, institutionnels, etc).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens de l’événement que représenta la parution du livre de Serge Halimi. Je me souviens de l’événement que fut, un an plus tôt, la parution du grand livre de Pierre Bourdieu  &lt;i&gt;Sur la télévision&lt;/i&gt;, dans lequel il décrit de façon concise le phénomène qu’il nommait « l’emprise du journalisme » et  les conséquences qui en découlait : fermeture anti-démocratique de la discussion  – la parole réservée à quelques-uns, choisis par les hiérarques médiatiques  et les «&lt;i&gt; gate-keepers&lt;/i&gt; »- ; menaces sur la culture – car la télévision, à l’époque, étendait sa loi à l’ensemble des media, qui, selon la logique de l’audimat, suivaient les verdicts et les prescriptions télévisuelles pour atteindre un public large et donc favorisaient, par une succession d’effets de champ, la production culturelle et intellectuelle facile – les&lt;i&gt; "fast writers"&lt;/i&gt; ou les&lt;i&gt; "fast thinkers"&lt;/i&gt; – contre la production autonome, promettant à celle-ci des temps difficiles si n’est une inévitable extinction (les éditeurs n’allaient bientôt plus pouvoir publier que les livres dont les auteurs étaient susceptibles de passer à la télé). Je me souviens de la fureur hargneuse que ces livres d'Halimi et de Bourdieu  provoquèrent chez ceux qui se sentirent visés. Je sais que Bourdieu n’a cessé de payer ce crime de lèse-pouvoir journalistique et que dix ans après sa mort, il le paie encore.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens de la mobilisation hystérique de tout l’univers journalistique, d’un bout à l’autre de l’espace politique, contre Bourdieu, traîné dans la boue dans des termes que les journaux n’appliquaient même pas à Le Pen (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Libération&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; participèrent activement à ce déchainement : je donnerai des exemples, si nécessaire, et je garantis qu’ils seront aussi édifiants qu’accablants : me reprochera-t-on de donner des citations ?). Encore aujourd’hui, il suffit de mentionner &lt;i&gt;Sur la télévision&lt;/i&gt; pour provoquer des bouffées délirantes chez les journalistes qui aimeraient pouvoir contrôler qui et ce qui a accès, ou non, à l’espace public (et qui ne supportent pas que ce pouvoir leur ait été contesté par Bourdieu). Je me souviens que l’article consacré par&lt;i&gt; Le Monde &lt;/i&gt;à &lt;i&gt;Sur la télévision&lt;/i&gt; fut confié à Nicolas Weill, un disciple de Gauchet et Furet, qui nous expliqua qu’il fallait plutôt lire Gauchet (mais quand il s’agit des livres de ces auteurs de droite que sont Furet ou Gauchet, on ne demande pas à un disciple de Bourdieu d’écrire le compte rendu, bien sûr). Le même journaliste fit ensuite l’éloge de livres qui accusaient la critique du journalisme d’être  hostile à la démocratie, regrettant cependant qu’on ne dise pas qu’elle était également antisémite (tout est décidément permis ! pourquoi se gêner quand on peut écrire n’importe quoi en sachant qu’on aura l’approbation de ses patrons et du petit monde dans lequel on vit… et ce sont ceux qui eurent l’audace de faire savoir qu’ils étaient ulcérés par de telles vilénies qui furent accusés d’être « violents », « intolérants » et, bien sûr, « antidémocrates » etc.). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;Ah ! je me souviens aussi que ce petit monde promut avec enthousiasme le livre de Cyril Lemieux sur la presse (il s’agit d’un disciple de cet horrible Boltanski qui, converti au mysticisme religieux et vantant Ricoeur et la pensée religieuse et personnaliste dans les colonnes d’&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Esprit&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;, s'appuyant sur les Pères de l'Eglise pour écrire un livre contre l’avortement et clamer son hostilité au Pacs, etc., etc., lançait alors ses élèves l’un après l’autre à l’assaut de la « sociologie critique » et de son ancien maître Bourdieu, avant de l'insulter dans &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;le jour de sa mort). Ce livre sans intérêt fut applaudi par le monde médiatique comme un merveilleux et miraculeux contre-feu à Bourdieu et à &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Sur la télévision&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; (et cet auteur minuscule fit carrière grâce à ce succès de mauvais aloi : la sociologie au secours des pouvoirs et mobilisée, avec les pouvoirs, dans la dénonciation de la sociologie critique… Belle éthique scientifique, n’est-ce pas ? ).  L’auteur avait interviewé quelques  journalistes (au nom de la « sociologie de la justification ») et ceux-ci lui donnèrent évidemment toutes les « justifications » qu’ils avaient envie de donner…  Les contredire eût été sombrer dans la « critique », et il ne fallait pas, on s'en doute !!! Mais simplement « restituer » la parole des acteurs… Il est pourtant bien évident qu'une sociologie qui prétend se contenter de rapporter et de "mettre en forme"  le point de vue des acteurs est éminemment politique : outre que la mise en forme est déjà une interprétation qui se &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;dénie&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; comme interprétation, une telle démarche ne fait qu'enregistrer et donc ratifier l'ordre établi au lieu de le penser pour le changer. C'est une sociologie conservatrice. Plenel croit-il vraiment que quelques entretiens rassemblés et une petite sauce destinée à complaire aux journalistes sont de nature à annuler l'analyse historique et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;structurale&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; de Bourdieu ? En fait, dès qu’on analyse le fonctionnement d’un système, ceux qui le font fonctionner (la plupart du temps de bonne foi, mais malgré tout, j’ai trop connu le monde du journalisme pour me laisser berner par ces « justifications » : elles consistent chez les « acteurs » qui se « justifient » à dire des choses au sociologue qui sont le contraire exact de ce qu’ils font à longueur de journée, avec un cynisme souvent déroutant). Après tout, dans les années soixante et soixante-dix, l’analyse du système scolaire déplut profondément aux enseignants qui se  sentirent mis en accusation. Mais non : ce n’étaient pas eux, personnellement. Mais la contribution qu'apporte une institution à la perpétuation des mécanismes sociaux et à la reproduction des inégalités sociales. D'ailleurs, les« acteurs » en question ont aujourd’hui accepté l’analyse. Et l’analyse est restée dans &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;toute&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; sa puissance. Elle vaut même encore plus aujourd’hui qu’hier. Il pourrait en aller de même du journalisme. Et au lieu de combattre Bourdieu, les journalistes devraient, comme le font aujourd’hui les enseignants, réfléchir, grâce à ses analyses, à leurs propres pratiques, pour essayer de les transformer, si peu que ce soit et pour autant qu’ils en aient la possibilité (car la « liberté » ne pèse pas lourd contre les forces sociales).  Mais il leur faudrait pour cela renoncer à l’ivresse et aux illusions sur soi que confrère le sentiment du pouvoir et de la toute-puissance. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; Je me souviens de la manière dont&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt; Le Monde&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;, sous la direction de Plenel, a promu, inlassablement la révolution néo-conservatrice (Furet et ses acolytes de l’époque, Gauchet et Rosanvallon). &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;organisait des "Forum" avec &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; et la Fondation Saint Simon (à Grenoble), et ouvrait ses pages aux auteurs que ces organismes de promotion invitaient à parler - contre la gauche critique. Je me souviens que chaque « Note » de la Fondation Saint Simon se voyait célébrée sur une pleine page du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;, même les plus ridicules (comme les élucubrations involontairement comiques de l’idéologue de la revue &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Esprit&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;, Irène Théry, contre le pacs, l’homoparentalité et autres "&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;revendications&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; frénétiques" (sic), du mouvement homosexuel, accusés de fragiliser les fondements mêmes de la civilisation et que le législateur se devait donc de repousser sans état d'âme). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens de la manière dont le &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;traita de l’engagement des intellectuels dans le mouvement social de 1995 : un pleine page titrée sur les « nouveaux compagnons de route » (ben voyons !) qui se terminait – toujours sous la plume du même journaliste, thuriféraire de Furet et Gauchet, évoqué plus haut – par des interviews de Gauchet et Furet, ce dernier déplorant  évidemment la persistance de ces mouvements  sociaux « crépusculaires », c’est-à-dire archaïques, dépassés, tournant le dos à la bienheureuse modernité néo-libérale. Plenel ne s’en souvient pas ? Mais c’était lui, le directeur de la rédaction, non ? Il a perdu une partie de sa mémoire ? Ou bien il veut réécrire l’histoire, bien conscient désormais  qu’avoir combattu les mouvements sociaux et les intellectuels qui y participaient ne constitue plus un titre de gloire ?  L’humeur intellectuelle et politique a changé… Il serait difficile aujourd’hui de défendre le « contrat social » et la « démocratie »  capitaliste contre les mouvements sociaux. Et il est assurément difficile pour Plenel de reconnaître que c’est pourtant ce qu’il fit, et avec tant de zèle. Mais l’histoire est ce qu’elle est : il a mené une guerre acharnée contre Bourdieu et contre ce que Bourdieu incarnait. Bourdieu combattait  pour la démocratie sociale, contre l’injustice, contre les inégalités... Plenel était alors dans le camp des puissants, de l’ordre établi et de la pensée conservatrice  (aux côtés de Furet, Gauchet, Rosanvallon) contre les intellectuels critiques. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens de la parution du livre de Daniel Lindenberg,&lt;i&gt; Le retour à l’ordre&lt;/i&gt;. Plenel accorda à ce pauvre factum tout le haut de la « Une » du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, et deux pleines pages intérieures. La raison en était simple : ce livre marquait l’éclatement du groupe qu’il avait soutenu pendant des années.  C’est le monde de Plenel qui s’écroulait : toutes ses références intellectuelles, tout ce qu’il avait promu… se divisait, se déchirait…  Et comme toujours, il fit comme si son désarroi personnel traduisait un événement dans la vie intellectuelle (et il voulut donc faire un événement général de ce qui n’était un événement  que pour lui, une minuscule polémique entre néo-réactionnaires et néo-conservateurs : l’objectif du livre de Lindenberg, petit soldat zélé d'&lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; et de La République des idées, était en effet d'afficher le prétendu repositionnement à « gauche » de Rosanvallon, après la mort de Bourdieu, pour tenter d’occuper la place laissée vacante, d’où  la nécessité pour lui de renvoyer Gauchet du côté des « réactionnaires », c’est-à-dire de l’assigner au lieu où ils avaient travaillé ensemble pendant plus de dix ans, afin de faire croire que lui en sortait…  Gauchet dépeint comme réactionnaire, - ce n’est certes pas faux, mais ça n’était guère une nouveauté - par son allié d’hier, Rosanvallon, voilà qui était tout de même assez cocasse! Mais cela permettait à ce dernier de faire croire qu’il rompait avec son passé conservateur, ce qui, on s'en doute, n’était chose aisée, après tant d'années passées à pourfendre la pensée de gauche, et c'est pourquoi Plenel vint l'aider dans cette tâche difficile). Je ne me souviens, soit dit en passant, pas que les livres de Pierre Bourdieu (ni ceux d’autres auteurs sérieux) aient eu droit à un tel traitement (la « une » du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, deux pages intérieures !). Ils ne constituaient pas des événements intellectuels assez importants pour Plenel. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;Et tout le monde se souviendra avec moi, puisque c’est très récent, de la manière dont &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Mediapart&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; a repris le flambeau en soutenant à nouveau Rosanvallon (invité du premier Festival &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Mediapart&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;) en essayant de nous faire croire qu’il avait changé (quelle blague !). Plenel le promouvait quand il était ce qu’il était, et il le promeut aujourd’hui en disant qu’il a changé et qu’il ne faut pas croire qu’il est resté ce qu’il était et qui, évidemment, était bien condamnable… Toute la logique de la révolution conservatrice a consisté à s’en prendre aux sciences sociales, à la sociologie en particulier, au nom de la « philosophie politique », pompeux vocable derrière lequel se dissimulait un petit répertoire d’idées simples destinées à  ruiner l’idée de déterminations sociales, de reproduction sociale, etc, au nom de l’autonomie des sujets et des acteurs. C’était tenter de nier toute idée de domination, d’oppression, de perpétuation des inégalités de classe (mais l’autonomie des acteurs ne devait évidemment pas les conduire à se mobiliser : ils devaient au contraire se soumettre librement à l’autorité politique ou aux règles du lien social, aux traditions, aux allégeances traditionnelles,, etc.  qui les précédent  toujours : au fond, un déterminisme rigide avait remplacé celui dont ils affirmaient vouloir se défaire. Les « sujets  autonomes » étaient invités à se taire au nom de leur autonomie ainsi comprise, alors que chez Bourdieu, ils étaient invités à se révolter contre les déterminismes mis au jour par l’analyse ou tout simplement contre la domination sociale éprouvée quotidiennement.  Nous en sommes toujours au même point avec la dernière livraison de Rosanvallon qui répète ses livraisons précédentes (comment un livre aussi mauvais, aussi indigent, où se succèdent un cours de première année de fac sur l'histoire des idées d'égalité et une accumulation de fiches de lecture rudimentaires,  a-t-il pu être à ce point célébré par tous les média ?) : s’il y a inégalité, c’est parce qu’on ne croit plus à l’idée d'égalité (les gens sont méchants, ils sont devenus &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;égoïstes&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;...). … Bref, dans cette vision typique du personnalisme chrétien,  tout se ramène à une question d’adhésion aux valeurs morales (une notion d'égalité sans rapport avec ce qui se passe réellement dans la société), d’où l’invocation d’un nécessaire souci de « réciprocité » (comment de telles niaiseries réactionnaires, ce prêchi-prêcha néo-chrétien peuvent-ils  passer pour une refondation de la pensée de gauche ?) : le monde social, avec sa violence, avec ses implacables déterminismes, avec ses inégalités de classes, avec ses destins tracés à l'avance, avec l'exclusion scolaire, etc., a totalement disparu… Il n'existe plus de mécanismes sociaux qui &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;produisent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;reproduisent&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; l'inégalité et qu'il est important d'analyser et contre lesquels il faut essayer de lutter.  Il n'y a qu'un manque de bonne volonté…  D’où l’obsession – qui est le corollaire de cette aspiration incantatoire à « faire société », formule qui n'a strictement aucun sens si ce n'est de s'opposer comme hier à l'idée de luttes sociales – de traquer la dissidence et tout ce qui met en question le « lien social » et l'unité de la communauté nationale. Il faut l’affirmer nettement : contre cette idéologie de l’amour du prochain et de la participation harmonieuse de tous au « bien commun » &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;national&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; et nationaliste - chacun à sa place dans le respect des autres... ! - , c'est-à-dire contre cette pensée d'Etat, cette pensée de gouvernants soucieux du maintien de l'ordre (c'est une vision de sous-préfet, passé par l'ENA),  il convient de restaurer une réelle pense de gauche critique, adossée, précisément, aux mouvements de lutes et aux dissidences, une pensée de la transformation sociale et de l'émancipation. Il faut assurément défaire société : montrer que les intérêts des uns et des autres ne sont pas les mêmes, que le monde social est traversé de conflits, de révoltes, de refus… C’est sur les lignes de fractures nombreuses de ces antagonismes que la gauche doit installer son observatoire – et sa pratique, en construisant une perception du monde - ou plutôt des perceptions du monde - qui s'oppose à la perception dominante (et donc à l'idée que tous devraient partager une même perception).. C’est urgent : car si François Hollande prend de tels livres délétères pour bréviaires, parce qu'ils sont faciles à résumer  - ils sont faits pour ça -, et qu'ils ne servent à rien puisqu'ils ne disent rien,  c’est l’assurance d’un Front National à 30% dans dix ans (dix ans ?). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;Après avoir tant soutenu Rosanvallon et Gauchet, voici que Plenel se réfère désormais à Rancière pour attaquer Bourdieu…  Cela n’a rien de surprenant : quand Bourdieu est l’ennemi, les pulsions de la droite et celles de la pseudo-gauche radicale sont promptes à se coaliser ! J’ai gardé le souvenir très net de qui  Rancière combattait au début et au milieu des années 1980, quand se créait la Fondation Saint Simon, quand déferlait la révolution conservatrice, quand Bourdieu était, avec Foucault, la cible principale et explicitement désignée comme telle de cette vague réactionnaire néo-aronienne… Oui, qui attaquait-il ? le sinistre Furet ? son disciple Gauchet ? La Fondation Saint Simon ? Les journaux qui les promouvaient à longueur de colonnes ??? Non ! Il attaquait obsessionnellement Bourdieu et «L’empire du sociologue »  : il publia un volume collectif sous ce titre. Je me souviens d'avoir ironisé, dans les colonnes du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Nouvel Observateur &lt;/i&gt;&lt;span style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;où je commençais alors de collaborer en tant que critique littéraire&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;, sur ce ramassis de mauvaises dissertations où l’on retrouvait tous les poncifs les plus éculés et les plus idiots contre la sociologie. Je me souviens de l'invraisemblable fureur, de la hargne, que mon article avait déclenché chez les Furet, Ozouf (surnommée à l’époque « la dame de fer » dans les couloirs de l’hebdomadaire, c’est dire à quel point les gens croyaient à l’affirmation de sa flamme démocratique), Julliard, Jean Daniel…, etc. qui exigeaient qu'on parle élogieusement de Rancière…  dont les thèmes consonnaient avec les leurs (la liberté, le point vue des acteurs, l’autonomie du sujet, etc, contre le déterminisme). Je ne sache pas que Rancière ait dénoncé leur "empire", pourtant bien plus puissant et bien plus étendu que celui du "Sociologue" qu'il fustigeait. Mais je me souviens aussi que, quand il s’est agi de se trouver aux côtés des acteurs et de leurs prises de parole, de se mobiliser avec les mouvements sociaux, d’agir en faveur des immigrés, de lutter pour le Pacs, etc, c’est  Bourdieu qui répondit présent. Pas les apôtres de la liberté des acteurs : ceux de droite – les Furet, Ozouf, etc – dénoncèrent comme il se doit ces mouvements comme de graves dangers pour le "Pacte social", la Société, la Démocratie, la République, et autres mots à majuscule ; ceux de l’ultra- « gauche »  - les Rancière, etc. – négligèrent de dénoncer ceux qui s’opposaient ainsi à liberté et à la parole des acteurs et ils &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;continuèrent&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; de pourfendre, comme d’habitude, Bourdieu et la sociologie, sous le regard bienveillant de ceux qui voulaient éradiquer "le marxisme" (c'est-à-dire la simple idée qu'il existerait des classes sociales) dont la sociologie était à leurs yeux le dernier bastion ! J'ai compris à cette époque à quel point la droite conservatrice et une certaine gauche pseudo-radicale pouvaient avoir partie liée pour combattre la pensée critique (en recourant aux mêmes schèmes de pensée qui dénient la réalité du monde social).&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;Je  souviens d’avoir organisé au Centre Pompidou en juin 1997 un grand colloque sur « Les études gays et lesbiennes ». Des centaines de personnes y assistèrent. Au nombre des orateurs : Monique Wittig, Leo Bersani, George Chauncey, Eve Kosofsky Sedgwick, Michael Lucey et autres éminents chercheurs et intellectuels, célèbres dans le monde entier pour l’importance de leurs travaux. Pierre Bourdieu vint y parler lui aussi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt; Le Monde&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; n’annonça pas ce colloque, n’en donna pas de compte rendu, n'interviewa aucun des participants comme le firent d'autres publications. Mais avant même qu’il ne soit terminé, ce journal publia à la « Une » et sur une pleine page intérieure un article grotesque qui dénonçait la menace que ces chercheurs et ces recherches faisaient peser sur l'université, le savoir, la culture, etc.,, et s’en prenait avec virulence à Pierre Bourdieu. L’auteur de cet article, un certain Frédéric Martel, se présentant à l'époque comme collaborateur d'&lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; et devenu aujourd'hui journaliste multicartes - notamment dans la presse la plus vulgaire  -  avait publié un an auparavant un livre pitoyable sur le mouvement gay, dont Finkielkraut &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 32px;"&gt;constituait &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;la référence "théorique" principale (il était cité à tout bout de champ ... on imagine la hauteur de vue et la sophistication intellectuelle que cela implique... mais on a les maîtres à penser qu'on mérite!). La conclusion de cette concaténation d'âneries avait été éditée séparément comme "Note" de la Fondation Saint Simon et on pouvait y lire par exemple que la Gay Pride comportait les mêmes risques de dérives "communautaristes" vers le terrorisme que l'islamisme radical. Bref, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; de Plenel accueillit avec enthousiasme son article car il s'y moquait méchamment de Bourdieu qui, disait-il, avait appelé les chercheurs français à abandonner les sciences sociales pour se lancer dans les études gays… En réalité, Bourdieu avait dit que les études gays et lesbiennes posaient aux sciences sociales des questions qui pouvaient les aider à sortir de la routine dans laquelle elles s’étaient parfois enfermées… Ce qui, on me l'accordera, n’est tout de même pas la même chose. Plusieurs orateurs, à la suite de cet article – parmi lesquels Leo Bersani, si reconnu internationalement que Foucault l’avait convié à donner une série de conférences au Collège de France en 1982 - – écrivirent au &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Monde &lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;pour protester contre la grossière caricature qui avait été présentée de leurs travaux. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; ne publia aucune de ces réponses. Ecoeuré par un tel comportement (la censure, encore, l’abus de pouvoir…),  Pierre Bourdieu envoya alors une lettre pour s’étonner qu’un tel tissu de contre-vérités et d’absurdités ait pu être publié à la « Une » du Monde et, après avoir rectifié l'information pour ce qui le concernait, dire sa solidarité avec ces chercheurs éminents aussi grossièrement diffamés dans un journal affichant pourtant en chaque occasion sa prétention au sérieux.  Sa lettre ne parut que quinze jours plus tard (peu avant le 14 juillet), dans un coin de page, et je crois même me souvenir qu’elle avait été amputée d’une phrase. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Esprit&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; et la Fondation Saint Simon avaient ainsi cherché à régler leurs comptes avec Bourdieu, avec l’aide militante du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Monde.&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; Aujourd’hui il ne se passe pas une semaine sans que &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt; – ou &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: 12pt; line-height: 200%; "&gt;Mediapart &lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="line-height: 200%;"&gt;– ne se demande pourquoi la France a si longtemps ignoré les nouvelles recherches qui se développaient aux Etats-Unis . Je pourrais peut-être leur fournir quelques éléments de réponse.   &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens que c’est un proche de Rosanvallon (l’économiste Daniel Cohen, qui est aussi l’auteur de malheureux petits essais médiatiques sur la fatigue de notre pauvre société et autres sottises de ce genre !)) qui fut chargé de rendre compte du livre de Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Les Structures sociales de l’économie&lt;/i&gt;. On imagine le ton du compte rendu. Tandis que sur la page d’à côté Laurent Mauduit - oui, le Laurent Mauduit qui s'insurge désormais contre le néo-libéralisme sur &lt;i&gt;Médiapart&lt;/i&gt; -  se chargeait d’assassiner le très remarquable ouvrage de Frédéric Lebaron sur &lt;i&gt;La croyance économique&lt;/i&gt;. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens de la colère, du dégoût, du mépris que Pierre Bourdieu exprimait chaque jour à l’égard du monde journalistique en général, du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;en particulier et d’Edwy Plenel spécifiquement. Quand il parle du journalisme qui « filtre » et « intercepte » la parole de ceux qui se mobilisent et de ceux qui réfléchissent, pour la déformer, la dénaturer, c’est notamment à lui, et à d’autres comme lui, qu’il pensait. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; line-height:200%;font-family:&amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;"&gt;Je me souviens que, mis à la porte du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Plenel effectua un virage complet et hurla contre ce qu'il avait adoré. Il commença donc de récrire l’histoire, et de s’inventer une nouvelle image : celui qui résiste à l’ordre médiatico-politique. On comprend qu’il soit important pour lui d’essayer de nous faire oublier qu’il fut un ardent défenseur de cet ordre. De nous faire oublier que cet ordre, il a même contribué à l’instaurer !!! Mais a-t-il vraiment changé ? On aimerait le croire. Mais soyons méfiants : au fond, il est porté par les courants dominants : comme tant d‘autres, il attaquait la pensée critique quand c’était payant, comme tant d ‘autres, s'il est devenu le héraut de la critique, c'est parce que le vent a tourné. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7554817795703816996?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7554817795703816996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7554817795703816996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2012/01/pour-memoire-plenel-tel-quel.html' title='POUR MEMOIRE : PLENEL TEL QUEL'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6171018025567913972</id><published>2011-12-09T14:21:00.004+01:00</published><updated>2011-12-09T15:05:14.778+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>Grand colloque d'hommage à Bourdieu, en mai, au Théâtre de l'Odéon</title><content type='html'>&lt;div&gt;Je participerai au colloque "Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage" qui se tiendra le 4 mai 2012 au Théâtre de l'Odéon à Paris. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Voir la présentation sur ce lien :&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/agenda/20111207.OBS6156/4-mai-pierre-bourdieu-l-insoumission-en-heritage-paris.html"&gt;http://bibliobs.nouvelobs.com/agenda/20111207.OBS6156/4-mai-pierre-bourdieu-l-insoumission-en-heritage-paris.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6171018025567913972?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6171018025567913972'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6171018025567913972'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/12/grand-colloque-dhommage-bourdieu-en-mai.html' title='Grand colloque d&apos;hommage à Bourdieu, en mai, au Théâtre de l&apos;Odéon'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2406002759062665590</id><published>2011-11-26T12:17:00.011+01:00</published><updated>2012-01-25T23:29:42.017+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Le monde social selon Pierre Bourdieu... c'est-à-dire le monde social</title><content type='html'>&lt;div&gt;A l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu, je donnerai, au mois de février 2012, un séminaire à l'Ecole doctorale en sciences humaines et sociales de l'université d'Amiens dont le thème sera :&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;"Le monde social selon Pierre Bourdieu... c'est-à-dire le monde social".&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;En prenant pour point de départ les travaux que Pierre Bourdieu a publiés (seul ou avec d’autres auteurs) entre le début des années 1960 et la fin des années 1990, on étudiera le rapport différentiel des classes sociales à la photographie, à la fréquentation des musées, au jugement de goût, à la culture, au système scolaire, au langage, au sport, à la politique, etc. Ce qui nous amènera à réfléchir aux notions de "classes", de "&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;cultures&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;",  de "dominations"... et donc, de manière plus générale, au fonctionnement du monde social et aux conséquences politiques que l'on peut dégager de ces analyses.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;i style="font-family: Arial, sans-serif; font-size: medium; "&gt;(Amiens, Campus, les 6, 13 et 20 février 2012, de 14h30 à 18h30, ouvert à tous, Amphi R 1        - entrée sous la rotonde).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2406002759062665590?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2406002759062665590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2406002759062665590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/11/le-monde-social-selon-pierre-bourdieu.html' title='Le monde social selon Pierre Bourdieu... c&apos;est-à-dire le monde social'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3853168294299789602</id><published>2011-09-13T22:07:00.008+02:00</published><updated>2011-10-16T16:17:09.378+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ouvrages'/><title type='text'>Retours sur "Retour à Reims"</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-Yna5c8hXIFw/Tm-5TMdYeuI/AAAAAAAAAC0/mwfP7SS3DgE/s1600/securedownload.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 271px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-Yna5c8hXIFw/Tm-5TMdYeuI/AAAAAAAAAC0/mwfP7SS3DgE/s400/securedownload.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5651939796786379490" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 27px;"&gt;Vient de paraître aux éditions Cartouche : &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 27px;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span style="font-size:14.0pt; line-height:150%"&gt;&lt;b&gt;Présentation de l'éditeur &lt;/b&gt;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;Quelles cordes sensibles Didier Eribon a-t-il fait vibrer en publiant en octobre 2009 son « essai d’auto-analyse » intitulé &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt; ? Quels processus d’interrogation sur soi a-t-il déclenché chez ses innombrables lecteurs ? Difficile à dire ! Une chose est sûre : ce livre à la fois intensément personnel et profondément théorique a rencontré un succès et un écho considérables aussi bien en France qu’à l’échelle internationale. Salué par Annie Ernaux comme un livre majeur,  discuté tout au long d’un colloque en Grande-Bretagne, cet ouvrage a suscité de nombreux commentaires et de nombreuses questions.  Didier Eribon y a répondu lors de différentes rencontres, débats, conférences, séminaires… et aussi dans plusieurs entretiens dans des journaux et revues. Ce sont deux de ces entretiens qu’il reproduit ici. Il s’y explique sur les enjeux intellectuels et politiques de &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt; : les classes et les identités, le vote des milieux populaires, le rôle du système scolaire dans la reproduction sociale, etc. Il y réinscrit également sa démarche dans l’ensemble de son œuvre, en tissant les liens avec ses textes désormais classiques que sont &lt;i&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Une morale du minoritaire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Echapper à la psychanalyse&lt;/i&gt;…&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Avec pour toile de fond l’analyse de la « honte » comme affect qui travaille tout le corps social et les relations interpersonnelles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Si bien que &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt; apparaît sous un jour nouveau, éclairé et réinterprété par les réflexions de l’auteur lui-même. &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;(Editions Cartouche, coll. "Petite Cartouche", 96 pages, 10 euros).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3853168294299789602?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3853168294299789602'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3853168294299789602'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/09/paraitre-le-14-octobre-2011-aux.html' title='Retours sur &quot;Retour à Reims&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-Yna5c8hXIFw/Tm-5TMdYeuI/AAAAAAAAAC0/mwfP7SS3DgE/s72-c/securedownload.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2822243965857913011</id><published>2011-09-01T13:33:00.000+02:00</published><updated>2011-09-14T13:09:48.254+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ouvrages'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Si je le rééditais aujourd'hui, je crois que je n'aurais pas grand chose à changer aux analyses que j'ai proposées dans mon livre paru en 2007, aux Editions Leo Scheer :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article516"&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/a&gt;. &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;(même si j'ai donné, dans &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;, en 2009, une inflexion légèrement différente à mon approche de la question du rôle des partis politiques, du vote comme action collective, etc. J'y reviendrai dans mon prochain ouvrage, &lt;i&gt;La Société comme verdict. Classes, identités, trajectoires&lt;/i&gt;, à paraître en janvier 2012 chez Fayard).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2822243965857913011?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2822243965857913011'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2822243965857913011'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/07/dune-revolution-conservatrice-et-de-ses.html' title='D&apos;une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-880851165280581213</id><published>2011-09-01T00:25:00.001+02:00</published><updated>2011-10-02T23:09:49.407+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>"Féminisme à la française" ou néoconservatisme?</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Tribune publiée dans &lt;i&gt;Libération&lt;/i&gt; le 22 juin 2011&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;"&lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/01012344782-feminisme-a-la-francaise-ou-neoconservatisme"&gt;Féminisme à la française" ou néoconservatisme?&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-880851165280581213?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/880851165280581213'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/880851165280581213'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/06/feminisme-la-francaise-ou.html' title='&quot;Féminisme à la française&quot; ou néoconservatisme?'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2392178811037260527</id><published>2011-09-01T00:05:00.000+02:00</published><updated>2011-09-14T13:11:50.859+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Against Plagiarism'/><title type='text'>I RETURN THE BRUDNER PRIZE</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;May, 19, 2011&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;To John Treat and the members of the Brudner Prize committee at Yale&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;Dear John Treat&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 19px; line-height: 21px; "&gt;With great regret, I am writing to you in order to ask you to withdraw my name from the list of the recipients of the Brudner Prize.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I was greatly honored to be awarded the Brudner Prize in 2008, and proud to see my name included on this highly prestigious list of prominent scholars and activists.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;But I’ve just learned that this year’s prize has been given to someone whose last book (David Halperin, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;What Do Gay Men Want?&lt;/i&gt;) shamefully plagiarized my work (a fact that I made public in 2009, and that many reviews of the French&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;translation of the book in question&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;have also made clear). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I wish to register my protest against this choice of yours, which is an offence not only to me, but also to academic, intellectual, political and ethical standards. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I cannot believe your committee finds plagiarism an acceptable form of behavior, nor that you consider that such a behavior should be rewarded with such a distinguished prize. To my mind, such an award damages the credibility of the Brudner Prize, and I do not wish my name to be included in a list with somebody who has stolen my work , my intellectual framework, and my way of thinking.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I have therefore decided to return the prize and to ask you to remove my name from any documents related to it. I no longer wish to be considered the 2008 recipient. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;In the near future, I will issue a public statement demonstrating the extent of the plagiarism I have mentioned and explaining why I have returned the prize. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 19px; line-height: 21px; "&gt;Sincerely yours&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size:14.0pt;line-height:115%; font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;Didier Eribon&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="line-height: 115%; font-family: 'Times New Roman', serif; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;- My 2009 statement&lt;/span&gt; : &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2009/02/plagiarism-and-linguistic-imperialism.html"&gt;http://didiereribon.blogspot.com/2009/02/plagiarism-and-linguistic-&lt;/a&gt;&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2009/02/plagiarism-and-linguistic-imperialism.html"&gt;imperialism.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;i&gt;- Pour une mise au point plus détaillée, on peut se reporter à mon entretien paru le 26 mai 2011 sur le site du magazine français en ligne YAGG :&lt;/i&gt;  &lt;a href="http://yagg.com/2011/05/26/affaire-de-plagiat-didier-eribon-rend-son-brudner-prize-de-luniversite-de-yale/"&gt;http://yagg.com/2011/05/26/affaire-de-plagiat-didier-eribon-rend-son-brudner-prize-de-luniversite-de-yale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2392178811037260527?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2392178811037260527'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2392178811037260527'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/05/i-return-brudner-prize.html' title='I RETURN THE BRUDNER PRIZE'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5934306105180282916</id><published>2011-07-17T11:50:00.000+02:00</published><updated>2011-07-30T13:45:21.729+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la littérature'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Lecteur de Nizan</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je publie ci-dessous le texte d'un entretien, "Didier Eribon, lecteur de Paul Nizan" réalisé par le Groupe interdisciplinaire d'études nizaniennes dans le cadre de leur enquête sur "Les lecteurs de Paul Nizan"  :&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 32px; "&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span style="mso-list:Ignore"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 32px; "&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span style="mso-list:Ignore"&gt;      &lt;span style="font:7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt; -  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;Quelles ont été vos premières rencontres avec l’œuvre de Nizan ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;J’ai découvert Nizan, comme c’est le cas de tant d’autres lecteurs, par la préface de Sartre à &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Aden Arabie&lt;/i&gt;. Quand j’étais lycéen, j’avais développé une véritable passion pour l’œuvre de Sartre. Il n’est donc pas surprenant que j’aie acheté &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Aden Arabie&lt;/i&gt;, dans&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;la Petite collection Maspero, qui rendait alors accessibles tant d’ouvrages importants, pour lire le texte de Sartre, et pour lire l’auteur qu’il avait tenu à présenter. J’ai conservé ce vieil exemplaire : l’achevé d’imprimer indique « Décembre 1970 ». J’imagine donc que c’est peu après cette date que je suis entré en contact avec ces textes : j’avais 17 ans. Et pour le jeune homme révolté que j’étais, le choc a probablement été grand : et celui provoqué par la magnifique préface de Sartre, et celui provoqué par le récit de Nizan. Je ne suis pas tout à fait certain, d’ailleurs, que, à l’époque, j’aie nettement dissocié les deux. C’était un seul livre, pour moi. De nombreux passages y sont soulignés (à l’encre rouge !). Ce ne sont peut-être pas ceux qui retiendraient mon attention aujourd’hui. Par exemple, ces quelques lignes, à la page 155 : « L’heure me presse de détruire et de dénuder ces mannequins de peau, d’ossements et de calculs que je prenais pour d’invincibles démons. C’est le moment de faire la guerre aux causes de la peur. De se salir les mains […] La fuite ne sert à rien. Je reste ici : si je me bats, la peur s’évanouit ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;       &lt;/span&gt;Par la suite, j’ai lu tout ce qui était ou devenait disponible : &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Antoine Bloyé&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;La Conspiration&lt;/i&gt;, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Le Cheval de Troie&lt;/i&gt;…. Mais le texte qui m’a le plus marqué, c’est – bien sûr - &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Les Chiens de garde &lt;/i&gt;: la mise en question de la philosophie bourgeoise et, peut-être plus encore, la critique radicale de la déréalisation du monde social qu’opère le discours philosophique et universitaire. Au moment où j’entreprenais des études de philosophie, dans une atmosphère confinée, comme je l’ai raconté dans &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;, avec des enseignants qui semblaient n’avoir aucun rapport avec aucune forme de vie, qui enseignaient des choses qui n’avaient aucun rapport avec le monde réel, le pamphlet de Nizan devint vite pour moi une sorte de bréviaire (et une planche de salut, qui me permettait de supporter la situation). Mais c’était aussi une manière de me mentir, de m’illusionner, de me grandir en me comparant à Nizan : car ces gens n’avaient rien à voir avec ceux qu’attaque Nizan ! La vérité, est qu’ils étaient incapables d’enseigner quoi que ce soit… Et donc, que je n’étudiais rien… Du moins avec eux… Ce que j’appris de la philosophie, je me l’appris seul.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;-  &lt;/span&gt;Et aujourd'hui, comment s'articule &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;votre intérêt pour Nizan ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Pendant que je travaillais à &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;, j’ai relu &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Antoine Bloyé&lt;/i&gt;, et j’ai lu les textes rassemblés dans le recueil de ses articles littéraires et politiques, que je ne connaissais pas. Dans &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Antoine Bloyé&lt;/i&gt;, la question de l’ascension sociale, celle de la « trahison » de classe est posée avec une grande acuité : j’ai d’ailleurs écrit plusieurs pages à ce sujet, dans lesquelles je critiquais l’interprétation trop psychologisante de Sartre. Je les ai supprimées de la version finale car elles m’ont semblé quelque peu extérieures au livre ; elles en ralentissaient la lecture. Je n’ai gardé qu’une brève référence au roman. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Dans le recueil, j’ai été frappé par l’article qui s’intitule « Secrets de famille », et par la beauté violente de certaines phrases de celui-ci : « Les hommes desquels je procède ne commandaient point : ils étaient éternellement commandés et conseillés, redressés et avertis par des patrons, par des prêtres, par des magistrats et par des officiers ». Ou encore : « Quand mon père avait quinze ans, il n’allait pas en vacances sur les plages comme je le fis avec son argent. Mais il faisait des journées de quatorze heures aux Chantiers de la Loire. A l’âge où je me faisais des scrupules à cause de la philosophie de M. Bergson, il parlait dans la cour d’une usine sur la nécessité de faire grève ». Il m’est difficile de restituer pleinement l’écho que ces éclats de colère ont fait résonner en moi. Comme Nizan « je fus candidat à la bourgeoisie », ne serait-ce que par l’adhésion à la culture, à la culture légitime, qui fait de vous, et avec votre consentement, l’un des leurs… &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;Ai-je réussi à être, comme lui, « un mauvais exemple », « un bourgeois qui trahit la bourgeoisie au moment même d’y pénétrer» ? Je l’espère. Je m’y efforce en tout cas. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:18.0pt;line-height:200%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-tab-span" style="white-space:pre"&gt;          &lt;/span&gt;Propos recueillis par Renaud Quillet&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5934306105180282916?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5934306105180282916'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5934306105180282916'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/05/lecteur-de-nizan.html' title='Lecteur de Nizan'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1407075278132816719</id><published>2011-05-18T10:58:00.003+02:00</published><updated>2011-06-10T15:02:26.738+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Clermont-Ferrand : "La domination en question"</title><content type='html'>Dans le cadre du colloque organisé par le Centre d'histoire "Espaces et cultures" et qui se tiendra, les 17 et 18 juin 2011, à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand sur &lt;a href="http://calenda.revues.org/nouvelle19433.html"&gt;"La domination en question : normes et formes en temps de crise"&lt;/a&gt;, je donnerai une conférence le 17 juin sous le titre "Modes de domination et formes de résistances". &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;(Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand,  UFR Lettres - site Gergovia, 29 Boulevard Gergovia -, salle 120, le 17 juin 2011, 18h30-20h30). &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1407075278132816719?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1407075278132816719'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1407075278132816719'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/05/clermont-ferrand-la-domination-en.html' title='Clermont-Ferrand : &quot;La domination en question&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6664173684411416308</id><published>2011-05-15T01:00:00.000+02:00</published><updated>2011-05-25T01:59:52.514+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Aix-en-Provence: "Michel Foucault, une histoire au présent"</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Je participerai au colloque sur Foucault et les historiens aujourd'hui,  qui se tiendra les 30, &lt;/span&gt;31 mai&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; et 1er juin 2011, à la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, à Aix-en-Provence, et ma communication, le 1er juin, en clôture de ces trois journées, s'intitulera "Politiques de l'histoire".  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;(&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Programme complet sous ce lien : &lt;a href="http://emma.hypotheses.org/files/2011/04/Les-historiens-et-Michel-Foucault.pdf"&gt;Une histoire au présent. Les historiens et Michel Foucault aujourd'hui&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6664173684411416308?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6664173684411416308'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6664173684411416308'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/04/aix-en-provence-michel-foucault-une.html' title='Aix-en-Provence: &quot;Michel Foucault, une histoire au présent&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1649291146296799757</id><published>2011-05-14T11:55:00.000+02:00</published><updated>2011-05-25T02:00:38.978+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><title type='text'>Nanterre : La gauche après la "révolution conservatrice"...</title><content type='html'>A l'invitation du séminaire général de master 2 au Département de Science politique de l'université de Paris Ouest Nanterre, je reviendrai, le mercredi 25 mai, de 17h à 19h, sur mon livre paru en 2007, &lt;i&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française.&lt;/i&gt; Je présenterai et réexaminerai les analyses que j'y proposais : sur les partis politiques (de gauche), les classes sociales et les mouvements sociaux, le vote...&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;(25 mai 2011, 17h-19h, Université de Paris Ouest Nanterre, département de Science politique,  Bâtiment F,  1er étage, salle des Actes&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1649291146296799757?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1649291146296799757'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1649291146296799757'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/04/apres-la-revolution-conservatrice.html' title='Nanterre : La gauche après la &quot;révolution conservatrice&quot;...'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7702747240049932871</id><published>2011-05-03T15:18:00.000+02:00</published><updated>2011-05-25T14:18:06.581+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Amiens : Classes, identités, trajectoires</title><content type='html'>Mon deuxième séminaire à l'Ecole doctorale d'Amiens sera consacré, au mois de mai 2011, à une réflexion sur "Classes, identités, trajectoires".&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il aura lieu les mardis 3, 10 et 17 mai, de 14h30 à 18h30.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il est ouvert à tous ceux qui souhaitent y assister.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;(&lt;i&gt;Université d'&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-size: 15px; "&gt;&lt;i&gt;Amiens, Campus, les 3, 10 et 17 mai 2011, 14h30-18h30. ATTENTION : en raison du grand nombre d'inscrits, le séminaire aura lieu dans la salle de réunion du SUP - Service universitaire de pédagogie -, au 1er étage de la Rotonde).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7702747240049932871?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7702747240049932871'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7702747240049932871'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/04/amiens-classes-identites-trajectoires.html' title='Amiens : Classes, identités, trajectoires'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8515133752683434980</id><published>2011-03-14T14:59:00.000+01:00</published><updated>2011-04-18T00:15:25.266+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Colloque : "Autour de Didier Eribon", Stirling, Ecosse</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Voici le programme de la journée d'étude qui sera consacrée à mes travaux le 23 avril 2011, à l'université de Stirling :&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12px; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;University of Stirling (Scotland), United Kingdom&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;This is a day of discussion and debate around themes and ideas associated with the writings of Didier Eribon, most notably questions of class and sociology; gay, lesbian and queer studies; and his role in the circulation of concepts and theory between the Anglophone and Francophone worlds.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;11.00: Bill Marshall (University of Stirling): Welcome and Introduction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11.30: Lucille Cairns (University of Durham): "Calibrating Queer in the Work of Didier Eribon".&lt;br /&gt;12.15: Cristina Johnston (University of Stirling): "Queering Citizenship in Republican France?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;14.00: Oliver Davis (University of Warwick): "On Didier Eribon's Strategic Sociologism".&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;14.45: Jeremy Lane (University of Nottingham): " ‘Fantasmes du peuple’? Between populism and misérabilisme, Pierre Bourdieu and Jacques Rancière".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16.00 : Didier Eribon (Université d’Amiens): "A quoi reconnait-on la pensée critique?".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif; -webkit-border-horizontal-spacing: 2px; -webkit-border-vertical-spacing: 2px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;16.45: General panel discussion&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8515133752683434980?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8515133752683434980'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8515133752683434980'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/colloque-autour-de-didier-eribon.html' title='Colloque : &quot;Autour de Didier Eribon&quot;, Stirling, Ecosse'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1850579749162120197</id><published>2011-03-12T16:43:00.007+01:00</published><updated>2011-04-10T00:49:50.456+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Varia'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>A propos d'un texte inédit de Bourdieu sur Foucault</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-FQ9mYZerKDk/TXuqhqctJsI/AAAAAAAAACY/QrTViSO0PSo/s1600/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 122px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-FQ9mYZerKDk/TXuqhqctJsI/AAAAAAAAACY/QrTViSO0PSo/s200/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5583243658362955458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dans la nouvelle édition revue et augmentée de ma biographie de Michel Foucault (Champs-Flammarion, 2011), j'ai ajouté aux annexes de l'édition de poche de 1991, un texte de Pierre Bourdieu, écrit à la mort de Foucault, et publié en italien dans la revue &lt;i&gt;L'Indice&lt;/i&gt;, en octobre 1984. Ce long et important article était, jusqu'à présent, resté inédit en français. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pour répondre aux questions de plusieurs correspondants qui m'ont interrogé sur ce point : c'est, bien sûr, la version originale française que je donne (Pierre Bourdieu me l'avait communiquée à l'époque) et non une retraduction de l'italien. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1850579749162120197?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1850579749162120197'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1850579749162120197'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/03/propos-dun-texte-inedit-de-bourdieu-sur.html' title='A propos d&apos;un texte inédit de Bourdieu sur Foucault'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-FQ9mYZerKDk/TXuqhqctJsI/AAAAAAAAACY/QrTViSO0PSo/s72-c/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5705757062695237505</id><published>2011-03-11T20:07:00.000+01:00</published><updated>2011-04-18T10:52:19.746+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>"Rendre à Foucault son inquiétude créatrice"</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-vudyMQa43vQ/TXYa8t3Fy8I/AAAAAAAAACQ/BcGE1mzlsvM/s1600/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 122px; height: 200px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-vudyMQa43vQ/TXYa8t3Fy8I/AAAAAAAAACQ/BcGE1mzlsvM/s200/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5581678418577443778" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Entretien paru dans l'hebdomadaire &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, le 3 mars 2011&lt;/b&gt; :&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Times New Roman', serif; line-height: 24px; "&gt;-La première année de Cours au Collège de France de Foucault vient d'être publiée sous le titre &lt;i&gt;Leçons sur la volonté de savoir&lt;/i&gt;... Qu'apprend-on du Foucault de 1970? Qu'annonce-t-elle par rapport à l'œuvre future?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;  &lt;p class="MsoListParagraphCxSpLast" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;Dans ce cours, on voit Foucault commencer son enseignement en installant le cadre à l’intérieur duquel il entend mener ses recherches à venir : quelle conception se fait-on de la connaissance et du savoir ? La volonté de vérité est-elle interne au seul souci de connaître, ou bien traversée par la violence et la domination ? Aristote, ou Nietzsche ? On sait de quel côté se situe Foucault et il entend donc déployer une analyse de ce qu’il appelle la « politique de la vérité ». Il va s’agir pour lui de dégager les rapports intrinsèques qui articulent le savoir au pouvoir et le pouvoir au savoir. On peut évidemment dire que cela annonce toute l’œuvre ultérieure et notamment &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, en 1975. Il convient cependant de souligner que Foucault pense encore en termes de « répression » et d’ « exclusion » (notions qui animent toute sa « leçon inaugurale », prononcée au début du mois de décembre 1970,&lt;i&gt; L’Ordre du discours&lt;/i&gt;). Or quand il publie en 1976 le premier volume de son &lt;i&gt;Histoire de la sexualité&lt;/i&gt;, qui s’intitule, comme le cours de 1970-1971, &lt;i&gt;La volonté de savoir&lt;/i&gt;, il rompt avec cette problématique de « l’hypothèse répressive », et donc, d’une certaine manière, avec lui-même. C’est pourquoi on aurait tort de chercher à faire de ce cours (qui est loin d’être le plus important !) le lieu fondamental de toute sa démarche. C’en est simplement un moment. Et il convient sans doute de réinscrire ce moment dans le travail que Foucault n’a cessé de mener, tout au long de sa vie, pour remanier ses élaborations. Et comprendre pourquoi il se sentait constamment amené à changer son approche. Au lieu de célébrer les textes où sa pensée se présenterait toute constituée, toute armée, il vaut mieux lui rendre ses incertitudes, son inquiétude fondamentale et créatrice. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoListParagraphCxSpFirst" style="line-height:150%"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoListParagraphCxSpLast" style="text-indent:-18.0pt;line-height:150%; mso-list:l0 level1 lfo1"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style="font:7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;C’est la raison pour laquelle vous avez tenu à publier une nouvelle édition de votre biographie parue en 1989 ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;J’ai d’abord voulu réintégrer dans ce livre ancien de nombreux éléments que je n’avais pas utilisés à l’époque ou bien qui n’ont été rendus disponibles que plus tard (je pense notamment à l’autobiographie posthume de Louis Althusser, &lt;i&gt;L’avenir dure longtemps&lt;/i&gt;, etc.). Mais en effet&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;, j’ai surtout voulu revenir à la genèse des œuvres afin de leur restituer la force de rupture, la puissance polémique, l’inventivité audacieuse qu’elles avaient au moment de leur surgissement. Aujourd’hui, on assiste à un terrible ensevelissement de Foucault sous la glose académique. Foucault a été rattrapé par la philosophie d’institution, qui s’empare de lui avec un enthousiasme dont nous devrions nous méfier. Dans les années 1980, la révolution conservatrice proclamait qu’il fallait se débarrasser des penseurs critiques, et notamment de Foucault. « Foucault est mort » aura été le grand mot d’ordre de ce basculement à droite du paysage intellectuel français. Ce discours est passé de mode et l’on voit que la pensée critique a non seulement résisté à cette tentative d’éradication, mais a largement gagné la partie (dans le champ théorique, en tout cas). Mais le prix à payer pour cette victoire, c’est que « Foucault » est désormais devenu l’objet privilégié ou le prétexte d’un discours universitaire aussi proliférant que répétitif. Il suffit d’ouvrir n’importe quel livre ou article de revue qui paraît aujourd’hui pour voir à quel point cette avalanche de commentaires tend à le déshistoriciser, et donc à le dépolitiser et à le neutraliser. Par exemple, peut-on vraiment situer ce cours prononcé fin 1970 et début 1971 sans évoquer les engagements politiques de Foucault (le Groupe Informations Prisons, qu’il fonde en cette même année 1971 ?). Sans se demander ce qui rattache – et de quelle manière - le geste théorique au geste politique ? Disons donc que c’est ce que je voudrais faire : rendre au geste de Foucault la radicalité qui a été la sienne.&lt;br /&gt;&lt;!--[if !supportLineBreakNewLine]--&gt;&lt;br /&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoListParagraphCxSpFirst" style="text-indent:-18.0pt;line-height:150%; mso-list:l0 level1 lfo1"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style="font:7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;Parmi les nouveaux développements de votre livre, on trouve des ajouts qui portent sur la sexualité et sur l'usage des drogues. Au même moment que cette nouvelle édition vient de paraître le livre de Mathieu Lindon qui relate des mêmes pratiques de Foucault. La parole s'est-elle libérée par rapport à 1989? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoListParagraphCxSpLast" style="margin-left:54.0pt;mso-add-space:auto; line-height:150%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;Quand j’ai parlé, fort prudemment mais assez librement, en 1989, de l’homosexualité, du sadomasochisme, de la drogue, on m’a littéralement insulté : pour les gardiens du temple, en effet, cela revenait à discréditer Foucault comme philosophe. Ce qui en dit long sur leur conception de la philosophie ! Or il me semble que cela permettait non seulement de peindre un Foucault intensément humain – avec toute l’angoisse et la vulnérabilité, par exemple, liées à son homosexualité, dans sa jeunesse -, mais aussi d’éclairer sa démarche la plus profondément philosophique. L’exploration des capacités et des plaisirs du corps a été pour lui une manière de se transformer, de devenir un autre, et c’est également ce qu’il a tenté dans tout son effort théorique : aller aux limites du pensable pour imaginer les transformations possibles de nous-mêmes. Grâce à des écrivains comme Guibert ou Lindon, il est en effet devenu plus facile d’établir l’évidence de ce lien entre l’expérience existentielle et l’expérience intellectuelle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoListParagraph" style="text-indent:-18.0pt;line-height:150%; mso-list:l0 level1 lfo1"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style="font:7.0pt &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;On a souvent accusé Foucault d'avoir frayé avec une pensée "néolibérale". Aujourd'hui, ces attaques semblent reprendre de la vigueur. Pourquoi de telles attaques? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Foucault s’est beaucoup intéressé au néo-libéralisme à la fin des années 1970 et au début des années 1980, puisqu’il réfléchissait aux « arts de gouverner », à la « gouvernementalité ». Il se demandait comment il serait possible de réinventer la pensée de gauche, à une époque où le marxisme et le Parti communiste étaient encore dominants. Il cherchait quelque chose de neuf, à ouvrir de nouvelles voies, et le néo-libéralisme lui paraissait poser des questions qu’il nous fallait affronter, et non ignorer. On peut certes discuter et même critiquer un certain nombre de ses énoncés. Mais je crois que les attaques contre lui sur ce point, à l’heure actuelle, nous renvoient plus généralement à une grave régression de la pensée de gauche. On voit fleurir partout l’idée que la seule « vraie lutte », ce serait la lutte sociale, et que tout le reste – mouvement féministe, mouvement gay, etc. – serait non seulement compatible avec le capitalisme, mais même un produit du néo-libéralisme qui tendrait à faire de chacun de nous un individu qui veut choisir ce qu’il est. Ce discours n’est pas radical, il est conservateur. C’est comme si c’était à gauche en ce moment, comme c’était à droite hier, qu’on se donnait pour tâche d’effacer mai 68 et la&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;« pensée 68 ». Or il me semble qu’il n’y a pas de lutte plus « vraie », plus « réelle » qu’une autre. Au contraire : ce sont les luttes qui font surgir les problèmes, qui mettent en évidence les dominations, les formes d’oppression. Il faut donc les multiplier, les accompagner, au lieu de chercher à les limiter, en prescrivant à la politique des chemins balisés et dont il faudrait surtout ne pas sortir. Ce néo-stalinisme va figer, et peut-être tuer la pensée critique, si on n’y prend garde. Et c’est sans doute ce à quoi une œuvre en mouvement perpétuel comme l’a été celle de Foucault peut nous servir aujourd’hui : ne jamais accepter les dogmes de la « gauche », ne jamais accepter l’orthodoxie idéologique que certains essaient de nous réimposer. Comme le disait Foucault : il est important de penser ! C’est un beau programme, non ? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:150%"&gt;&lt;span style="line-height: 150%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black; "&gt;&lt;span&gt;                                                                                                     &lt;/span&gt;Propos recueillis par Olivier Doubre&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5705757062695237505?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5705757062695237505'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5705757062695237505'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/03/rendre-foucault-son-inquietude.html' title='&quot;Rendre à Foucault son inquiétude créatrice&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-vudyMQa43vQ/TXYa8t3Fy8I/AAAAAAAAACQ/BcGE1mzlsvM/s72-c/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5543210829002295816</id><published>2011-03-11T17:38:00.013+01:00</published><updated>2011-04-11T12:52:18.805+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rencontres et Débats'/><title type='text'>Dialogue avec Annie Ernaux à Grenoble</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="border-collapse: collapse; font-family: arial, sans-serif; "&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;Dans le cadre du &lt;b&gt;Printemps du livre de Grenoble&lt;/b&gt;, qui se tienda du 13 au 17 avril 2011, je participerai :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; "&gt;- le v&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; "&gt;endredi 15 avril, à 14h, à une &lt;b&gt;rencontre à l'Université,&lt;/b&gt; autour de &lt;i&gt;Retour à Reims,&lt;/i&gt; mais aussi, de manière plus générale, de mes travaux récents et en cours. Le débat sera &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; "&gt;animé par Patrick Terrone et Serge Dufoulon (&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; "&gt;Université Stendhal, Hall Nord, Amphi 3). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; "&gt;- le samedi 16 avril, à 14h30, à une &lt;b&gt;rencontre publique à propos de &lt;/b&gt;&lt;i style="font-weight: bold; "&gt;Retour à Reims &lt;/i&gt;(&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; "&gt;Maison du Tourisme, 14 rue de la République).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; "&gt;- le dimanche  17 avril, à 11h, à un &lt;b&gt;dialogue avec Annie Ernaux&lt;/b&gt;, sur "Origine sociale et écriture de soi".  (Bibliothèque Centre-Ville, 10 rue de la République). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-size: 13px; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; "&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5543210829002295816?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5543210829002295816'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5543210829002295816'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/03/dialogue-avec-annie-ernaux-grenoble.html' title='Dialogue avec Annie Ernaux à Grenoble'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2760211093143105666</id><published>2011-03-02T13:28:00.000+01:00</published><updated>2011-03-04T18:03:04.424+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>Nouvelle édition de ma biographie de Foucault</title><content type='html'>&lt;div&gt;Parue en février 2011. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-Zu7E8fsDSsA/TVPaV3MDkKI/AAAAAAAAACI/bEnJyC3GGi8/s1600/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25282%2529.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 243px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-Zu7E8fsDSsA/TVPaV3MDkKI/AAAAAAAAACI/bEnJyC3GGi8/s400/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25282%2529.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5572037233114058914" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2760211093143105666?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2760211093143105666'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2760211093143105666'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/nouvelle-edition-de-ma-biographie-de.html' title='Nouvelle édition de ma biographie de Foucault'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-Zu7E8fsDSsA/TVPaV3MDkKI/AAAAAAAAACI/bEnJyC3GGi8/s72-c/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25282%2529.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7808686393284817144</id><published>2011-03-01T19:54:00.002+01:00</published><updated>2011-11-26T16:14:57.774+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>Les Frontières et le temps de la politique</title><content type='html'>&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Je publie ici la version française du texte de mon intervention (prononcée en anglais) lors du "Concluding Panel" du colloque "Sexual Nationalisms" qui s'est tenu à Amsterdam du 26 au 28 janvier 2001 (pour la version anglaise, voir ci-dessous : &lt;a href="http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=1075713037525571703&amp;amp;postID=4920221013376376801"&gt;Borders, Politics and Temporality&lt;/a&gt;).&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;J&lt;span class="Apple-style-span"&gt;e ne sais pas si je vais avoir assez de temps pour dire ce que je voudrais dire, et donc je vais à l’essentiel tout de suite :&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;je me suis pas reconnu dans les termes du débat tels qu’ils nous ont été proposés au cours de ces deux derniers jours, tels que, plus généralement, ils nous sont proposés depuis quelques années&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Avant de venir à Amsterdam, en regardant la version finale du programme de ce colloque, j’ai été pris d’une inquiétude : que va devenir la théorie queer, si elle en est arrivée à considérer désormais comme son principal ennemi le mouvement LGBT, accusé de tous les maux qui peuvent se décliner en « ismes » : homo-nationalisme, homo-néo-libéralisme, homo-colonialisme, homo-impérialisme… &lt;span&gt; &lt;/span&gt;Et je suppose, aussi, d’autres &lt;span&gt; &lt;/span&gt;« ismes », beaucoup &lt;span&gt; &lt;/span&gt;d’autres mauvais « ismes »… &lt;span&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;Au cours des années récentes – comme au cours de l’histoire du siècle dernier – tout ce qui s’apparente à la mobilisation LGBT a été inlassablement accusé, par les discours conservateurs et homophobes – de droite et de gauche – de détruire les normes sociales et symboliques, de défaire l’unité nationale, d’ouvrir la porte au mélange des classes et au cosmopolitisme sexuel et – avec la reconnaissance juridique des couples de même sexes – à la possibilité d’aider les immigrants irréguliers à obtenir des papiers, etc, etc..&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;Il m’est difficile de ne pas me sentir mal à l’aise en voyant le mouvement LGBT devenir à nouveau la cible de toutes les dénonciations possibles et imaginables, mais cette fois au nom d’un regard qui se veut critique, radical, et d’une politique qui se veut anti-oppressive… &lt;span&gt; &lt;/span&gt;Je crois profondément, je ressens intensément – et qu’on me pardonne ce qui apparaîtra comme un propos violent, mais il y a sans doute beaucoup plus de violence dans les « ismes » que je viens de mentionner - &lt;span&gt; &lt;/span&gt;qu’il serait urgent de tourner le dos à cette réduction de la théorie à un petit répertoire de slogans - des slogans d'ailleurs très académiques et grossièrement idéologiques et qui n'ont pas grand chose à voir avec la politique - que chacun répète à la suite des autres pour se donner le vertige de la radicalité ; à cette mutation aussi de la théorie en injonction normative (car il y a plus de normativité et même,&lt;span&gt; &lt;/span&gt;si vous me permettez d’utiliser moi aussi des mots en « isme », de normativisme - le normativisme-queer, qui dérape souvent vers le stalinisme queer -, dans tous ces discours accusateurs que dans la revendication du droit au mariage, qui n’est pas une norme mais une possibilité pour certains de vivre comme ils l’entendent, comme ils le choisissent). Il est temps de laisser de côté cette sorte de sloganisation, qui risque très vite de transformer ce qui fut une pensée critique en une police de la pensée après s’être déjà transformée en une police des aspirations et des désirs des uns et des autres (ce qui est « bon » parce que « subversif », ce qui est « mauvais » parce que « conformiste »).&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;C’est la condition pour pouvoir recommencer à penser, à produire des analyses, à réfléchir à la politique, à participer à la politique.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;Qu’on me comprenne bien : je fais partie de ceux qui ont été horrifiés de voir les combats qu’ils ont menés au cours des vingt dernières années, et les combats que d’autres ont menés avant nous – et nous sommes en dette à leur égard – instrumentalisés par des discours étatiques, par des mesures étatiques destinés à stigmatiser les immigrés et notamment les immigrés dont les croyances, les valeurs, les modes de vies ou les manières de s’habiller sont liés à l’Islam. Et d’autant plus horrifié que ces discours étaient tenus et ces mesures prises, par des gens que nous n’avions pas connus particulièrement pro-féministes ni pro-gays auparavant, et qui, pour autant que j’aie pu le constater, ne le sont pas devenus beaucoup plus depuis… c’est-à-dire par tous ces gens contre lesquels nous nous battions et qui nous combattaient, nous insultaient. Horrifié aussi, de constater que certains secteurs du mouvement gay et lesbien ont commencé à répéter de tels discours et à définir leur identité et leurs combats dans les termes d’une défense de l’identité nationale menacée,&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;appliquant ainsi à d’autres catégories le discours sur l’ennemi intérieur qui met en danger la Nation, la société et la culture qu’on leur avait appliqué auparavant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;Mais : puis-je me battre contre l'homophobie, la transphobie..., me battre pour la liberté sexuelle et pour le droit au mariage pour les couples de même sexe, dans mon pays où, contrairement aux Pays-Bas, à la Belgique, à l’Espagne, ce droit n’est pas encore acquis, pour le droit aussi des transgenres à se marier comme ils le désirent, pour le droit des malades du sida à pouvoir léguer à leur partenaire ce qu’ils veulent lui léguer, ou tout simplement le droit de le voir à l’hôpital même si la famille s’y oppose… etc. ; OUI, puis-je me battre pour tout cela… tout en luttant contre les politiques menées par le gouvernement de mon pays – et les gouvernements européens -&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;dans le domaine de l’immigration, contre les politiques et les lois mises en œuvre à l’égard des immigrants ? La question, en réalité, est la suivante : puis-je lutter à la fois contre différentes formes de domination ? Il va de soi qu’il n’y a pas de lien direct, de lien nécessaire, entre la bataille pour que des formes alternatives de familles puissent être reconnues par le droit – et il y a sans doute ici plus de subversion que dans les appels incantatoires à la subversion, car subvertir le droit, c’est subvertir la norme que le droit impose comme norme et normalité tandis que ce qui nous est présenté comme « subversif » ne subvertit rien du tout, mais ratifie l’ordre tel qu’il est – et les politiques qui stigmatisent les immigrés. &lt;span&gt; &lt;/span&gt;L’un n’entraîne pas l’autre comme une conséquence automatique. Je peux me battre pour le droit au mariage des couples de même sexe, ET pour le droit de vote des immigrés, tout en sachant d’ailleurs que, si les immigrés ont le droit de vote, il est fort probable que ceux qui sont musulmans voteront, comme ceux qui pratiquent d’autres religions, contre les candidats qui soutiendront l’idée de mariage gay. Il m’est arrivé de participer à des manifestations contre la guerre en Irak, et je sais que, à ce moment, je me trouvais au milieu de gens qui m’auraient chassé brutalement du cortège si j’avais donné la main à mon partenaire. A l’inverse, il m’est arrivé d’aller à la Gay Pride, et il est fort probable que j’y côtoyais des gens qui votent à droite, et même à l’extrême-droite, des gens qui sont racistes, ou qui tiennent des discours contre les immigrés. Dois-je choisir l’une ou l’autre de ces actions politiques ? Ou m’abstenir dans les deux cas ? Tout mouvement, tout énoncé qui pose un problème dans l’espace public, dans le champ politique, laisse inévitablement de côté d’autres problèmes, ou même se construit contre d’autres problèmes. Il n’y a pas de politique pure ! Il n’y a pas de politique sans restes. Nous devons le savoir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;D’ailleurs, je dois préciser que, au cours de cette manifestation contre la guerre en Irak dont je viens de parler, j’ai quitté le cortège quand certains manifestants ont commencé à crier « Mort aux Juifs ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;Il y &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-converted-space"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; color: black; "&gt;aurait peut-être un autre « isme », l’antisémitisme, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;à ajouter à la liste précédente, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;mais évidemment, celui-là imposerait de remettre en question les lignes de clivage trop simples et trop univoques que certains se complaisent à installer. &lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;Je crains qu’il y ait des mauvais « ismes » de part et d’autre, des mauvais « ismes » partout.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;&lt;span class="Apple-tab-span" style="white-space:pre"&gt;           &lt;/span&gt;*&lt;span class="Apple-tab-span" style="white-space:pre"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%; "&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;J&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;e crois que l’impasse dans laquelle nous sommes et qui a amené à l’organisation de ce colloque tient au fait que nous avons une conception trop homogène du temps politique, disons une conception hégelienne et synthétique de la temporalité, ce qui nous conduit soit à &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;penser en termes de convergence des luttes, d’alliance des minorités, soit en termes de choix exclusif d’une lutte au détriment des autres ou contre les autres. Nous devrions peut-être penser la politique en termes d’hétérogénéité, c’est-à-dire en termes de temporalités plus ou moins juxtaposées : chaque question, chaque mouvement, chaque mobilisation se développe selon sa temporalité propre, spécifique, et nous devrions plutôt affronter les problèmes qui se posent à nous en termes d'une possible inscription de soi-même, comme sujet de la politique, dans plusieurs temporalités, hétérogènes les unes aux autres, même si elles se produisent dans la simultanéité, et qui ne convergent pas nécessairement ou qui ne peuvent converger que très rarement (bien sûr, je soutiens les convergences quand elles s'annoncent ; je les chéris quand elles se produisent ; mais les intersections, et même l'intersectionnalité en une même personne, se sont jamais simples à établir et jamais faciles à mettre en oeuvre : les tensions et les contradictions sont toujours fortes, et peuvent aussi s'avérer paralysantes; la divergence guette toujours). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;Ce qui revient à dire qu'il nous faut&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt; renoncer aussi bien à penser en termes de convergence des luttes qu’à penser en termes de choix exclusif d’une lutte au détriment des autres.&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;Je me demande si l’idée marxiste d’une union des luttes, d’une totalisation des luttes ne hante pas la pensée radicale d’aujourd’hui, et notamment, de manière sans doute très paradoxale, la théorie queer ? Ce qu’on voit par exemple, lorsqu’est exclu du champ de la politique radicale et même de la politique émancipatrice &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;tout ce qui ne se donne pas pour objectif d’affronter le capitalisme ou le néo-libéralisme et qui se trouve alors ramené à être complice du néo-libéralisme et du capitalisme (avec de telles catégories de pensée, la lutte des femmes pour le droit à la contraception et à &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;l’avortement se verrait condamnée !). C’est pourtant l’une des leçons que l’on doit retenir de Foucault : désindexer la pensée et la pratique politiques de l’instance économique et de l’idée d’un renversement global du système. Mais aussi désindexer la pensée et la pratique de l’idée qu’il y aurait un lieu unique ou un lieu privilégié de la politique, et donc un acteur unique ou un acteur privilégié de la politique, transformé en figure imaginaire, mythologique, de l’histoire, les autres acteurs et les autres luttes étant dès lors considérés comme secondaires, ou même toujours coupables ou suspects de ne pas plier leurs démarches à la préséance de cet acteur privilégié et de cette lutte principale. Et si attaché qu’on soit à la lutte contre la stigmatisation des immigrés, et au combat pour les droits des immigrés, il serait contre-productif de considérer aujourd’hui les « immigrés » comme la théorie marxiste considérait hier les « ouvriers », c’est-à-dire comme le groupe social auquel toute politique devrait nécessairement se référer, comme le point de vue à partir duquel on regarde la politique. Ce qui risque toujours, bien sûr, de laisser croire que le point de vue de celui ou celle qui parle (souvent de loin et de haut : depuis le surplomb de la chaire académique) de la classe ouvrière ou des immigrants nous donne réellement le point de vue des ouvriers ou des immigrés eux-mêmes. Et puisque je parle des ouvriers et des immigrés, je tiens à souligner à quel point les questions posées ici pendant ces deux jours sont analogues à celles qui concernent ce douloureux problème du vote à l’extrême-droite d’une partie des classes populaires qui votaient autrefois à gauche, mais qui se sentent menacées par l’immigration. &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;J’ai tenté de réfléchir sur ce point dans mon ouvrage récent : &lt;/span&gt;&lt;i style="line-height: 200%; "&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;. J’y insiste sur le fait que si l’on ne tient pas compte des expériences vécues, ou de la perception que les gens ont de leurs expériences vécues, si on se refuse à prendre en considération ce qu’ils disent à propos de ce qu’ils vivent, si l’on ne tient pas compte de leurs souffrances et de leurs peurs, il y a fort à parier que la réalité déniée, ou les sentiments ignorés ou repoussés de cette manière feront retour sur la scène sociale et politique sous la forme d’un vote pour l’extrême-droite : &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;et de même qu’on a vu nombre d’ouvriers voter pour l’extrême-droite en revendiquant le racisme dont on les accusait, on va voir, ou on a déjà vu, nombre de gays qui votaient à gauche voter pour la droite ou l’extrême-droite eux aussi, et reprendre à leur compte ce qu’on leur impute. Le résultat sera alors de pousser les gays vers des contrées idéologiques où on leur reproche d’être déjà. Irai-je &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 32px;"&gt;jusqu’à&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt; affirmer que la pensée pseudo-radicale et la dérive nationaliste ou raciste sont solidaires l’une de l’autre à l’intérieur d’un même paradigme idéologique ? Sont des adversaires complices ? Des ennemis complémentaires ? &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 200%;"&gt;En tout cas, notre tâche est de défaire ce cadre idéologique avec ses positions figées, et non de le consolider.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Il y a assurément une performativité du discours politique, de l’action politique : il n’y a pas de réalité plus vraie qu’une autre, et donc pas de lutte plus vraie qu’une autre. Ce sont les discours, les théories, les mobilisations qui font apparaître les catégories et les découpages du monde social et politique, et qui organisent la réalité du monde social. Et c’est pourquoi le pouvoir apparaît quand une résistance se fait jour. Et en ce sens – en ce sens seulement, bien sûr -, je serai tenté de dire que la résistance précède le pouvoir. La multiplication des foyers de résistances multiplie sans doute les pouvoirs. Mais il ne nous appartient pas de réunifier ces pouvoirs en imaginant que la résistance est ou doit être une, et il ne nous appartient pas de dire quelle est la vraie lutte et quelles sont les luttes secondaires, ou les mauvaises luttes. Il nous appartient plutôt de nous situer sur les points de friction et de confrontation, sur les lignes d’affrontement.&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;Mais il est fort probable que chaque résistance à un pouvoir porte en elle-même la potentialité ou l’actualisation d’un nouveau pouvoir qui s’oppose à d’autres résistances. Ce qui implique qu’il nous faut nécessairement critiquer les mouvements que l’on soutient : par exemple critiquer radicalement l’homophobie qui existe dans des populations que l’on soutient quand elles se battent pour leurs droits ; et critiquer le racisme ou le nationalisme de ceux que l’on soutient également, par ailleurs, quand ils se battent eux aussi pour leurs droits et leurs libertés. Sans avoir à choisir entre l’un et l’autre de ces combats, et donc sans avoir à taire l’une ou l’autre de ces critiques. Comme le disait si justement Edward Saïd pour définir le rôle des intellectuels vis-vis des luttes dont ils sont partie prenante : « Pas de soutien sans critique, pas de critique sans soutien ». S’il y a plusieurs luttes, il y a plusieurs soutiens, et s’il y a plusieurs soutiens, il y a plusieurs critiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;Peut-on néanmoins penser ensemble la multiplicité des modes de dominations et de résistances : domination de classe, domination de race ou de statut à l’intérieur d’une nation, domination d’un sexe sur un autre ou les autres, d’une sexualité sur une autre ou les autres, etc. ? Sachant qu’on peut-être du côté des dominants et de la perpétuation de la domination dans un domaine tout en étant du côté des dominés dans un autre, et vice versa. Je serais tenté, non pour unifier la théorie, non pour unifier la politique, mais pour essayer de penser ce qui peut constituer le point commun à différentes formes de domination, de proposer d’articuler la réflexion autour de la question des frontières :&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;celle, par exemple, à la fois culturelle, sociale, politique et juridique, qui sépare, au sein d’un même pays, les nationaux de la nation et les non-nationaux de cette nation, et les enfants de ceux-ci, toujours considérés comme n’étant pas vraiment des nationaux, même quand ils ont par le droit du sol la nationalité du pays où ils vivent. Ou bien celle, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;également historique, politique, juridique &lt;span&gt; &lt;/span&gt;qui sépare les individus, les couples, les familles qui sont considérées comme « légitimes »&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;de ceux qui sont considérés comme « illégitimes » ou « pathologiques » et qui sont victimes de discriminations juridiques ou sociales, au nom, notamment des catégories homophobes du discours psychiatrico-psychanalytique sur la différence des sexes comme fondement de l’ordre symbolique et de l’ordre social. Les frontières sont nombreuses : autour de nous, et aussi en nous. Notre tâche est, sinon de réussir à la effacer, du moins à en amoindrir la netteté, et la violence. …&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;C’est-à-dire que nous devons travailler à défaire les frontières juridiques, politiques ou psychiques telles qu’elles sont façonnées par l’Etat, par la pensée de l’Etat - l’Etat en tant que Nation, mais aussi l’Etat en tant que défenseur de la reproduction de l’ordre familial hétéronormatif - , et en même temps nous devons nous appuyer sur l’Etat dans une autre de ses fonctions historiques, celle de garantir les libertés et les droits des individus et des groupes. Combattre l’Etat comme instaurateur de frontières tout en promouvant une idée de l’Etat comme garant de l’universalité des droits, me semble être le double enjeu à partir desquels nous pouvons construire nos problématiques et nos actions. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="line-height: 200%; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Cette politique des frontières – je veux dire : de lutte contre les frontières -&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;ne pourra évidemment que déboucher sur une multiplication des frontières visibles, perçues, éprouvées comme des limitations et donc des combats à mener contre l’oppression et pour l’émancipation…&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;Ne le déplorons pas ! Combattons…&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7808686393284817144?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7808686393284817144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7808686393284817144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/les-frontieres-et-le-temps-de-la.html' title='Les Frontières et le temps de la politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-4920221013376376801</id><published>2011-03-01T16:34:00.001+01:00</published><updated>2011-06-09T00:47:02.478+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>Borders, Politics and Temporality</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je publie ici le texte mon intervention lors du "Concluding Panel" au colloque "Sexual Nationalisms" qui s'est tenu à Amsterdam du 26 au 28 janvier 2011 (pour le texte français, voir ci-dessous ou sur ce lien : &lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/les-frontieres-et-le-temps-de-la.html"&gt;Les Frontières et le temps de la politique&lt;/a&gt;) :&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;I don’t know if I will have enough&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;time to say what I want to say, so I will start right away with what is most important :&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;I find no place for myself in the structure and terms of&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;the debate that have been laid out for us over the past few days, indeed, over the past few years.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size: 12.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;Before coming to Amsterdam, as I read over the final version of the program for this conference, I began to worry :&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;What is going to happen to queer theory if it has come to the point where it takes as one of its principal enemies, the LGBT movement, which it accuses of all sorts of wrongs, mostly ending in « -ism » : homonationalism, homo-neo-liberalism, homo-colonialism, homo-imperialism… There must, I imagine, be other –isms as well, endless –isms!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;Over the past few years – just as was the case in the previous century – almost anything that could be seen as being related to the LGBT movement has been repeatedly accused (in conservative and homophobic discourse, from the right and from the left) of destroying social and symbolic norms, of disrupting national unity, of opening the door to a cosmopolitan sexuality, and (in the case of the legal recognition of same-sex couples) of creating the possibility for illegal immigrants to obtain legal status, and so on, and so on, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;ad nauseam&lt;/i&gt;. So, how could I not feel ill at ease when I now see the LGBT movement become the target of all these other denunciations, this time in the name of an attitude that claims to be critical or radical, in the name of a politics that claims to be working against oppression. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;I hope I can be forgiven for the vehemence of what I wish to say, but for me there is a great more violence in all those “isms” I have just mentioned. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;For I deeply believe, I feel very keenly, that it is urgent for us to turn our back on this reduction of theory to a brief litany of slogans that are passed from person to person in order to produce the thrill of feeling radical, to turn our back on the transformation of theory into a set of normative injunctions. There is, after all, more normativity, and even normativism (if you can allow me an “ism” of my own&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;: queer-normativism, always on the verge of becoming a queer-stalinism), in all these accusatory discourses than in the struggle for the right to marry – for marriage is not a norm but a possibility for certain people to live as they see fit, as they choose. It’s high time this kind of circulation of slogans – academic slogans that do not have much to do with politics - was left behind. It runs the risk of quickly transforming what had been critical thinking into a policing of thought, after having also transformed it into a policing of the desires and aspirations of this person or that (“subversive” is “good”; “conformist” is “bad”). We must give up this kind of policing if we want to start thinking again, to be able to produce analyses, to be able to reflect about politics, to participate in politics.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;I don’t want to be misunderstood. I am certainly one of those who has been horrified to see the struggles we have undertaken these past twenty years, and the struggles of others who preceded us and to whom we are indebted, instrumentalized by discourses of the State, by state policies that are meant to stigmatize immigrants, especially those whose beliefs, values, ways of life, manners of dress are linked to Islam. This is all the more horrifying when you consider that these discourses are being promulgated, and these policies established, by people who were hardly known for being pro-feminist or pro-gay beforehand, and who – as far as I can see – haven’t evolved at all in this direction in recent times.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;That is to say, these policies and discourses are being put forth by people against whom we have been struggling, and who have worked against us and insulted us for quite some time.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;And I am horrified to see that certain sectors of the lesbian and gay movement and of the feminist movements have taken up these discourses, have begun repeating them, defining their identity and their struggles in terms of a defense of a threatened national identity, thereby applying to other groups of people that discourse that had previously been applied to them : the discourse of the “internal enemy” that is a danger to the Nation, to society and to culture.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;Yet, can I not struggle against homophobia, transphobia..., struggle for sexual freedom, &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;&lt;/span&gt;for the right of couples of the same sex to marry in my country where this right has not yet been won, as for the right of transgender people to marry as they would wish, for the right of people with AIDS to be able to legal leave to their partner whatever they want that partner to inherit, or for the simple right to see your partner at the hospital even if the family is opposed to this, and so on…. AND… &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;at the same time struggle against the immigration policies of my government, or of other European governments, against laws directed and enforced against various immigrants.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Here is the question: can I struggle at the same time against different forms of domination.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Suppose we take it as given that there is no direct or necessary link between the struggle for legal recognition of alternative family forms and the political forces that stigmatize immigrants. I can certainly struggle for the right of same-sex couples to marry, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;and&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;for the right of immigrants to vote – even while realizing that if immigrants should have the right to vote it is quite probable that many of those who are Muslim, like practicing members of many other religions, will vote against candidates who support the idea of gay marriage. I remember being part of a protest against the war in Iraq and realizing that I was surrounded by people who would have thrown me out of their group had I tried to hold hands with my partner.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;On the other hand, when I have gone to Gay Pride marches I have doubtless found myself in the company of people who vote for the right, even the extreme right, people who are racist, anti-immigrant.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Do I have to choose between these political actions? Should I have gone to neither of them ?&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Any movement, any position-taking that is meant to confront a problem in public, to intervene in the political field, will inevitably leave to the side other problems, or will construct itself in opposition to other problems.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;There is no pure politics! There is always a remainder of some kind.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;This we should know.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt;                &lt;/span&gt;I might add that, in the course of this protest against the war in Iraq that I just mentioned, I left the group I was marching with when certain other protestors started chanting “Death to the Jews.”&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;There is, perhaps, another “-ism” to add to the earlier list, antisemitism.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Adding it would mean calling into question the oversimplified and overly univocal lines of division that are being set up in that list. There is no shortage of bad “isms”.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;They are all around us.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left:177.0pt;text-indent:35.4pt;line-height: 200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language:EN-US"&gt;          *&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;Well, if we have reached this impasse, an impasse which has led to the organization of a conference such as this one, I wonder whether it is not because our way &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;of conceiving of the time of politics is too homogeneous.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;We could say it is a Hegelian and synthetic way of conceiving of temporality which leads us either to think in terms of the convergence of struggles, the alliance of different minorities, or to think in terms of an exclusive choice of one kind of struggle to the detriment of others, or even in opposition to others.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Perhaps we should instead think of politics in terms of heterogeneity, that is in terms of temporalities that are juxtaposed to different degrees :&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;each question, each movement, each mobilization develops according to its own specific temporality.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;So when it comes to the issue of facing up to the political problems that confront us, it’s more a question of one’s possible inscription, as a subject of politics, in a number of different temporalities, each one heterogeneous to the others even if they produce themselves in a certain simultaneity, none of them necessarily converging, or only converging extremely rarely. Of course, I support all convergences, all alliances when they can happen, I cherish them when they do happen… but intersections, and even intersectionality in one single person, are not easy tasks to deal with. &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;That is, we should give up not only thinking in terms of the necessary convergence of different struggles, we should also give up thinking in terms of exclusive choices that work to the detriment of other choices.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;I can’t help wondering if the Marxist idea of the union of struggles, the totalization of different struggles, isn’t haunting the radical thought of today, notably, and in a way that is doubtless very paradoxical, queer theory.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;This effect of haunting can be seen, for example, when someone chooses to exclude from the field of radical politics any effort that doesn’t have as its goal to combat capitalism or neoliberalism, all such efforts being reduced to a form of complicity with neoliberalism and capitalism.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;And yet one of the lessons Michel Foucault is supposed to have taught us is how to detach both political thought and political practice both from purely economic processes and from the idea of a global overturning of some system.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;The lesson was also about learning to detach thought and practice from the idea that there is a single unique domain of politics, a privileged political sphere, and, corollarily that there could be a specific political actor, a privileged agent of politics – somehow transformed into an imaginary, mythological figure of history, with other actors, agents, and struggles being reduced to secondary status, or even rendered guilty or suspect if they do not yield in their efforts to the primacy of that privileged actor or the privileged struggle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;However committed we may be to the struggle against the stigmatization of immigrants, and to the struggle for the rights of immigrants, it would be counter-productive today to think of “immigrants” the way in the past Marxist theory thought of “workers” – that is, as the social group to which any and all politics had necessarily to refer, as the point of view from which politics had to be regarded. There is, of course, the danger of mistaking the point of view of the (academic) person who speaks of the working class or speaks of immigrants for the point of view of those workers or immigrants themselves. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;And since I am speaking of workers and immigrants, I’d like to recall to what an extent the questions that have been being posed here over the last two days are analogous to those posed about the difficult problem of the voting shift to the extreme right of a certain part of the popular classes who used to vote for the left, but who have felt themselves threatened by immigration. This is a problem I was trying to think through in my recent book, &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;, where I emphasized the fact that if lived experiences are not taken into account, or if the perception that individuals have of their lived experiences is not taken into account, if one does not take seriously what people say about the lives they are living, how they suffer and what they are afraid of, it is a relatively sure thing that that denied reality, those ignored or repressed feelings, will come back onto the social and political scene in the form of a vote for the extreme right.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;So, just as we saw numerous workers vote for the extreme right and also assert the very racism that they had been accused of harboring, so we may see many gay &lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt; &lt;/span&gt;and lesbian people shifting to the right as well, taking on the qualities imputed to them.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;The result will thus be to push these people in the direction of the very ideological regions they are already accused of inhabiting. Might I even go so far as to claim that certain kinds of pseudo-radical thought and this nationalist and racist drift are somehow mutually reinforcing within a shared ideological paradigm ? Are, let’s say, complementary enemies?&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;In any case, our work should be to undo this ideological framework with its fixed positions, not to consolidate it.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; T&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;here is clearly a performative aspect to political discourse and to political action:&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;no one reality is more real than another, no one struggle more real than another.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;It is discourses, theories, and political organizing that allow for the appearance of categories and for ways of dividing up the social and political world. It is discourses, theories, and political organizing that organize the reality of the social world.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;This is why power appears when resistance reveals itself.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;It is in this sense, and of course in this sense only, that I would say that resistance precedes power.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;The multiplication of centers of resistance doubtless causes powers to multiply.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;But it is not up to us to reunite those powers by imagining that resistance is or should be one, and it is not up to us to declare which struggle is the real one and which are secondary struggles or wrong ones. Rather it should be our task to place ourselves at the points of friction and confrontation, on the front lines.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Yet it is also quite probable that each resistance to a power holds within itself the potentiality for or the actualization of a new power that is opposed to other resistances.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;The implication is that we are necessarily obliged to critique the very movements we support : for example to offer a radical critique of the homophobia that exists within the populations that we support in their struggle for their rights;&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;and to critique the racism or the nationalism of those others we also support as they also struggle for their rights and their freedoms.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;We should not have to choose between one or the other of these struggles, nor to silence our critiques of them.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;As Edward Saïd said so well in offering a definition of the role of intellectuals in regard to the struggles in which they take part: “No support without critique, no critique without support.” If there are several struggles, there are several forms of support, and so there are several forms of critique.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;Is it nevertheless possible to think at once about all the multiple modes of domination and of resistance? Dominations based on class, or race, or status within a given nation, or the domination of one sex over the other or over the others, of one sexuality over another or others, and so on?&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Is this possible even while knowing that one can be on the side of the dominators and the perpetuation of domination in one area while at the same time being on the side of the dominated in another, and vice versa? I am tempted, not in order to offer a unified theory, or to unify politics, but in order to try to think about what might constitute the common point to different forms of domination, to propose that we build our reflection around the question of borders and boundaries : for example the boundary (and it is simultaneously a cultural, social, political, and legal boundary)&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;that separates nationals from non-nationals within a single nation, and also from the children of those non-nationals – children who are considered as not really belonging to the country in which they live even when they are by law nationals of this country in which they are born.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Or, for example, the boundary (also a historical, political, and legal one) which separates those individuals, couples, and families that are considered “legitimate” from those who are considered “illegitimate” or “pathological” and who suffer from legal and social forms of discrimination, due notably to the homophobic categories of religious, political, psychiatric or psychoanalytic discourses regarding the ways sexual difference is supposedly the foundation of the symbolic order and the social order.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Such boundaries and borders are numerous, both around us, and also in us.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;Our work is, even if we cannot do away with them entirely, at least to attenuate their sharpness and their violence.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;That is, we should be working to undo legal, political, or psychic borders as they have been fashioned by the State, or by the thought of the State – both the State as Nation, and also the State as the defender of the reproduction of the heteronormative family order.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;And yet at the same time we should be making use of the State in another of its historical functions, that of guaranteeing freedoms and rights to individuals and to groups.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;To struggle against the State as it sets up borders while promoting the State as the guarantor of the universality of rights (those rights which are meant to be constantly redefined and reinvented through new claims and new struggles) : this is the double game through which we can and must construct our problematics and our actions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="mso-tab-count:1"&gt; &lt;/span&gt;This politics of borders – I mean the struggle against borders – cannot help but lead to a multiplication of those visible, perceptible, borders, one felt as limitations and therefore as struggles against oppression and for emancipation that must be taken up.&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;There is no point in regretting this. Let’s get to work!&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size: 12.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size: 12.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size: 12.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-size: 12.0pt;mso-bidi-font-size:11.0pt;line-height:200%;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-4920221013376376801?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4920221013376376801'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4920221013376376801'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/politics-and-temporality.html' title='Borders, Politics and Temporality'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7592657044208787914</id><published>2011-02-08T13:22:00.000+01:00</published><updated>2011-03-04T12:34:39.080+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>E.N.S : Philosophies du féminisme</title><content type='html'>Dans le cadre du séminaire "Philosophies du féminisme : Lectures croisées de la French Theory et des Gender Studies", qui se tient à l'Ecole normale supérieure à Paris, je présenterai, le jeudi 3 mars, de 18h à 20h, une communication liée aux thèmes abordés dans mon livre &lt;i&gt;&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2010/07/de-la-subversion.html"&gt;De la Subversion. Droit, norme et politique&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;(Editions Cartouche, 2010). &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;(Ecole normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005, Paris, jeudi 3 mars, 18-20h - salle U/V, Aile Rataud).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7592657044208787914?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7592657044208787914'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7592657044208787914'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/ens-philosophies-du-feminisme.html' title='E.N.S : Philosophies du féminisme'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8673998463404246233</id><published>2011-02-07T16:45:00.000+01:00</published><updated>2011-02-09T13:22:31.700+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><title type='text'>E.N.S. : Retour sur "Retour à Reims"</title><content type='html'>A l'invitation du séminaire animé par Eric fassin, Michel Feher et Michel Tort à l'Ecole normale supérieure à Paris, je présenterai le mercredi 16 février 2011 un travail en cours, qui fera suite à &lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt;,  de réflexion sur la question des classes, des identités, des trajectoires et de la politique et aussi sur les problèmes de l’auto-analyse et de l'autobiographie.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;(Ecole Normale supérieure, Campus Jourdan, Grande salle, 48 boulevard Jourdan, 75014, Paris, le 16 février 2011 de 11h à 13h). &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8673998463404246233?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8673998463404246233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8673998463404246233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/01/ens-retour-sur-retour-reims.html' title='E.N.S. : Retour sur &quot;Retour à Reims&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6487135467740744175</id><published>2011-02-04T13:33:00.000+01:00</published><updated>2011-03-11T02:17:47.822+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rencontres et Débats'/><title type='text'>Rencontre-Signature à Paris</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TVK3Lp-qKZI/AAAAAAAAACA/OAUszanVGq0/s1600/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 122px; height: 200px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TVK3Lp-qKZI/AAAAAAAAACA/OAUszanVGq0/s200/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571717099885832594" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le jeudi 10 mars 2011, à partir de 18h, je signerai, à la libraire Les Cahiers de Colette,  23 rue Rambuteau à Paris, mes ouvrages récents : &lt;i&gt;&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2010/07/de-la-subversion.html"&gt;De la Subversion. Droit, norme et politique&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;(Editons Cartouche, 2010),  la réédition en collection de poche Champs-Flammarion de &lt;i&gt;&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2010/10/retour-reims-en-poche.html"&gt;Retour à Reims&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ainsi que la nouvelle édition, dans la collection Champs-Flammarion, de ma biographie de Michel Foucault (parue en février 2011).&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;(Les Cahiers de Colette, 23-25 rue Rambuteau, 75004 Paris, jeudi 10 mars 2011, 18h-19h30).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6487135467740744175?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6487135467740744175'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6487135467740744175'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/02/signature-paris.html' title='Rencontre-Signature à Paris'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TVK3Lp-qKZI/AAAAAAAAACA/OAUszanVGq0/s72-c/9782081218000_MichelFoucault_CouvHD_2011%2B%25281%2529.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5452317701948633956</id><published>2011-02-03T16:50:00.000+01:00</published><updated>2011-02-03T16:42:14.548+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rencontres et Débats'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Marseille : Conférence Abdelmalek Sayad</title><content type='html'>Dans le cadre des Rencontres Abdelmalek Sayad, organisées par l'association ACT (Approches, cultures et territoires) et  l'IDEMEC (Institut d'ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative) à Marseille, je donnerai une conférence le vendredi 11 février, à 18h30, dont le titre sera :  "En Lisant Sayad : Réflexions sur les frontières, l'exil et la politique".&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(11 février, 18h30, Salle Phocéa, 93 La Canebière, 13001 Marseille). &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5452317701948633956?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5452317701948633956'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5452317701948633956'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/01/marseille-conference-abdelmalek-sayad.html' title='Marseille : Conférence Abdelmalek Sayad'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1696591799422363222</id><published>2011-01-02T21:32:00.001+01:00</published><updated>2011-02-09T13:45:51.129+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Amiens : Foucault, l'histoire et la politique</title><content type='html'>Mon premier séminaire à l'Ecole doctorale, cette année, portera sur "Michel Foucault : l'histoire et la politique".&lt;div&gt;Il se tiendra les mardis 1er, 8 et 15 février 2011, de 14h30 à 18h30.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La première séance sera consacrée à l'&lt;i&gt;Histoire de la folie&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La seconde à &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La troisième à  l'&lt;i&gt;Histoire de la sexualité&lt;/i&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ce séminaire est ouvert à tous ceux qui souhaitent y assister.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mon deuxième séminaire se tiendra en mai (3, 10 et 17 mai) et portera sur "Classes, identités,trajectoires" &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;(Amiens, Campus, les 1er, 8 et 15 février 2011, 14h30-18h30. ATTENTION : en raison du grand nombre d'inscrits, le séminaire aura lieu dans la salle de réunion du SUP - Service universitaire de pédagogie -,  au 1er étage de la Rotonde, le 1er février,  en salle D 308 le 8 février et en salle D 319 le 15 février).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1696591799422363222?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1696591799422363222'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1696591799422363222'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2011/01/amiens-foucault-lhistoire-et-la.html' title='Amiens : Foucault, l&apos;histoire et la politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3900023740226070819</id><published>2011-01-02T16:37:00.001+01:00</published><updated>2011-01-02T17:45:59.661+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Amsterdam : Sexual Nationalisms</title><content type='html'>Je participerai le 28 janvier de 16h15 à 18h30 au "Concluding Panel" du colloque international qui se tiendra les 27 et 28 janvier 2011 à l'université d'Amsterdam, "&lt;a href="http://www.sexualnationalisms.org/resources/SEXUAL_NATIONALISMS_FINAL_PROGRAM.pdf"&gt;Sexual Nationalisms : Gender, Sexuality and the Politics of Belonging in the New Europe&lt;/a&gt;" (et qui réunira notamment Judith Butler, Joan Scott, George Chauncey...).&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;(27 et 28 janvier 2011, University of Amsterdam, Oudemanhuispoort 4-6, 1012 CN Amsterdam).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3900023740226070819?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3900023740226070819'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3900023740226070819'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/12/amsterdam-nationalism-and-sexuality.html' title='Amsterdam : Sexual Nationalisms'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5394780545780041074</id><published>2010-12-04T12:15:00.010+01:00</published><updated>2010-12-12T18:27:39.654+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Les sciences sociales et la question démocratique</title><content type='html'>L'université de Paris Ouest Nanterre organise les 16 et 17 décembre 2010 un colloque sur "&lt;a href="http://www.u-paris10.fr/48754512/0/fiche___pagelibre/"&gt;Les sciences humaines et sociales,1970-2010 : Nanterre en débat&lt;/a&gt;". Ma communication, lors de la séance d'ouverture, le 16, de 9h à 11h, portera sur "Les sciences humaines et sociales et la question démocratique".&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;En voici le résumé : &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;S’il fallait caractériser le travail de la pensée au cours des années 1970, 1980 et 1990, on pourrait avancer l’idée suivante : la réflexion théorique s’est développée en relation étroite avec ce qui se passait dans le champ social, et notamment avec la politisation de nombreux domaines de l’existence et de l’expérience qui avaient été, jusque là, exclus de la « politique » légitime. Ce qui signifie, d’une part, que le « savoir » s’y est inévitablement construit comme « engagé » (selon des modalités diverses et souvent complexes), à partir de ce qu’on pourrait appeler une « implication du sujet qui écrit dans ce qu’il écrit ». Et que, d’autre part, il lui a été nécessaire de tourner le dos aux « transcendances » et aux « transcendantaux », pour s’installer résolument au niveau de l’immanence ; et, par voie de conséquence, qu’il lui a été nécessaire, aussi, de destituer de leur statut hégémonique les grandes doctrines totalisantes (marxisme, psychanalyse…) qui tendaient à imposer un mode de lecture non seulement univoque et cohérent, mais prescrit à l’avance et universellement valide, des pratiques de la transformation sociale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small; "&gt;Il semblerait qu’on assiste aujourd’hui à différentes tentatives pour restaurer les « transcendances » et les « transcendantaux » et pour réinstituer l’autorité de nouveaux (ou plutôt d’anciens) récits unitaires comme loi de la politique et de la théorie. C’est contre ce retour qu’il est urgent de réfléchir à ce qu’impliquent la multiplicité indépassable des mouvements sociaux et l’hétérogénéité irréductible des temporalités politiques. Peut-on penser ce qui agite le monde social et ce qui sous-tend la constitution des « groupes » non dans les termes de la convergence et de l’unité ou de l’unification possible, mais dans ceux de la diversité, de la divergence et des tensions et des contradictions qui en découlent ? Et cela, sans se dispenser d’affronter le redoutable problème de l’articulation du particulier et du général, du  local et du global ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Ce qui nous permettra de poser une fois encore la question de la radicalité politique, ou, si l’on préfère, de la démocratie radicale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;(Université de Paris Ouest Nanterre, B2, amphithéâtre Lefebvre, les 16 et 17 décembre, de 9h à 19h. Entrée libre mais inscription obligatoire).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5394780545780041074?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5394780545780041074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5394780545780041074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/12/les-sciences-sociales-et-la-question.html' title='Les sciences sociales et la question démocratique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5322316213380035392</id><published>2010-11-20T11:29:00.009+01:00</published><updated>2010-11-20T14:22:19.228+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>A Rome : Quelle Europe, quels droits?</title><content type='html'>En ouverture du IVe Congrès annuel de l'association &lt;b&gt;Certi Diritti&lt;/b&gt;, qui se tient à Rome les 27 et 28 novembre 2010, je présenterai, le &lt;b&gt;vendredi 26 novembre à 17h30&lt;/b&gt;, la traduction italienne de mon livre &lt;i&gt;&lt;a href="http://www.homolegens.eu/public/scheda_libro_1.php?num=14"&gt;Su questo istante fragile&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;  qui paraît aux éditions Homo Legens et je dialoguerai avec Marco Panella sur &lt;b&gt;"L'Europe des droits"&lt;/b&gt;. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(Vendredi 26 novembre 2010,  17h30, 76 via di Torre Argentina, Roma).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5322316213380035392?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5322316213380035392'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5322316213380035392'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/11/rome-quelle-europe-quels-droits.html' title='A Rome : Quelle Europe, quels droits?'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5382448173345066007</id><published>2010-11-09T00:10:00.008+01:00</published><updated>2010-11-20T11:40:58.712+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cours et séminaires'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Bourdieu, sociologie et anthropologie à Amiens</title><content type='html'>Mon séminaire de M2 Recherche "Epistémologie et anthropologie", au premier semestre, est consacré aux rapports entre la &lt;b&gt;démarche sociologique et la démarche ethnologique dans l'oeuvre de Pierre Bourdieu&lt;/b&gt;.&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(Amiens, Campus, salle E 304, le mercredi de 16h30 à 18h45).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Au deuxième semestre, je donnerai deux séminaires à l'Ecole doctorale en sciences humaines et sociales :  &lt;/div&gt;&lt;div&gt; - Le premier aura lieu en février 2011, le mardi (le 1er, le 8 et le 15), de 14h30 à 18h30, et portera sur &lt;b&gt;"Foucault : histoire et politique"&lt;/b&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- Le second aura lieu en mai 2011, le mardi  (le 3, le 10 et le 17), de 14h30 à 18h30, et portera sur &lt;b&gt;"Classes sociales, identités, trajectoires"&lt;/b&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(Amiens, Campus, salles à déterminer, renseignements auprès de l'Ecole doctorale).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5382448173345066007?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5382448173345066007'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5382448173345066007'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/11/bourdieu-sociologie-et-anthropologie.html' title='Bourdieu, sociologie et anthropologie à Amiens'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1631451255354999655</id><published>2010-11-06T17:01:00.000+01:00</published><updated>2010-11-06T17:20:29.257+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Genet à l'Odéon</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je participerai (avec, entre autres, Tahar Ben Jelloun et Hélène Cixous... ) au colloque qui se tiendra au Théâtre de l'Odéon, les 23 et 24 novembre 2010, sur "Jean Genet politique : une éthique de l'imposture".&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Ma communication - en clôture du colloque, le mercredi 24 vers 16h - s'intitulera : "L'impossible politique : fragments d'un discours minoritaire".&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(Théâtre de l'Odéon, mardi 23 et mercredi 24 novembre 2010, de 10h à 17h. Le colloque est ouvert à tous, mais il est n&lt;/i&gt;&lt;i&gt;éanmoins nécessaire de réserver - gratuitement - sa ou ses places auprès du théâtre soit à l'adresse électronique suivante : present.compose@theatre-odeon.fr, soit à ce numéro de téléphone : 01 44 85 40 44).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;(Pour le programme complet du colloque et, plus généralement, de la semaine consacrée à Jean Genet à l’Odéon, voir la programmation du cycle "Présent composé" sur le site du théâtre). &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1631451255354999655?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1631451255354999655'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1631451255354999655'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/10/genet-lodeon.html' title='Genet à l&apos;Odéon'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2687036523386172950</id><published>2010-11-06T13:04:00.000+01:00</published><updated>2010-11-06T13:16:47.206+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>RETOUR A REIMS en poche</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TMqOVs7nZHI/AAAAAAAAABw/o864IGQX8WY/s1600/RetourAReims-01+(1).jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 194px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TMqOVs7nZHI/AAAAAAAAABw/o864IGQX8WY/s320/RetourAReims-01+(1).jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5533391595667678322" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Retour à Reims&lt;/i&gt; vient de paraître dans la collection de poche "Champs-Flammarion".&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Voici le texte qui figure au dos de la couverture  :&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-weight: normal; font-size: 15px; "&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Après la mort de son père, Didier Eribon retrouve son milieu d’origine avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé. S’attachant à retracer l’histoire de sa famille et la vie de ses parents et grands-parents, évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son parcours d’ascension sociale, il mêle à chaque étape de son récit les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, les partis, la signification du vote, etc.&lt;br /&gt;Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, il s‘interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.&lt;br /&gt;Un grand livre de sociologie et de théorie critique.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-weight: normal; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;Didier Eribon est professeur à la Faculté de Philosophie, sciences humaines et sociales de l’université d’Amiens. Il a également enseigné à l’université de Berkeley (Etats-Unis).&lt;br /&gt;Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt; (Fayard, 1999), &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Une morale du minoritaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt; &lt;/span&gt;(Fayard, 2001), &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt; (Leo Scheer, 2007), il a été le lauréat 2008 du prestigieux Brudner Prize décerné chaque année par l’université Yale.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-weight: normal; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;"Diffic&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;ile de rendre compte de toute la réflexion et de toute l'émotion que suscite la lecture du livre"&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;             Annie Ernaux&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-weight: normal; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-weight: normal; font-size: 15px; "&gt;&lt;span style="font-style: italic; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2687036523386172950?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2687036523386172950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2687036523386172950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/10/retour-reims-en-poche.html' title='RETOUR A REIMS en poche'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TMqOVs7nZHI/AAAAAAAAABw/o864IGQX8WY/s72-c/RetourAReims-01+(1).jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5942580892720289138</id><published>2010-11-06T12:39:00.008+01:00</published><updated>2010-11-06T17:41:38.598+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>Su questo istante fragile</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.homolegens.eu/gestione/img/COPweb.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 200px; height: 303px;" src="http://www.homolegens.eu/gestione/img/COPweb.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;La traduction italienne de mon livre &lt;i&gt;Sur cet instant fragile. Carnets janvier-août 2004&lt;/i&gt;, publié chez Fayard en octobre 2004, vient de paraître aux éditions HomoLegens à Rome :&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;a href="http://www.homolegens.eu/public/scheda_libro_1.php?num=14"&gt;&lt;b&gt;Su questo istante fragile. Diario : gennaio/agosto 2004&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://www.homolegens.eu/public/scheda_libro_1.php?num=14"&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5942580892720289138?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5942580892720289138'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5942580892720289138'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/11/su-questo-instante-fragile.html' title='Su questo istante fragile'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8529165099664804044</id><published>2010-11-01T16:22:00.000+01:00</published><updated>2010-11-09T00:38:11.359+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Foucault, le pouvoir et la résistance... à Athènes</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;b&gt;L'Institut français d'Athènes organise les 2 et 3 novembre 2010 un colloque sur : "Michel Foucault : quel héritage?".&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;b&gt;J'y donnerai le 2 novembre à 19h30 une conférence qui s'intitulera : "Le local et le global : formes du pouvoir et modes de résistance".&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(Institut français d'Athènes, Grand auditorium, 2 novembre, de 19h30 à 21h30). &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8529165099664804044?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8529165099664804044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8529165099664804044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/10/foucault-le-pouvoir-et-la-resistance.html' title='Foucault, le pouvoir et la résistance... à Athènes'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2782825155977095943</id><published>2010-10-01T18:00:00.000+02:00</published><updated>2011-03-04T18:07:33.433+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>DE LA SUBVERSION</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TFF3I8qAw_I/AAAAAAAAABg/A6EySPTGmpA/s1600/de+la+subversion.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 250px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TFF3I8qAw_I/AAAAAAAAABg/A6EySPTGmpA/s320/de+la+subversion.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5499307615601083378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;Ce volume réunit les textes  - dans des versions développées - de trois conférences données à Berkeley, Yale et Paris entre 2004 et 2009.&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:x-large;"&gt;De la subversion. Droit, norme et politique.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:medium;"&gt;Table des matières :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;Avant-propos&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;1) Vies hantées :  Le sida et l'avenir de notre passé.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;2) Politiques mineures : Pour un nouvel Anti-Oedipe.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;3) Inventer : Réflexions sur la pluralité des pratiques de l'alliance et de la parenté.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:medium;"&gt;&lt;b&gt;Présentation qui figure au dos de la couverture :&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size:large;"&gt;&lt;b&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 32px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:normal"&gt;Les trois&lt;span style="color:black;"&gt; textes qui composent cet ouvrage&lt;/span&gt; portent sur des questions qui ont trait au genre et à la sexualité, mais aussi, par voie de conséquence, aux rapports complexes qu’entretiennent la subversion et la norme. S’ils prennent pour point de départ les mobilisations qui se sont développées pour exiger la reconnaissance juridique des couples de même sexe et des familles homoparentales, ils tentent de réfléchir, de manière plus générale, sur la dissidence et sur les politiques minoritaires, notamment lorsqu’elles en viennent, inévitablement, à s’adresser au droit et à lutter pour sa transformation…&lt;span style="mso-spacerun:yes"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:normal"&gt;Pour être effective, la subversion ne saurait être que située, partielle et toujours à recommencer. Subvertir est un verbe transitif : on subvertit quelque chose à un moment donné, ou on ne subvertit rien du tout. &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:normal"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;(Septembre 2010, aux éditions Cartouche).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2782825155977095943?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2782825155977095943'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2782825155977095943'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/07/de-la-subversion.html' title='DE LA SUBVERSION'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/TFF3I8qAw_I/AAAAAAAAABg/A6EySPTGmpA/s72-c/de+la+subversion.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2684058188107640342</id><published>2010-10-01T00:15:00.000+02:00</published><updated>2010-10-23T14:25:18.438+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Sur la socio-analyse à Lyon</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je donnerai une conférence à l'université de Lyon 2, le vendredi 15 octobre,  de 14h à 16h, sur la question de l'auto-analyse (et de la socio-analyse).&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;Le titre en sera : "Qui parle? Classes sociales, identités et écritures de soi".&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;b&gt;(Université de Lyon 2, Vendredi 15 octobre, 14h-16h, amphi Benveniste, 7 rue Raulin,  69007, Lyon).&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2684058188107640342?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2684058188107640342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2684058188107640342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/09/sur-la-socio-analyse-lyon.html' title='Sur la socio-analyse à Lyon'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3064351603414507869</id><published>2010-06-30T11:18:00.003+02:00</published><updated>2010-07-12T16:01:01.014+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la psychanalyse'/><title type='text'>Haunted Lives</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;La revue américaine &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href="http://www.ocf.berkeley.edu/~quiparle/"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Qui Parle. Critical Humanities and Social Sciences&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;, éditée à Berkeley, publie dans son dernier numéro (18.2, spring/summer 2010) le texte de ma conférence "Haunted Lives : Aids and the Future of Our Past", qui fut d'abord prononcée en avril 2008 à l'occasion de la remise du Brudner Prize au Yale Club de New York City, puis, dans une version  légèrement différente, au colloque "Queer Bonds" qui s'est tenu à Berkeley en février 2009.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Ce texte paraîtra en français le 1er octobre prochain dans un petit recueil intitulé &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;De la subversion. Droit, norme et politique&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;, aux éditions Cartouche (ce volume comprendra les textes de trois conférences données aux Etats-Unis ou en France entre 2004 et 2009 : "Vies hantées : le sida et l'avenir de notre passé", "Politiques mineures : pour un Nouvel Anti-Œdipe" et "Inventer : réflexions sur la pluralité des pratiques de l'alliance et de la parenté").&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3064351603414507869?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3064351603414507869'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3064351603414507869'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/06/haunted-lives.html' title='Haunted Lives'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1498418731516812810</id><published>2010-06-30T11:06:00.011+02:00</published><updated>2010-07-13T11:44:15.716+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>Queer et après... : l'avenir d'une subversion</title><content type='html'>&lt;b&gt;Je publie ici les quelques pages qui constituaient le début du texte prononcé, le 3 mai 2010, comme conférence inaugurale de la Queer Week qui s'est tenue à Science Po-Paris.&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: 32px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:Arial;"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Je voudrais avancer ceci : il est temps de recommencer.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;De recommencer la théorie, de recommencer la politique, et donc de repenser les liens entre la théorie et la politique. Les repenser, c’est-à-dire les défaire sans cesse pour tenter, toujours, de les refaire différemment.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Je vais m’expliquer dans un instant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Mais auparavant, je voudrais vous dire combien est grand mon plaisir d’être ici, ce soir, parmi vous, pour donner cette conférence inaugurale de &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="la Queer Week" st="on"&gt;&lt;st1:personname productid="la Queer" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;la   Queer&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; Week&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; que vous organisez. Quand vous m’avez invité, vous avez évoqué le retard pris par &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="la France" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;la France&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; dans l’émergence des études sur le genre et les sexualités dans les institutions françaises d’enseignement et de recherche. Je vous ai fait remarquer que votre initiative, intervenant au milieu d’une multiplication des cours, séminaires, colloques, ouvrages… portant sur ces questions, montrait au contraire que ce retard avait été largement rattrapé ou était en voie de l’être. Le retard, j’aurais pu en témoigner ! Vous avez gentiment rappelé dans votre programme que j’avais organisé, en 1997, un grand colloque au Centre Pompidou. Y participèrent des gens dont les noms étaient pour la plupart inconnus en France, à l’époque, comme Eve Kosofsky Sedgwick, dont le magnifique ouvrage, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Epistemology of the Closet&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;, allait attendre dix ans encore avant d’être traduit… Il y avait des penseurs aussi éminents que &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="Leo Bersani" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Leo  Bersani&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;, il y avait George Chauncey, auteur du magistral &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Gay New York&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;… D’autres étaient déjà très célèbres en France, bien sûr, comme Monique Wittig, qui revenait parler pour la première fois en public depuis son départ aux Etats-Unis vingt ans plus tôt.… J’avais également invité &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="Judith Butler" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Judith  Butler&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; et Teresa de Lauretis, mais elles ne pouvaient pas venir à la date du colloque, mais leurs noms furent mentionnés à maintes reprises. Pierre Bourdieu était venu prononcer une communication, qu’il a publiée en annexe de son ouvrage capital sur &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="la Domination" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;la &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Domination&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; masculine&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;…. Dans la communication prononcée, légèrement différente de celle publiée, il avait expliqué qu’il avait accepté mon invitation, en tout premier lieu parce qu’il tenait à apporter son soutien aux études nouvelles qui se développaient aux Etats-Unis et un peu partout en Europe, mais que l’université française semblait vouloir continuer d’ignorer, et d’autre part, il avait insisté sur l’intérêt que tout intellectuel, tout chercheur en sciences sociales se devait de porter à des questionnements qui, précisément, obligeaient les sciences sociales à sortir de la routine dans laquelle elles s’étaient souvent enfermées. Je me souviens qu’à l’époque, ce colloque avait été vilipendé dans la presse comme l’importation du « communautarisme à l’américaine », comme l’irruption de la politique identitariste ( quand tous les auteurs étaient des gens dont les travaux déconstruisaient les notions d’identité). Il y eut même un article publié à la « Une » du &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; pour s’inquiéter du danger mortel que ce colloque représentait pour l’université, la pensée, la culture – et sans doute beaucoup d’autres choses aussi nobles et précieuses, j’ai oublié la liste exacte , qu’il fallait donc sauver de cet assaut lancé par les barbares. L’article concluait que, fort heureusement, ce colloque et ce qu’il voulait promouvoir n’avait aucun avenir dans notre belle nation républicaine, fermée à l’affirmation des différences et des minorités. Le &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; refusa de publier les lettres de protestation à la fois fermes et ironiques de plusieurs des participants dont le travail avaient été présenté d’une manière qui indiquait simplement aux lecteurs que l’auteur de ce tissu d’âneries n’avait jamais ouvert un de leur livre et ne renseignait les lecteurs que sur son ignorance totale de ce dont il parlait. Pierre Bourdieu, sur lequel un autre journal avait ironisé en disant qu’il souhaitait sans doute créer un « bac pédé » (ne riez pas ! Ce n’est pas si drôle ! C’est comme ça qu’on discutait ces problèmes en ces temps pas si lointains dans des grands journaux français… là c’était&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; l’Express&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;, je crois) envoya alors une lettre – que &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; ne put évidemment refuser de publier – pour s’indigner que des chercheurs aussi éminents et des questions aussi importantes et discutées dans le monde entier aient été insultées et diffamées dans les colonnes d’un journal qui se voulait si sérieux, et qui nous donnait simplement, disait-il, une nouvelle version de la dénonciation du complot homosexuel contre la culture et la civilisation. Les actes du colloque parurent l’année d’après, et &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; bien sur, ne mentionna même pas en quelques lignes cette publication, dont, je dois le signaler, le premier tirage de 2000 exemplaires fut épuisé en un mois. Aujourd'hui,&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; Le Monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; s’interroge presque chaque semaine sur les raisons pour lesquelles &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="la France" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;la France&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; a connu un tel retard dans la réception des travaux américains… Je pourrais peut-être leur suggérer quelques éléments de réponse. En leur rappelant, par exemple,  leur lourde responsabilité dans ce retard (Notons d'ailleurs que, plus généralement, ces mêmes journaux, qui ont  combattu avec une grande véhémence et une belle systématicité, pendant les années 1980 et 1990, tous les auteurs qui voulaient continuer de faire vivre la pensée critique, courent aujourd'hui derrière tout ce qui parle du "peuple" et de la "révolution", tout ce qui se présente comme "communiste" et même "insurrectionnel", etc.,  et qu'il semble même que rien ne soit assez "radical" à leurs yeux.). En tout cas, les auteurs injuriés sur la première page du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et diffamés sur une pleine page intérieure en juin 1997, sont aujourd'hui reconnus comme des références majeures qui figurent  dans toutes les bibliographies. Et ce colloque promis à n’avoir aucun avenir sert de point de repère, et on le présente souvent comme un moment inaugural de l’introduction des études gays et lesbiennes et de la théorie queer dans le paysage intellectuel français. La conférence de Eve Kososfky Sedgwick s’intitulait « Making Queer Meanings », Construire des significations queer ». Ces significations ont, depuis lors, été largement construites. Elles ont essaimé dans de multiples directions. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;C’est pourquoi je peux dire que le simple fait que vous organisiez cette Queer Week dans une grande institution française indique que l’on ne peut plus parler de retard, mais d’une présence de plus en plus forte de ce qui avait été refoulé ou marginalisé. Ce qui n’enlève, d’ailleurs, rien à l’importance de cet événement que vous avez mis sur pied et auquel vous nous avez conviés, et pour lequel nous sommes si nombreux à nous retrouver dans cet amphithéâtre : il est appelé à faire date et nous en verrons, à n’en pas douter, les effets au cours des années à venir quand d’autres s’empareront de cette idée pour le reprendre à leur compte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Mais précisément puisque cette semaine est appelée à constituer dans l’avenir une date, c’est de cet avenir que je voudrais parler, sans m’arrêter plus longtemps sur le passé, l’histoire, le retard, les raisons du retard, sur tout ce qui pourrait nous conforter dans l’idée que, ayant rattrapé un retard, nous pourrions simplement nous satisfaire de la situation actuelle, sans nous interroger sur ce qu’est cette situation, sur ce que nous faisons, sur ce que nous allons faire. Se donner pour but de rattraper un retard ne donne aucune indication sur les contenus et les significations de ce qui va venir combler l’absence antérieure, ni sur les  tâches qui nous incombent, dans et hors de l’université. Car si ce qui fut longtemps ignoré, voire rejeté, refusé, par les institutions, y trouve désormais une place, il n’est pas sans intérêt de se demander quelle transformation cela ne peut manquer de produire non seulement sur l’institution qui s’ouvre et qui donc change mais aussi sur ce qu’elle accueille, et qui s’en trouve tout autant, et inévitablement, changé. Pour le dire en un mot, est-ce que ce qui est né d’une volonté de déstabilisation, de dérangement, de perturbation de la théorie, des disciplines universitaires, des objets de la recherche et du regard que l’on porte sur eux, ne risque pas de perdre toute force déstabilisatrice dans le processus même de la reconnaissance cherchée - et désormais acquise. Après tout, l’idée même de cours sur la théorie queer, devrait sonner comme une contradiction dans les termes et peut-être même comme une aberration. Que reste-t-il de queer dans la théorie queer quand celle-ci devient une matière qu’on enseigne, avec délimitation de ses principaux concepts, quête des précurseurs, initiation aux textes fondateurs, présentation de la deuxième génération, etc. Ce qui était vivant se fige, ce qui était créateur et inventif devient résumé, quand ce n’est pas récitation d’un catéchisme. Imaginez  cet intitulé dans un programme de cours : « Introduction à la théorie queer » avec au choix pour les modalités d’évaluation : contrôle continu ou examen final, et des manuels conseillés pour réviser ! Ce qui pourrait donner lieu à d’étonnantes discussions entre étudiants : « Tu as réussi ton examen de théorie queer ? Non, je dois le repasser à la session de rattrapage ». Quant à ceux qui l’auront raté, il faudra peut-être les considérer comme les plus queer de tous ! Et donc le leur donner en priorité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Le prix à payer pour le succès serait donc la routinisation et la neutralisation : la bombe à fragmentation aurait alors été désamorcée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Il convient d’essayer de la réarmer. En réaffirmant, en tout premier lieu, que la théorie queer, si tant est que quelque chose existe qu’on puisse désigner sous ce nom unificateur, ce qui ne me semble pas du tout évident,  et que la politique queer, et je reviendrai dans un instant sur ce qu’on peut ranger sous ce vocable, impliquent nécessairement un positionnement intellectuel et politique critique, et je dirais radicalement critique. N’oublions pas que le mot queer est d’abord un mot d’insulte, qui vise les anormaux, les déviants ! Et se le réapproprier engage à conserver quelque chose de cette signification au moment-même où la retourne pour la faire sienne, afin de faire une place, dans la théorie et dans la politique, à ceux qui étaient les destinataires de la profération injurieuse, et, par effet de proximité positionnelle, à tous ceux et toutes celles qui sont victimes de la violence des normes et des dominations. Il ne s’agit donc pas de chercher à établir un consensus, par le débat et l’échange, sur des points controversés, mais au contraire de s’installer sur des lignes de partage et de confrontation, et de les mettre en évidence, de les accentuer, d’en faire ressortir les enjeux. La théorie queer, la politique queer sont oppositionnelles ou ne sont pas. Et c’est la raison pour laquelle, si vous me le permettez, je serais tenté de contester le titre que vous avez donné à votre manifestation : &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Queer Week : la semaine du genre et des sexualités&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;. Car il ne suffit pas qu’un discours théorique ou une pratique politique porte sur des questions de genre ou de sexualités pour qu’on puisse les qualifier de queer. Englober sous l’étiquette queer l’ensemble des discours et des pratiques qui portent sur le genre et la sexualité, c’est faire perdre à la démarche queer sa radicalité, ce qui doit rester sa radicalité si l’on veut que la démarche reste queer. Je me sentirais quelque peu gêné que le mot queer serve simplement à désigner une sensibilisation des futures élites politiques et économiques du pays aux questions de genre et de sexualités. La sensibilisation, l’éducation contre les discriminations de toutes sortes sont certes fondamentales, et j’y applaudis, mais cela ne dessine pas un programme très innovant, ni d’un point de vue théorique ni d’un point de vue politique. Et cet ajout au cursus pourrait bien n’être, finalement, qu’une sorte de supplément d’âme – d’âme démocratique, certes, et je m’en réjouis - à l’apprentissage du management politico-économique.  Si l’on veut rester fidèles à une certaine impulsion critique, c’est du côté des gouvernés plutôt que du côté des gouvernants que nous devons situer. Je voudrais prendre un exemple, que vous considérerez peut-être comme trop directement polémique, et sans doute l’est-il, puisque l’une des définitions possibles du mot queer serait justement la polémique, la polémique menée contre les politiques mises en oeuvre ou envisagées au nom de principes qui doivent être contestés, même quand ils se présentent comme féministes ou comme inspirés par les exigences d’une lutte contre l’oppression ou les discriminations. Cet exemple, que je ne choisis pas au hasard, concerne les projets de prohibition de la prostitution, avec la pénalisation des clients sur le modèle de la loi suédoise (pénalisation qui entraîne des condamnations avec obligation de suivre des thérapies rééducatives) : c’est une mesure qui figure, je vous le rappelle, dans le programme du Parti socialiste. Vous pourrez donc avoir des gens qui se déclareront favorables à l’amélioration du Pacs, à sa célébration en mairie, qui joueront même les grand-e-s progressistes en se disant favorables – après avoir été, d’ailleurs, si longtemps et si brutalement hostiles au nom de la préservation de l’ordre symbolique– au droit au mariage et au droit à la parenté pour les couples de même sexe, qui pourront même venir participer à une queer week, mais qui s’apprêtent, s’ils arrivent au pouvoir, à promouvoir bientôt un féminisme d’Etat, un féminisme répressif, avec son arsenal de lois et de règlements, et le harcèlement policier et aussi psychiatrique qui ira avec, et que nous aurons à combattre, aux côtés des femmes et des hommes qui en seront les victimes. On connaît les conséquences de ce genre de lois : repousser les prostituées vers les parkings de banlieue, les exposer à la précarisation ou à la violence.  Il serait tout de même préférable d’écouter les revendications des associations qui demandent que la prostitution soit reconnue comme un métier, avec les droits afférents : sécurité sociale, retraite... Mais il y a plus : l’anthropologue américain Don Kulick, dans l’étude qu’il a consacrée aux débats qui se sont déroulés au moment de l’instauration de la loi en Suède, a montré comment tous les discours qui ont proliféré à l’époque ont conduit à la fabrication d’une nouvelle catégorie de pervers, d’un nouveau type de personnage stigmatisé comme un déviant social qu’il serait important et urgent de rééduquer : le client de prostituée (tout ceci impliquant bien sûr une vision  dans laquelle les prostituées sont des femmes et les clients des hommes – et des femmes victimes et des hommes prédateurs -  alors que, évidemment, les prostitués sont aussi des hommes qui ont pour clients d’autres hommes ou qui ont pour clientes des femmes, car il y a évidemment des femmes qui paient des hommes… ou qui paient des femmes… Etc. (je dis etc., car je n’oublie pas les travestis, les transexuelles, les transgenres qui échappent à ce partage binaire des hommes et des femmes… et je me demande comment le Parti socialiste dans sa démarche puritaine, punitive et rééducatrice parviendra à se débrouiller avec toutes ces réalités, et avec la surveillance d’internet que cela devrait logiquement entraîner). En tout cas, ces nouveaux pervers, ces nouveaux déviants, ces nouveaux monstres  même,  et si j’osais je dirais ces nouveaux queer,  que sont les clients promis au châtiment instaurés par le féminisme d’Etat, étaient décrits, pendant les débats suédois, dans un vocabulaire qui ressemble presque terme à terme au vocabulaire psychiatrique et policier du XIXe contre les invertis coupables de se livrer à une sexualité contre-nature. Dans cette démarche étatico-répressive, il est donc bien question de genre – les hommes et les femmes - et de sexualités, mais c’est précisément à une telle approche du genre et des sexualités qu’une théorie et une politique queer doivent s’opposer. Que certains et certaines tiennent à afficher leur souci de  tolérance à l’égard des homosexuels pour mieux déplacer, dans le même temps, sur une autre catégorie, le regard pathologisant et le souci curatif  ne m’apparaît pas – et n’apparaîtra pas aux cibles de cette loi annoncée – comme une avancée particulièrement émancipatrice, ni même simplement progressiste. De nombreuses féministes ne se reconnaissent nullement dans ce que la juriste Janet Halley a appelé, pour s’en dissocier avec force, le Governance Feminism, ce même féminisme qui veut interdire également, entre autres choses,  la pornographie…  En tout cas, le féminisme n’est pas un : il y a des féminismes. Dont les positions sur bien des points sont contradictoires entre elles, incompatibles entre elles. Et nous aurions tort de chercher à masquer les contradictions, les incompatibilités. Il est important de les porter au jour, et d’y être attentif en écoutant notamment ce que disent les associations de prostitués, ou les artistes et cinéastes femmes qui produisent des œuvres ou  des images pornographiques, ou les femmes qui aiment consommer ces images. Ici, queer, voudrait dire parole, prise de parole de ceux dont les discours dominants parlent mais que ces mêmes discours dominants et officiels voudraient réduire au silence. Or, de silence, il n’y aura pas. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Puisque je viens de parler de la manière dont le phénomène, se perpétuant indéfiniment, de la catégorisation stigmatisante, se déplace pour diriger son regard inlassablement vers de nouvelles cibles, il me faudrait mentionner ici les immigrés ou les minorités religieuses. Et il nous incombe certainement de nous considérer, en ce cas encore, du côté des cibles plutôt que du côté de la stigmatisation. Je n’ignore pas que cela ne va pas sans difficultés puisque si l’on veut soutenir à la fois les minorités sexuelles et les minorités religieuses, par exemple, on peut se retrouver à défendre des minorités religieuses qui condamnent les minorités sexuelles auxquelles on appartient ou au mouvement desquelles on a participé dans les années antérieures. Il nous faut affronter ces difficultés, y faire face. Mais la première affirmation devrait être qu’on n’accepte pas que ce qu’ont incarné les mouvements sexuels soit utilisé, instrumentalisé – par des gens qu’on ne connaissait pas si féministes ni si pro-gays -  pour bâtir une idée de &lt;/span&gt;&lt;st1:personname productid="la R￩publique" st="on"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;la  République&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt; ou de l’identité nationale qui instaurerait une frontière – physique ou psychique, externe ou interne à  la nation fantasmatiquement définie par cette exclusion,– en dehors de laquelle devrait être maintenu tout ce qui appartient notamment à la culture musulmane, décrété étranger à jamais et donc indésirable puisqu’inassimilable. Je ne tiens pas à ce que les combats que j’ai menés soient repris par des gens contre qui je les ai menés pour servir désormais à justifier des politiques  - très communautaristes : la communauté nationale, et très identitaristes : la communauté fondée sur l’identité nationale ), pour servir, disais-je, à justifier des politiques détestables et souvent même écœurantes, contre les immigrés, les sans-papiers, les femmes qui veulent observer les préceptes de leur religion…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Ce sont là des défis que nous devons relever, intellectuellement et politiquement, et ces défis, et le désir de les relever pourraient bien définir un espace – sans contours précis et en tout cas installé à l’intersection, inévitablement conflictuelle et chargée de tensions, de plusieurs mouvements et foyers de problèmes et de problématisations – dans le cadre duquel de nouvelles perspectives théoriques et politiques  pourraient se dessiner.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;Si je définis ainsi la politique queer comme une politique oppositionnelle, articulée à des luttes minoritaires et à de multiples formes de résistance au pouvoir, je dois aussi remarquer que cette opposition, cette politique oppositionnelle s ‘adresse aux normes assujettissantes, et que celles-ci fonctionnent à des niveaux différents, dans des registres différents, et de manières différentes à une époque ou à une autre. C’est pourquoi je dois m’empresser de préciser que je n’entends pas verser dans un des ces discours stéréotypés de la vulgate queer, qui se croit ou se prétend subversive lorsqu'elle dénonce, de manière itérative et quasi obsessionnelle même – ce discours se résume souvent à cela, c’est du queer de parodie, ou du simili-queer -  la normalisation du mouvement gay et lesbien ou ce qui est dépeint avec horreur comme l’homormativité qui s’exprimeraient notamment dans la revendication du droit au mariage ou dans celle de la reconnaissance juridique de formes familiales qui existent socialement et culturellement mais sont privées d’existence légale. Il est naïf est simpliste de croire qu’il y aurait, d’un côté, la norme et le droit et, de l’autre, la liberté sexuelle et que se situer en dehors du droit ou refuser toute forme de revendication qui fait appel au droit, ce serait se situer en dehors de la norme ou en opposition avec elle, et que ce serait donc être authentiquement subversif. Cela peut aussi être l’inverse.  Une telle attitude pseudo-subversive, qui ne subvertit rien du tout, peut au contraire contribuer à ratifier l'ordre tel qu'il est et  les partages qu'il opère entre ceux qui ont des droits et ceux qui n'en ont pas. C'est donc une attitude intellectuellement et politiquement bien naïve, et au fond, bien conservatrice (et d'ailleurs, tous les conservateurs adorent ce pseudo-queer... qui va dans le même sans qu'eux). D’une part parce que l’on ne se situe jamais totalement en dehors de la norme et du droit (et croire le contraire est un illusion qui permet à l'ordre social et aux normes de se perpétuer). Et d'autre part parce qu'il va de soi que si la norme est enregistrée et stabilisée par le droit, travailler à modifier le droit peut contribuer à défaire l’étau de la norme. Combien de batailles se sont déroulées sous l’égide d’une revendication d’un droit : doit à l’avortement, droit à la contraception, qui étaient aussi des batailles contre des normes sexuelles. Cela me semble particulièrement flagrant dans le cas de la revendication du mariage et de la parenté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:large;"&gt;[...]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1498418731516812810?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1498418731516812810'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1498418731516812810'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/06/queer-et-apres-lavenir-dune-subversion.html' title='Queer et après... : l&apos;avenir d&apos;une subversion'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-990736353531561041</id><published>2010-04-30T13:05:00.004+02:00</published><updated>2010-06-25T11:55:12.113+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rencontres et Débats'/><title type='text'>Débat avec Annie Ernaux</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Le Festival "Paris en toutes lettres" organise  une discussion publique entre Annie Ernaux et moi-même le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;samedi 12 juin 2010 à 18h30,&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; au CENTQUATRE.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;(CENTQUATRE, 104 rue d'Aubervilliers / 5 rue Curial, Paris 19ème, métro Stalingrad, Riquet ou Crimée).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-990736353531561041?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/990736353531561041'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/990736353531561041'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/04/debat-avec-annie-ernaux.html' title='Débat avec Annie Ernaux'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5356972256440576477</id><published>2010-04-22T19:40:00.000+02:00</published><updated>2010-05-21T02:06:12.984+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>La société comme verdict</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Dans le cadre du cycle organisé par l'université de &lt;span&gt;Fribourg &lt;/span&gt;(Suisse) "Ces gens-là : les sciences sociales face au ''peuple'' ", je donnerai une conférence intitulée "La société comme verdict : classes, identités et politiques", &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;le mercredi 19 mai&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;, à 17h15.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;En voici le résumé :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="border-collapse: collapse;font-family:arial,sans-serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;Les déterminismes sociaux s'emparent des individus dès leur naissance et leur assignent des places, des rôles, des identités, des destins. Les appartenances de classe mais aussi les catégories de la race, du genre, de la sexualité... fonctionnent comme des sentences rendues par un tribunal invisible mais omniprésent et terriblement efficace. C'est sur cette efficacité de la magie sociale qui permet aux mécanismes de la domination de se perpétuer que l'on s'interrogera mais aussi sur les luttes politiques qui peuvent contribuer à les enrayer. Comment devient-on le sujet de la politique ? Et comment peut-on se penser soi-même comme le sujet de plusieurs politiques, que rien, peut-être, ne vient unifier ?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;(Université de Fribourg, 20 avenue de l'Europe, amphithéâtre A, mercredi 19 mai, 17h15).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5356972256440576477?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5356972256440576477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5356972256440576477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/03/la-societe-comme-verdict.html' title='La société comme verdict'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8579567724593980457</id><published>2010-04-21T19:40:00.000+02:00</published><updated>2010-05-09T22:51:02.942+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rencontres et Débats'/><title type='text'>Transamerica</title><content type='html'>Dans le cadre du cycle "Entre Actes", consacré au cinéma gay, lesbien, trans,  qui se tiendra à Guéret, du 4 au 8 mai, je présenterai le film de Duncan Tucker &lt;i&gt;Transamerica&lt;/i&gt;, le vendredi 7 mai à 20h30 et je participerai à une table ronde le samedi 8, de 15h à 18h (avec notamment Olivier Séguret, Mathieu Riboulet...).&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;i&gt;("Entre actes", cinéma Le Sénéchal,  Guéret, du 4 au 8 mai). &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8579567724593980457?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8579567724593980457'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8579567724593980457'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/04/transamerica.html' title='Transamerica'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1938560480488818960</id><published>2010-04-10T19:38:00.000+02:00</published><updated>2010-05-04T00:33:11.433+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>"Queer"... et après?</title><content type='html'>Je donnerai le lundi &lt;span&gt;3 mai 2010 &lt;/span&gt;la conférence inaugurale de la Queer Week qui se tiendra à Sciences po, à Paris, du 3 au 6. Cette conférence s'intitulera : &lt;span&gt;"Queer... et après? L'avenir d'une subversion"&lt;/span&gt;.&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Sciences Po, Amphithéâtre Jean Moulin, 13 rue de l'Université,  75007, Paris, 3 mai 2010, 19h).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1938560480488818960?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1938560480488818960'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1938560480488818960'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/03/queer-et-apres.html' title='&quot;Queer&quot;... et après?'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7361117179517467243</id><published>2010-04-10T19:36:00.000+02:00</published><updated>2010-04-29T13:11:49.466+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Cultures populaires, dominations sociales et pratiques politiques</title><content type='html'>Je donnerai &lt;span&gt;le mardi 27 avril 2010&lt;/span&gt;&lt;span&gt;, à 16h30,&lt;/span&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;une conférence sur le thème "Cultures populaires, dominations sociales et pratiques politiques : A propos de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Retour à Reims&lt;/span&gt;", à l'UFR de Philosophie, sciences humaines et sociales de l'université d'Amiens. Pascal Depoorter, du département de sociologie, en sera le discutant.&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Université d'Amiens, Campus du Thil, Batiment E, salle 006, 27 avril 2010, 16h30-18h30).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7361117179517467243?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7361117179517467243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7361117179517467243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/03/cultures-populaires-domination-sociale.html' title='Cultures populaires, dominations sociales et pratiques politiques'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8795497941486618220</id><published>2010-03-14T19:23:00.007+01:00</published><updated>2010-04-02T11:19:02.029+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Séminaire à Lille sur "Retour à Reims"</title><content type='html'>A l'invitation du CERAPS et du Master de science politique de l'université de Lille 2, je présenterai &lt;i&gt;Retour à Reims &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;dans le cadre d'un séminaire qui se tiendra &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;le jeudi 1er avril, de 17h30 à 19h30.  &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;(Université de Lille 2, Place Déliot, Salle du CERAPS, 1er avril, 17h30-19h30, ouvert à tous). &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8795497941486618220?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8795497941486618220'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8795497941486618220'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/03/seminaire-lille-sur-retour-reims.html' title='Séminaire à Lille sur &quot;Retour à Reims&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' 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class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8500819275083206890?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8500819275083206890'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8500819275083206890'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/02/retour-sur-retour-reims-reims.html' title='RETOUR sur &quot;Retour à Reims&quot;... à REIMS'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' 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src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-4192951714583804463?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4192951714583804463'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4192951714583804463'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/01/entretien-paru-dans-regards.html' title='Entretien paru dans REGARDS'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-9051060603115328784</id><published>2010-01-12T18:13:00.007+01:00</published><updated>2010-03-20T15:32:42.874+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Les cadres politiques de l'identité sociale</title><content type='html'>A l'invitation du Département de science politique de l'université d'Amiens, du Master de science politique et de Symbiose, l'association des étudiants en science politique, je présenterai &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Retour à Reims&lt;/span&gt;, le mardi 9 février 2010, de 17h30 à 19h30, et reviendrai sur différents problèmes abordés dans ce livre :  classes sociales, déterminisme, vote, partis, mouvements, caractère multidimensionnel de la subjectivité politique, etc&lt;span style="font-style: italic;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;"&gt;(Département de science politique, Pôle universitaire Cathédrale, Amiens, 9 février 2010, 17h30-19h30, amphi Sraffa). &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-9051060603115328784?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/9051060603115328784'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/9051060603115328784'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/01/les-cadres-politiques-de-lidentite.html' title='Les cadres politiques de l&apos;identité sociale'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' 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style=""&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:georgia;font-size:100%;"  &gt;Dans le cadre du séminaire&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:georgia;font-size:100%;"  &gt; interdisciplinaire "Regards croisés sur le droit et le genre : (dé)construction et mobilisation de la norme juridique" (Lille 2 et Amiens), je donnerai une conférence sur le thème &lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:georgia;font-size:100%;"  &gt;: "Magie sociale et      violence symbolique : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Domination masculine&lt;/span&gt; revisitée", le mardi 26 janvier 2010 de 14h à 16h30.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(Lieu : CURAPP. Faculté de droit et de science politique. Pôle&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;universitaire Cathédrale, Amiens. Salle 209.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1416414076698830034?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1416414076698830034'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1416414076698830034'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2010/01/magie-sociale-et-violence-symbolique.html' title='Magie sociale et violence symbolique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8027770641540263892</id><published>2009-11-01T13:22:00.001+01:00</published><updated>2010-03-20T15:31:49.767+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Identités et trajectoires</title><content type='html'>L'Atelier de recherche "Sciences sociales et sexualités" de l'Ecole des hautes études en sciences sociales m'a invité, pour sa séance inaugurale, le lundi 23 novembre 2009, à présenter mon livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Retour à Reims&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Ma communication s'intitulera : "Identités et trajectoires : Les cadres politiques de la mémoire".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:78%;"&gt;(23 novembre 2009, EHESS, 105 bd Raspail, Paris 6ème, 1er étage, salle 2, de 17h à 19h. Ouvert à tous). &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8027770641540263892?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8027770641540263892'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8027770641540263892'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/11/identites-et-trajectoires.html' title='Identités et trajectoires'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7275646008880141220</id><published>2009-09-18T15:01:00.018+02:00</published><updated>2009-11-15T12:58:31.059+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>Retour à Reims</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/SrObNwvJDDI/AAAAAAAAABY/h6QTdH9Dbww/s1600-h/couv+Eribon.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 250px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/SrObNwvJDDI/AAAAAAAAABY/h6QTdH9Dbww/s400/couv+Eribon.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5382816640361106482" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ci-dessous, le texte qui figure au dos de la couverture de mon livre paru le 30 septembre 2009 chez Fayard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la mort de son père, Didier Eribon retrouve son milieu d’origine avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé. S’attachant à retracer l’histoire de sa famille et la vie de ses parents et grands-parents, évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son parcours d’ascension sociale, il mêle à chaque étape de son récit les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, les partis, la signification du vote, etc.&lt;br /&gt;Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, il s‘interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.&lt;br /&gt;Un grand livre de sociologie et de théorie critique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Didier Eribon est professeur à la Faculté de Philosophie, sciences humaines et sociales de l’université d’Amiens. Il a également enseigné à l’université de Berkeley (Etats-Unis).&lt;br /&gt;Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (Fayard, 1999), &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;Une morale du minoritaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;(Fayard, 2001), &lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (Leo Scheer, 2007), il a été le lauréat 2008 du prestigieux Brudner Prize décerné chaque année par l’université Yale.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7275646008880141220?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7275646008880141220'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7275646008880141220'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/09/retour-reims_1946.html' title='Retour à Reims'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/SrObNwvJDDI/AAAAAAAAABY/h6QTdH9Dbww/s72-c/couv+Eribon.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1614092448349972103</id><published>2009-08-29T12:23:00.003+02:00</published><updated>2009-08-29T15:13:14.356+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>L'usage de la parole</title><content type='html'>Dans le cadre du cycle sur "la parole" et la prise de parole au cinéma, je donnerai, le 22 octobre 2009 (à 19h), une conférence au Forum des images à Paris :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"L'usage de la parole, ou comment devient-on le sujet de la politique ?"&lt;a id="publishButton" class="cssButton" href="javascript:void(0)" target="" onclick="if (this.className.indexOf(&amp;quot;ubtn-disabled&amp;quot;) == -1) {var e = document['stuffform'].publish;(e.length) ? e[0].click() : e.click(); if (window.event) window.event.cancelBubble = true; return false;}"&gt;&lt;div class="cssButtonOuter"&gt;&lt;div class="cssButtonMiddle"&gt;&lt;div class="cssButtonInner"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1614092448349972103?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1614092448349972103'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1614092448349972103'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/08/lusage-de-la-parole.html' title='L&apos;usage de la parole'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-511227504338099622</id><published>2009-08-29T12:13:00.007+02:00</published><updated>2009-09-11T18:21:55.456+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Foucault à Barcelone</title><content type='html'>Je participerai, le 15 octobre 2009, au débat public organisé par l'Institut culturel français et la librairie La Central de Barcelone sur l'héritage de Foucault aujourd'hui, avec Juan Pastor Martín, professeur de philosophie à l'Université d'Oviedo et Miguel Morey, Professeur de philosophie à l'Université de Barcelone.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;(Librairie La Central, rue Mallorca 237, à 19h30).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-511227504338099622?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/511227504338099622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/511227504338099622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/08/foucault-barcelone.html' title='Foucault à Barcelone'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-393971094115558808</id><published>2009-08-28T11:05:00.007+02:00</published><updated>2009-08-30T09:28:52.417+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Le Corps politique</title><content type='html'>Dans le cadre des Rendez-vous de l'histoire qui se tiennent comme chaque année à Blois et dont le thème, pour cette édition, sera "Le corps dans tous ses états",  je donnerai le samedi 10 octobre 2009 à 14h une conférence sur le thème "Le corps politique".&lt;span style="font-style: italic;font-size:78%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(salle Lavoisier, Conseil général, 14h-15h).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-393971094115558808?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/393971094115558808'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/393971094115558808'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/08/le-corps-politique.html' title='Le Corps politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3424670297454233040</id><published>2009-05-01T13:07:00.001+02:00</published><updated>2009-06-14T12:54:17.077+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Foucault : Archives de l'infamie</title><content type='html'>A l'occasion de l'exposition "Archives de l'infamie. Michel Foucault, une collection imaginaire" qui se tiendra du 14 mai au  29 août 2009 à la Bibliothèque municipale de Lyon, un débat public aura lieu le 11 juin, avec deux intervenants, Paul Veyne et moi-même, sur Foucault et son héritage intellectuel et politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Bibliothèque municipale de Lyon, 30 bd Vivier-Merle, 11 juin 2009, 18h30).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3424670297454233040?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3424670297454233040'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3424670297454233040'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/04/sur-foucault.html' title='Foucault : Archives de l&apos;infamie'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8563665675680501332</id><published>2009-04-13T22:47:00.006+02:00</published><updated>2009-04-19T21:14:56.524+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Varia'/><title type='text'>Hommage à Eve Kosofsky Sedgwick</title><content type='html'>Eve Kosofsky Sedgwick est morte dans la nuit du 12 au 13 avril 2009. Le journal en ligne &lt;a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/bookclub/article/130409/hommage-a-eve-kosofsky-sedgwick"&gt;Mediapart &lt;/a&gt;publie deux interviews (de Judith Butler et moi-même) pour lui rendre hommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai également contribué à l'hommage collectif (&lt;a href="http://www.dukeupress.edu/books/EveSedgwick/DUPauthors.pdf"&gt;Duke University Press authors share their memories of Eve Kosofsky Sedgwick&lt;/a&gt;) que lui rendent les auteurs de la collection qu'elle dirigeait - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Series Q&lt;/span&gt; - dans cette maison d'édition (puisque c'est elle qui y publia la traduction anglaise de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/span&gt;, sous le titre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Insult and the Making of the Gay Self&lt;/span&gt;).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8563665675680501332?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8563665675680501332'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8563665675680501332'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/04/hommage-eve-kosofsky-sedgwick.html' title='Hommage à Eve Kosofsky Sedgwick'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8268657910908330044</id><published>2009-02-20T20:35:00.021+01:00</published><updated>2011-06-04T00:44:35.176+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Against Plagiarism'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Varia'/><title type='text'>Plagiarism and Linguistic Imperialism</title><content type='html'>&lt;div style="color: rgb(0, 0, 0); font-weight: bold;"&gt;I insisted, during my talk at the Queer Bonds Conference in Berkeley, on  the date of publication of my book&lt;i&gt; Une morale du minoritaire. Variations sur  un theme de Jean Genet &lt;/i&gt;(2001), and several people asked me why and what I  was alluding to. &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Here is the answer :  my book has been  plagiarized in the U.S. It's not just a question of my  references (Genet, Jouhandeau, Sartre...), the texts I comment on and my commentaries on them; in fact, my whole project -- my  framework, my ideas, my thought -- has been taken over.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;   &lt;div style="color: rgb(0, 0, 0); font-weight: bold;"&gt;I refered in this book to &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Genet  and Jouhandeau's&lt;/span&gt; reflections on shame and abjection &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;in order to construct&lt;/span&gt; a social  theory of subject formation &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;using  an approach to &lt;/span&gt; minoritarian subjectivities and modes of subjectivation  &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;that was &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; non&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;-&lt;/span&gt; and even &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;anti-&lt;/span&gt;psychoanalytic . All this has  been stolen &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;from&lt;/span&gt; me in a book  published in &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;the U.S.&lt;/span&gt; last  year (cf. David M. Halperin, &lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;What  do Gay Men Want?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, The University of Michigan Press, 2008), even though, I must add, &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;I found &lt;/span&gt;the way this "author" used  my framework to reflect on barebacking &lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;to be &lt;/span&gt;simply preposterous.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;This is a typical example of linguistic (and &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;U.S.&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;) imperialism : if a book has not been published in, or  translated into, English, it can be plagiarized very easily, since the language  of theory&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; today&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;, at an  international level, is English. &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Such &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;intellectual fraud is &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;revolting.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;One example : in my book, p. 120, I quote this opening sentence from Jouhandeau's &lt;span style="font-style: italic;"&gt;De l'abjection&lt;/span&gt; : "Je suis parfois de la part des hommes, des inconnus même, victime d'une incompréhension spontanée qui m'exile à la fin défintivement". And I comment on it : "Nous sommes en présence d'une analyse qu'on pourrait dire sociale (et non psychologique) de ce qui est constitutif de la subjectivité gay".&lt;br /&gt;In his book, Halperin quotes this same sentence by Jouhandeau, "I am sometimes the victim of an incomprehension, of a sponatneous aversion on the part of men, even of strangers, which ends by relegating me to permanent exile"... and he comments on it : "For Jouhandeau, abjection was a social concept rather than a psychological one" (p. 71).&lt;br /&gt;So, when, at the end of "his" book, he asserts that his "main argument" ("my main argument", he says!!!!!) is that "there exist countertraditions of reflection on queer subjectivity that are worthy of serious consideration and offer meaninful alternatives to psychology and psychonalaysis" (p. 97), he should have written : "Didier Eribon's main argument...", since this was actually and explicitly the main argument of my book (in 2001), as well as in my &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Echapper à la psychanalys&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;e &lt;/span&gt;(2005).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Trebuchet, 'Trebuchet MS', Arial, sans-serif; font-size: 15px; "&gt;&lt;div class="post-body entry-content" id="post-body-2392178811037260527" style="margin-top: 0px; margin-right: 6px; margin-bottom: 0px; margin-left: 5px; "&gt;&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;- Pour une mise au point plus détaillée, on peut se reporter à mon entretien paru le 26 mai 2011 sur le site du magazine français en ligne YAGG :&lt;/i&gt; &lt;a href="http://yagg.com/2011/05/26/affaire-de-plagiat-didier-eribon-rend-son-brudner-prize-de-luniversite-de-yale/" style="color: rgb(169, 80, 27); text-decoration: none; "&gt;http://yagg.com/2011/05/26/affaire-de-plagiat-didier-eribon-rend-son-brudner-prize-de-luniversite-de-yale/&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="clear: both; "&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="post-footer" style="padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 5px; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; color: rgb(111, 60, 27); font-size: 12px; "&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8268657910908330044?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8268657910908330044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8268657910908330044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/02/plagiarism-and-linguistic-imperialism.html' title='Plagiarism and Linguistic Imperialism'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3713265798222002592</id><published>2009-02-15T20:39:00.008+01:00</published><updated>2009-09-12T14:53:52.909+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Amiens'/><title type='text'>Le sujet de la politique</title><content type='html'>Première séance, mercredi 4 mars 2009, de mon séminaire annuel à l'Ecole doctorale d'Amiens. En raison du mouvement de lutte sous forme de "grève active" à l'université, il ne sera pas réservé aux seuls étudiants inscrits mais ouvert à tous ceux qui souhaitent y assister. Comme prévu, le thème en sera le suivant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;strong style="font-weight: bold;"&gt;Le sujet de la politique : mouvements sociaux, partis politiques et démocratie :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Au travers d'une relecture de quelques textes classiques (Marx, Weber, Michels, Durkheim,  Mauss, Simone Weil, Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Foucault, Wittig, Bourdieu...), nous réfléchirons sur la question du vote et sur celle des mobilisations collectives, sur le rôle des partis et sur la formation des opinions politiques, sur les identités sociales et leurs transformations, et, plus généralement, sur la constitution des individus et des groupes comme sujets de la politique, bref sur la définition et le fonctionnement de la démocratie dans les sociétés contemporaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Le mercredi 4 mars 2009, de 14h30 à 17h30, salle 313 du Pôle Cathédrale&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;. Les séances suivantes auront lieu le mercredi 18 mars, puis le 1er et le 15 avril, mêmes horaires,  salle à déterminer).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3713265798222002592?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3713265798222002592'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3713265798222002592'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2009/02/le-sujet-de-la-politique.html' title='Le sujet de la politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-9033017684475280496</id><published>2008-12-09T15:34:00.013+01:00</published><updated>2009-03-05T10:27:44.203+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><title type='text'>Queer Bonds</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Du 19 au 21 février 2009 se tiendra à Berkeley un colloque intitulé "Queer Bonds". Y participeront des enseignants de l'université de Californie - notamment de Berkeley et Santa-Cruz - parmi  lesquels Judith Butler, Leo Bersani, Teresa de Lauretis, Carla Freccero, Linda Williams, D.A. Miller, Whitney Davis, Kaja Silverman, Michael Lucey, etc. - ou d'autres universités américaines, telles que Heather Love (U. of Pennsylvania) et Elisabeth Povinelli (Columbia), ainsi que des invités étrangers : le psychanalyste britannique Adam Philips et moi-même. J'y présenterai une version remaniée de la conférence que j'ai donnée en avril 2008 au Yale Club de New York lorsque j'ai reçu le Brudner Prize (voir plus bas sur ce site) : "Haunted Lives : Aids and the Future of Our Past". &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Lors de ce séjour en Californie, je donnerai également une conférence ("Frames of Memory") à l'université de Californie à Santa-Cruz, le 18 décembre, à l'invitation du Center for Cultural Studies. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-9033017684475280496?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/9033017684475280496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/9033017684475280496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/12/queer-bonds.html' title='Queer Bonds'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-488740879357748386</id><published>2008-11-29T13:33:00.003+01:00</published><updated>2008-11-29T13:38:20.167+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la psychanalyse'/><title type='text'>Escapar del psicoanalisis</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STE3T-p2AlI/AAAAAAAAAAY/hkoCCoLi-Ao/s1600-h/PORT-Escapar+del.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 203px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STE3T-p2AlI/AAAAAAAAAAY/hkoCCoLi-Ao/s320/PORT-Escapar+del.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274057455003107922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;a href="http://www.ed-bellaterra.com/"&gt;Editions Bellaterra&lt;/a&gt; viennent de faire paraître la traduction en espagnol de mon livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Echapper à la psychanalyse&lt;/span&gt; paru en France en 2005 chez Leo Scheer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-488740879357748386?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/488740879357748386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/488740879357748386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/11/escapar-del-psicoanalisis.html' title='Escapar del psicoanalisis'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STE3T-p2AlI/AAAAAAAAAAY/hkoCCoLi-Ao/s72-c/PORT-Escapar+del.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6884462573400249257</id><published>2008-11-25T15:07:00.003+01:00</published><updated>2008-11-29T15:21:15.184+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la psychanalyse'/><title type='text'>Reflexoes sobre a questao gay</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STFNJFvQuRI/AAAAAAAAAAg/ko2wbu4NZ9w/s1600-h/fotogrd481759b823406.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 226px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STFNJFvQuRI/AAAAAAAAAAg/ko2wbu4NZ9w/s320/fotogrd481759b823406.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274081457182128402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La maison d'édition brésilienne &lt;a href="http://www.ciadefreud.com.br/catalogo_livro.php?livrosid=146"&gt;Compahnia de Freud &lt;/a&gt;vient de faire paraître en portugais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/span&gt; paru en France en 1999 chez Fayard.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6884462573400249257?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6884462573400249257'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6884462573400249257'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/11/reflexoes-sobre-questao-gay.html' title='Reflexoes sobre a questao gay'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STFNJFvQuRI/AAAAAAAAAAg/ko2wbu4NZ9w/s72-c/fotogrd481759b823406.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-1668070266989990736</id><published>2008-11-02T13:41:00.002+01:00</published><updated>2008-11-30T15:38:32.465+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>L'Enfant dissident</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt; Je donnerai le 10 décembre 2008, à 18h, une conférence à l'&lt;a href="http://www.ulb.ac.be/is/ags/DOCUMENTS/Eribon-12-08.pdf"&gt;Université libre de Bruxelles&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; Le titre en sera : &lt;/span&gt;"L'enfant dissident : Les cadres politiques de la subjectivité".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En voici le résumé :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Penser son passé individuel, c’est non seulement le réinterpréter, mais aussi le constituer comme tel, à partir des catégories de perception que nous offrent les mouvements politiques contemporains. L’enfant que chacun de nous a été, c’est l’enfant qui est créé par le regard que nous portons aujourd’hui sur le moment de notre socialisation et de notre apprentissage du monde et de ses hiérarchies. L’enfant gay ou « queer » est produit par les schèmes de pensée qui construisent le monde dans les termes de la sexualité, du genre, de la norme et de l’a-normalité. La quasi-disparition du marxisme dans le paysage culturel a fait passer au second plan les enfances de classe et les identités de classe. Et pourtant, les classes sociales continuent d’exister. Et si le passé est un effet performatif des discours actuels, peut-on imaginer de multiplier les perspectives, au lieu de les opposer les unes aux autres et d’avoir à choisir l’une contre l’autre ?&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(18h, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;bâtiment S, Salle Henri Janne&lt;br /&gt;Avenue Jeanne 44&lt;br /&gt;1050 Bruxelles&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-1668070266989990736?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1668070266989990736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/1668070266989990736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/10/lenfant-dissident.html' title='L&apos;Enfant dissident'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7295381933253611291</id><published>2008-11-01T17:50:00.002+01:00</published><updated>2008-11-29T14:18:21.956+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>68 et les droits de l'homme</title><content type='html'>Dans le cadre du cycle de conférences "Droits de l’homme et libertés publiques", organisé par Daniel Borrillo à l'université de Nanterre, j'interviendrai le 3 décembre sur le thème : "L'héritage de mai 68 et les droits de l'homme".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Faculté de droit, Université de Paris Ouest-Nanterre, salle 141, Bât. F., de 10H30 à 12H30)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7295381933253611291?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7295381933253611291'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7295381933253611291'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/11/68-et-les-droits-de-lhomme.html' title='68 et les droits de l&apos;homme'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-315363865709205104</id><published>2008-10-10T16:56:00.008+02:00</published><updated>2009-03-28T14:51:29.145+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Homosexualité et capitalisme</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je participerai le 15 novembre à la journée d'études "Normes et sexualités" organisée par Centre de recherches politiques de la Sorbonne, dans le cadre d'une série de rencontres sur Mai 68. Ma communication s'intitulera "Homosexualité et capitalisme : quelques annotations dans les marges d'une conférence de Marcuse sur ''Marxism and Feminism" ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Amphi Turgot, accès par la Cour d'honneur, 17 rue de la Sorbonne, de 10h30-12h30 et de 14h30 à 17h. J'interviendrai vers 12h).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-315363865709205104?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/315363865709205104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/315363865709205104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/10/homosexualit-et-capitalisme.html' title='Homosexualité et capitalisme'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3178423911914772367</id><published>2008-08-31T14:33:00.006+02:00</published><updated>2008-10-16T20:38:21.368+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><title type='text'>Le sujet de la politique</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je donnerai le 14 octobre à l'université de Liège une conférence dont le titre sera : "Le sujet de la politique : une critique démocratique de la démocratie".&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En voici le résumé :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les partis politiques tendent à organiser le temps de la politique autour des échéances électorales. Et à constituer le citoyen comme un simple électeur, qui donne sa voix à intervalles réguliers à des représentants auxquels il doit déléguer le soin de parler et d'agir à sa place. D'où la méfiance et même l'hostilité des responsables politiques à l'égard des prises de parole qui ne s'autorisent que d'elles-mêmes et des luttes sociales et des mouvements sociaux qui se développent selon leur temporalité propre. Le vote ne serait donc pas l'acte démocratique par excellence, mais le moment où les sujets politiques se voient dépossédés de leur droit à la parole. C'est sur ces mécanismes et sur les processus de subjectivation politique qui en sont à la fois la condition et les effets que je voudrais m'interroger.&lt;span style="font-size:100%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(18h30-20h, salle Lumière, Place du 20-août 7, 4000 Liège&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;). &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3178423911914772367?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3178423911914772367'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3178423911914772367'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/08/le-sujet-de-la-politique.html' title='Le sujet de la politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7679565745710246051</id><published>2008-06-16T12:38:00.006+02:00</published><updated>2009-03-28T14:57:09.753+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>L'union civile</title><content type='html'>Je participerai le mercredi 25 juin au colloque sur "&lt;a href="http://credof.u-paris10.fr/spip.php?article160"&gt;L'union civile&lt;/a&gt;" organisé par Eric Fassin et Daniel Borrillo à l'Ecole normale supérieure, 48 bd Jourdan, Paris 14e, Grande salle, de 10h à 18h.&lt;br /&gt;J'interviendrai dans la séance de l'après-midi (à partir de 15h). Le titre de ma conférence sera : "Inventer : réflexions sur la pluralité des pratiques de l'alliance et de la parenté".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7679565745710246051?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7679565745710246051'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7679565745710246051'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/06/l-union-civile.html' title='L&apos;union civile'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-3356915193095386880</id><published>2008-06-12T14:49:00.006+02:00</published><updated>2008-06-16T12:38:08.270+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>"Devenir gay au temps du sida"</title><content type='html'>A l'invitation de l'association Etudiants contre le sida, je serai à Lyon, le vendredi 13 juin, à 19h, pour un débat public sur le thème "Devenir gay au temps du sida" (dans la salle de réunion du café-lecture Les voraces, 2 rue Camille Jordan, Lyon 1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auparavant, je serai à la librairie Etat d'esprit (19 rue Royale, Lyon 1), pour une rencontre-signature, à partir de 17h30.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-3356915193095386880?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3356915193095386880'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/3356915193095386880'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/06/devenir-gay-au-temps-du-sida.html' title='&quot;Devenir gay au temps du sida&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-4068432531252415628</id><published>2008-05-29T22:55:00.004+02:00</published><updated>2008-06-01T17:39:08.102+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Le temps de la politique</title><content type='html'>Je donnerai le 11 juin, à 21h30, une conférence intitulée "Le temps de la politique : pour une critique démocratique de la démocratie", dans l'espace &lt;a href="http://bourdieuhommag.podemus.com/2008/05/233/"&gt;Pierre Bourdieu, un hommage &lt;/a&gt;sur &lt;a href="http://slurl.com/secondlife/Fairchang%20Paraiso/228/224/0?title=Pierre%20Bourdieu%20un%20hommage&amp;amp;img=http://kraken.art.site.voila.fr/bourdieusl.jpg"&gt;Second Life&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-4068432531252415628?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4068432531252415628'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4068432531252415628'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/05/le-temps-de-la-politique.html' title='Le temps de la politique'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5227966775568072389</id><published>2008-03-30T19:56:00.004+02:00</published><updated>2008-05-14T18:08:56.954+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Débat sur Foucault avec Paul Veyne</title><content type='html'>La librairie La Terrasse de Gutenberg, à Paris 12ème, organise le 5 juin 2008 à 18h un débat entre Paul Veyne et moi-même sur Foucault, sa pensée, son oeuvre, son héritage...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(5 juin, 18h, 9 rue Emilio Castelar, 75012 Paris, métro Ledru-Rollin).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5227966775568072389?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5227966775568072389'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5227966775568072389'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/04/dbat-sur-foucault-avec-paul-veyne.html' title='Débat sur Foucault avec Paul Veyne'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8424323185340845953</id><published>2008-03-29T15:42:00.001+01:00</published><updated>2008-05-02T14:53:56.607+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Que fabriquent donc les hommes entre eux ?</title><content type='html'>Je donnerai le 30 avril, à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Bourges, une conférence sur les différentes manières dont la mise en scène par Genet, dans ses romans et ses poèmes, de la sexualité des hommes entre eux fait vaciller les définitions et les normes de la masculinité ou de la domination du "principe masculin", qu'il ne cesse pourtant d'installer et de réinstaller, d'exalter et de ratifier. Ce qui m'amènera à me poser les questions suivantes : interroger les normes sexuelles suffit-il à défaire le pouvoir qu'elles exercent ? Et le pouvoir qu'elles exercent n'inclut-il pas, toujours et déjà, les contestations et les déstabilisations que la réalité des pratiques semble venir leur opposer ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8424323185340845953?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8424323185340845953'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8424323185340845953'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/04/que-fabriquent-donc-les-hommes-entre.html' title='Que fabriquent donc les hommes entre eux ?'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5526111713886337704</id><published>2008-03-02T00:23:00.001+01:00</published><updated>2008-06-01T16:03:56.930+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Varia'/><title type='text'>2008 James Robert Brudner Memorial Prize à Yale</title><content type='html'>Le &lt;a href="http://www.yale.edu/lesbiangay/homepage.html"&gt;James Robert Brudner Memorial Prize&lt;/a&gt;, décerné chaque année par l'université Yale pour récompenser une "contribution éminente, à l'échelle internationale, au champ des études gays et lesbiennes", m'a été attribué pour 2008.&lt;br /&gt;Je donnerai donc, en avril (le 9 à Yale et le 10 à New York, au Yale Club), les deux conférences publiques prévues à l'occasion de la remise du prix : la première portera sur l'enfance, la constitution du sujet minoritaire et le caractère performatif de la mémoire et s'intitulera "The Dissenting Child : A Political Theory of the Subject" ("L'enfant dissident : Une théorie politique du sujet") ; la seconde sur les effets de l'épidémie du sida sur la subjectivité gay s'intitulera "Haunted Lives : AIDS and the Future of Our Past" ("Vies hantées : le sida et l'avenir de notre passé").&lt;br /&gt;Pendant mon séjour, je donnerai également une conférence et un séminaire à la New School for Social Research, à NY, le 8 avril, à l'invitation des départements de philosophie et d'anthropologie, dans lesquels je revisiterai l'héritage critique des années 1960 et 1970 et mon livre &lt;em&gt;Echapper à la psychanalyse.&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-5526111713886337704?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5526111713886337704'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/5526111713886337704'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/12/2008-james-robert-brudner-memorial.html' title='2008 James Robert Brudner Memorial Prize à Yale'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6784040424739427523</id><published>2008-03-01T20:02:00.018+01:00</published><updated>2009-09-18T15:17:31.038+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>La biographie de Bourdieu (et la mienne), 1.</title><content type='html'>&lt;p  style="font-family:georgia;"&gt;Première partie.&lt;/p&gt;&lt;p  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ainsi donc une certaine Marie-Anne Lescourret (?) a entrepris de retracer la vie et &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;l’itinéraire i&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;ntellectuel de Pierre Bourdieu. N’ayant jamais entendu parler d’elle auparavant, j’i&lt;/span&gt;gnore ce qui la prédisposait à imaginer qu’elle pouvait se lancer dans un tel projet. Afin de convaincre, sans doute, l’éventuel lecteur de ses capacités, elle indique sur la couverture qu’elle est « titulaire d’une thèse (HDR) ». Il fallait qu’elle se sente bien peu légitime intellectuellement pour brandir ainsi ses diplômes. On plaint, certes, les étudiants dont elle a été habilitée à diriger les recherches, dans la mesure où elle ne sait visiblement pas diriger les siennes, ni même, d’ailleurs, en mener. Car cette (HDR) n’a entrepris aucun travail d’investigation, n’a consulté aucun - aucun ! - fonds d’archives, n’a cherché ni trouvé aucun document inédit… Elle n’a pas interrogé les témoins - à de très rares exceptions, et très superficiellement, sans rien tirer d’eux d’intéressant ou de neuf- et elle se contente donc de citer ce qu’elle a trouvé dans les ouvrages déjà parus. Par conséquent, l’écart entre le temps – et l’ennui – qu’exige la lecture de cet épais factum et le bénéfice quasi nul qu’on peut en retirer – et encore faudrait-il n’avoir pas déjà lu les textes qu’elle utilise, si bien qu’on se demande à qui s’adresse son livre - est si énorme qu’on se dit qu’il eût été mieux utilisé à relire Bourdieu, dont elle résume interminablement les livres, qu’elle expose comme si elle faisait un cours pour étudiants de première année (pour montrer qu’elle est digne de son HDR ?), sans omettre, bien sûr, de nous gratifier de ses commentaires à leur propos et de leur attribuer de bonnes et de mauvaises notes (c’est sans doute là qu’elle est la plus comique et la plus pathétique). Quant au style, n’en parlons pas ! C’est écrit avec la grâce d’un cheval de labour, et pensé - si toutefois le mot convient - de la même manière. La pesanteur tâcheronne du travail de cette auteure (appelons la T., pour signifier, sans avoir à le rappeler sans cesse, qu’elle a fait œuvre de tâcheronne) n’est hélas pas le défaut le plus rédhibitoire de son livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La méthode de T(HDR) est simple (peut-être par souci de grossir artificiellement son livre pour le faire correspondre au titre de la collection : « Grande biographie » - mais, en l’occurrence, « grosse » eût mieux convenu) : chaque fois que Bourdieu s’apprête à entrer dans une institution, elle nous raconte longuement, très longuement l’histoire de celle-ci (depuis le XIXe siècle pour l’Ecole normale supérieure et même depuis le Moyen-âge pour l’université de Lille … On a souvent envie de crier grâce !). Ce qui ne réussit pourtant pas à masquer que, après cela, elle n’a quasiment rien à dire sur Bourdieu dans l’institution qu’elle vient de décrire si ce n’est ce qu’il en a dit lui-même dans les interviews réunies dans ses différents volumes, ou ce qu’en ont dit quelques autres personnes dans les volumes d’hommage publiés après sa mort. Bref, tout cela était déjà disponible et l’on n’apprend rigoureusement rien. Le sommet est atteint quand elle évoque la naissance de la sociologie : pas moins de 20 pages de fiches scolaires sur Comte, Durkheim, Weber… On se demande si elle a reçu un dictionnaire des sciences sociales pour Noël, ou si c’est l’effet Wikipedia. Toujours est-il que c’est tout simplement ridicule.&lt;br /&gt;Quand T(HDR) n’a pas trouvé l’information nécessaire à son récit dans les documents publiés (c’est-à-dire la plupart du temps), elle n’a jamais fait l’effort d’interroger les gens qui pouvaient les détenir ou de consulter les archives (sans parler même d’en constituer avec des documents qu’auraient pu lui fournir diverses personnes). T(HDR) avoue par exemple qu’elle ne sait pas où, ni comment, Bourdieu a connu Jérôme Lindon, le directeur des éditions de Minuit. Et donc elle décrit l’escalier de la maison d’édition, le bureau de l’éditeur… Même chose sur leur rupture : « Ils n’ont pas été expansifs » à ce sujet, écrit-elle. Ils le furent pourtant (il existe toute une correspondance entre eux, et ils en parlèrent beaucoup, l’un et l’autre, à un certain nombre de gens). Mais comme rien ne figure dans des interviews ou déclarations publiques, T(HDR) nous dit qu’on ne sait pas ce qui s’est passé, ce qu’il faut traduire : « Je ne sais pas et n’ai pas essayé de savoir ». C’est se moquer du monde (surtout de ceux qui auront déboursé 27 euros pour acheter ça !). &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il en va de même avec la période "algérienne" de Bourdieu. Elle nous donne un long résumé de l'histoire de la guerre dAlgérie (les dates, les événements...)... Mais sur Bourdieu en Algérie, elle n'a quasiment rien à nous dire. Et tout le livre est de la même veine... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;span style=";font-family:georgia;font-size:130%;"  &gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Entre les descriptions d’institutions et les laborieux résumés d’ouvrages, qui occupent la quasi-totalité du livre, il ne reste pas beaucoup de place pour des informations nouvelles, des éléments ou des éclairages nouveaux. Et même ce peu de place est occupé soit par des banalités et des platitudes, soit par des affirmations fausses, approximatives, imprécises, incertaines, incohérentes, contradictoires entre elles, et souvent même saugrenues. Le problème, en effet, c'est qu'elle est totalement étrangère à son sujet, au monde, aux gens dont elle parle. Ce qui fait aussi, évidemment, qu’elle nous donne un livre sans âme, sans chair, en extériorité lointaine et totale avec l’histoire qu’elle prétend raconter et avec ses protagonistes : car en se bornant, par exemple, pour évoquer les rapports de Bourdieu avec Foucault ou Derrida, à citer ce qui figure dans les textes publiés, elle échoue complètement à nous donner des récits plus complexes et des descriptions plus profondes. Sans doute tout ce que Bourdieu pouvait énoncer à tel ou tel moment sur telle ou telle personne au cours de conversations privées ne représente-t-il pas nécessairement une vérité plus authentique que ce qu’il a déclaré publiquement. Mais c’est le rapprochement et la confrontation des deux registres qui aurait permis de cerner ce qu’avaient été la réalité de ces rapports (et d’ajouter nombre d’éléments et d’indications qui ne figurent pas dans les livres, articles ou entretiens). Encore fallait-il se donner la peine de reconstituer ces différents niveaux au lieu de citer paresseusement les interviews. Elle rate donc complètement les relations de Bourdieu à Lévi-Strauss (qu’elle n’a pas interrogé), à Althusser, à Foucault, à Derrida et à tant d 'autres (dont elle n’a pas consulté les archives), etc., etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait un livre plus gros encore que le sien pour recenser ses erreurs et ses bévues et pour les rectifier. Erreur par exemple, quand elle affirme que le petit livre de Bourdieu sur la télévision eut pour origine une émission qu’il avait imaginée pour la chaîne Paris-Première, et dans laquelle, lui reproche-t-elle, il tenait à parler sans contradicteur. Outre qu’on ne voit pas en quoi il serait condamnable de vouloir exposer sa pensée sans « contradicteur » (comme à de très nombreuses reprises dans son livre, T(HDR) répète ici sans le signaler ce qu’elle a trouvé dans le dossier de presse, en l’occurrence une infamie de Françoise Giroud parue dans &lt;em&gt;Le Nouvel observateur&lt;/em&gt;), c’est tout simplement faux. Il s’agissait en réalité d’une initiative du Collège de France, qui voulait constituer une sorte de fonds d’archives orales, par le moyen d’une série où les professeurs prononceraient chacun une conférence filmée (Vernant avait précédé Bourdieu dans la série, et personne ne songerait à lui reprocher d’avoir parlé sans contradicteur dans un dispositif pourtant identique !). Erreur encore quand elle prétend (et répète plusieurs fois) que le dernier livre - posthume - de Bourdieu n’était qu’un ensemble de notes non destinées à la publication, alors que tout le monde sait désormais, ou devrait savoir, qu’il s’agissait d’un manuscrit achevé (il suffit d’ouvrir le livre pour s’en rendre compte) qu’il avait envoyé un mois avant sa mort à son éditeur allemand. Je vais revenir sur ce point. Pour l’instant, soulignons simplement que cette erreur grossière s’ajoute à celles – innombrables – dont son texte est truffé, mais l’on se demande pourquoi elle éprouve le besoin de réaffirmer de manière itérative des informations fausses, comme si les ressasser suffisait à les rendre vraies. Erreur toujours quand elle affirme – là aussi, à plusieurs reprises – que c’est à l’initiative de Lévi-Strauss que Bourdieu est entré au Collège de France… C'est totalement faux. Lévi-Strauss avait certainement mentionné le Collège de France comme un avenir possible pour Bourdieu à l’époque où ils se fréquentaient, dans les années 1960 (là aussi, le récit de T(HDR) sur cette période ne présente strictement aucun intérêt, alors qu’il eût pu, qu’il eût dû être passionnant). Mais quand, bien des années après, Bourdieu sera effectivement candidat, les distances entre eux seront devenues telles qu’il est bien évident que Lévi-Strauss n’eut aucune part dans ce processus. A-t-il même voté pour lui ? Il aurait fallu qu'elle pose la question à Lévi-Strauss. Elle aurait sans doute été surpise par la réponse.&lt;br /&gt;Sur cette élection au Collège de France, d’ailleurs, elle ne sait quasiment rien si ce n’est qu’André Miquel présenta officiellement le candidat. Mais qui l’a soutenu ? Elle se contente de rapporter une rumeur selon laquelle il aurait été « élu par les scientifiques ». Cela signifie-t-il que Foucault, Vernant, Veyne, Duby, Boulez… n’ont pas voté pour lui ? Mystère. Elle ne se pose même pas la question. Cela ne manquait pourtant pas d'intérêt! Elle donne le résultat du vote (22 contre 10 à Alain Touraine, dit-elle), mais ces chiffres… sont inexacts (elle ne donne jamais d’informations, mais quand elle en donne, elles sont fausses, car elle n’a pas consulté les archives !).&lt;br /&gt;On trouve également des phrases saugrenues dans le livre de T(HDR), qui en disent long sur sa manière de travailler. Un exemple (entre tant d'autres que j’aurais pu choisir, car cette biographie est un vrai festival en la matière) : elle évoque (p. 331) « la remarque des &lt;em&gt;Méditations pascaliennes&lt;/em&gt; dans laquelle Bourdieu moque l’affrontement en 68 de Deleuze et Foucault ». Comme on se demande de quel affrontement il s’agit, on se reporte aux &lt;em&gt;Méditations pascaliennes&lt;/em&gt; pour vérifier ce qu’a écrit Bourdieu à ce propos. Voici : « Il faudra le choc de 1968 pour que les philosophes formés dans les khâgnes des années 1945 (Deleuze et Foucault notamment), s’affrontent, mais seulement sur un mode hautement sublimé, au problème du pouvoir et de la politique » (p. 57). Bref, Deleuze et Foucault ne sont pas affrontés, ils se sont affrontés tous deux au problème du pouvoir. Pauvre T(HDR) [HDR ? vraiment ? Le niveau baisse !]. Donc, non seulement elle ne fait que recopier des textes, mais elle n’est pas même capable de le faire correctement.&lt;br /&gt;Ce que l’on constate également quand elle décrit Bourdieu accueillant la Gay Pride en 1996, Place de la Nation : « Il est encore là, sur le podium dressé place de la Nation, le 22 juin 1996 ». Mais non, il n’était pas là ! Il avait simplement transmis un texte qui fut lu par les organisateurs (ces derniers m’avaient demandé de le solliciter, il accepta et il me communiqua une petite déclaration que je leur transmis). D’ailleurs, ce texte, reproduit dans &lt;em&gt;Interventions&lt;/em&gt;, commence ainsi « J’aurais voulu être là ce soir et vous dire mon soutien… ». C'est la formule qu'il employait toujours quand il adressait un texte de soutien à un événement auquel il n'était pas présent. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant une telle absence de sérieux, on en vient tout simplement à se demander comment il a été possible qu'un éditeur publie un livre pareil (si on peut appeler ça un livre!).&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;p face="georgia"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Suite de ce texte dans "&lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne_14.html"&gt;La biographie de Bourdieu (et la mienne), 2&lt;/a&gt;".&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6784040424739427523?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6784040424739427523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6784040424739427523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne.html' title='La biographie de Bourdieu (et la mienne), 1.'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2594508127470048037</id><published>2008-03-01T17:46:00.042+01:00</published><updated>2011-06-17T09:52:17.241+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>La biographie de Bourdieu (et la mienne), 2.</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Suite de &lt;/span&gt;&lt;a style="font-family: georgia;" href="http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne.html"&gt;La biographie de Bourdieu (et la mienne)&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:georgia;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" &gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 130%;"&gt;Comme elle n'a pas fait d'enquête, et qu'elle ne sait donc pas grand chose de ce dont elle tient néanmoins à parler, T(HDR) s'en remet à ce qu'elle a entendu dire, à des rumeurs, à des ragots, ou à ce qui lui ont suggéré quelques personnes, dont l'avis pourtant devrait être sujet à caution. Et ces biais personnels l’amènent très - trop - souvent à accepter et essayer d’imposer des perceptions déformantes et tendancieuses de la réalité. Lorsqu’elle évoque le rapport de Bourdieu aux philosophes contemporains, elle s'arrange (et c'est l’enjeu de toute la construction de son chapitre) pour accorder une place aussi importante à Bouveresse qu’à Foucault et Derrida. Ce qui est tout simplement grotesque. A quelques pages d’intervalle, elle nous dit que Bouveresse fut élu au Collège de France contre Derrida, ce qui est faux ; ensuite, que Bourdieu, après avoir fait entrer Bouveresse au Collège, envisageait d’y faire entrer Derrida, mais qu’il n’en eut pas le temps, ce qui est faux également. De surcroît, ces deux erreurs sont contradictoires entre elles : veut-elle dire que Bourdieu a présenté Bouveresse contre Derrida, avant d’envisager de présenter Derrida en dépit de l’hostilité que Bouveresse n’aurait pas manqué de manifester ? Cela ne tient pas debout (de telles incohérences pullulent dans son livre, sans que, visiblement, elle en ait conscience). En fait, l’histoire est fort différente et fort simple. La voici : Bourdieu avait décidé de tout tenter pour faire entrer Derrida au Collège de France. Il savait qu’il se heurterait à une opposition violente, qui risquait d’empêcher le projet d’aboutir. Il eut alors l’idée de présenter en même temps Derrida et Bouveresse, en faisant valoir à ses collègues qu’il était important que les deux tendances opposées de la philosophie contemporaine soient représentées dans cette institution où avaient enseigné auparavant et Foucault et Vuillemin. La cabbale se déchaîna néanmoins contre Derrida, au point que Bourdieu ne put même pas présenter la candidature de ce dernier. En revanche, le processus enclenché en faveur de Bouveresse ne rencontra aucune opposition (il ne dérange personne, en effet) et celui-ci fut aisément élu. Bourdieu en conçut beaucoup d’amertume. Il fut même assez furieux de cet échec (« Je me suis vraiment fait avoir comme un con », ne cessait-il de me répéter à cette époque). Et il se sentait triste, désolé de n’avoir réussi à faire élire Derrida. Car il n’avait assurément pas pour Bouveresse la même estime que pour Derrida (loin s'en faut, et cela devrait aller sans dire), malgré tout ce dont essaient de nous convaincre des versions intéressées des faits (que reprend T(HDR), traductrice de textes de Wittgenstein et qui écrit des pages et des pages empreintes d’une admiration béate à l’égard de Bouveresse – on a les admirations qu’on mérite !). En fait, le Collège de France était en train de changer, et l’élection de Bouveresse inaugura une série d’élections qui le démontreront par la suite : Foucault n’y serait plus élu aujourd’hui, ni Bourdieu, et l’institution qui refusait Derrida au moment où elle accueillait Bouveresse sans difficulté allait, dans les années suivantes, choisir des gens comme Pierre Rosanvallon ou Antoine Compagnon, c’est-à-dire tout ce qui incarne la morne et conservatrice routine universitaire contre l’invention intellectuelle. Et selon un fort classique effet boule de neige, la &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 21px;"&gt;médiocrité&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 130%;"&gt; conservatrice engendrant une médiocrité plus grande encore et un &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 21px;"&gt;conservatisme&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 130%;"&gt; tout aussi marqué, Bouveresse allait faire élire, &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 21px;"&gt;pour&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 130%;"&gt; lui succéder, une certaine Claudine Tiercelin, qui se caractérise avant tout par son absence d'oeuvre et son absence d'aura, mais dont on peut imaginer qu'elle fera tout pour faire régner l'ordre "analytique" dans les institutions françaises contre les héritiers de la pensée critique. Et quand on pense que tout ceci a pu se présenter, pendant un temps - mais aujourd'hui, les masques tombent -  comme inspiré par une fidélité à Bourdieu, il y a vraiment de quoi rire, ou plutôt de quoi pleurer. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;Donc, le récit de T(HDR) ici comme ailleurs, est largement fautif. Bourdieu était souvent agacé, exaspéré même, par ce qu’il appelait le « ressentiment », qu'il jugeait pesant et pénible, de Bouveresse. Mais il utilisait cyniquement sa relation avec lui pour déjouer les attaques qui visaient ce que d’aucuns dénonçaient comme son rejet de la philosophie (il ne faisait pas mystère de ce cynisme). Il est vrai que Bourdieu s’est rapproché de Bouveresse, après cette élection, mais infiniment moins que Bouveresse ne l’aurait souhaité et surtout qu'il ne voudrait le laisser croire aujourd'hui. Mais cela relevait, chez Bourdieu - plus consciemment qu'inconsciemment d'ailleurs - d'une stratégie liée à des effets de concurrence dans le champ intellectuel. Car Bourdieu était hanté par la figure de Derrida, et beaucoup de ses propos sur la philosophie et de ses choix apparents dans ce domaine ne s'expliquent que par ce rapport plus souterrain mais plus fondamental que ceux qu'il essayait de donner à voir pour mieux masquer la vérité, avec celui que, au fond, il considérait sans doute comme son seul égal et son seul rival, et qui était en tout cas son interlocuteur à la fois privilégié et dénié (il m'a dit un jour : "Il y a toujours quelqu'un dans sa propre génération qu'on considère depuis le début comme son rival"... avant de nommer le sien, et, bien sûr, c'était Derrida... Il suffit de lire l'annexe de &lt;em&gt;La Distinction&lt;/em&gt; sur l'esthétique kantienne pour s'en apercevoir!). Le rapprochement superficiel et insincère avec Bouveresse ne prend sens que comme un effet de champ et comme un moment dans la dialectique complexe de la reconnaissance essentielle qu'il accordait à Derrida et de la concurrence de chaque instant qui l'opposait à lui. A l'inverse, Bourdieu savait bien que l'oeuvre de Bouveresse n'était en rien créatrice - et qu'elle était même en grande partie uniquement réactive. Et que Bouveresse, au fond, n'était bourdieusien que par ressentiment. Et il s’étonnait que son élection au Collège, loin d’avoir calmé ce ressentiment, l’ait au contraire décuplé, comme en témoignent d'un côté ses attaques itératives et teintées d'anti-intellectualisme contre Derrida, Foucault ou Deleuze et, de l'autre, ses vitupérations obsessionnelles contre le journalisme. Bourdieu trouvait bien suspectes, et gênantes, ces litanies, même s'il lui arrivait parfois de s'y laisser lui-même aller (mais le registre n'était pas le même). Vous pouvez donner n’importe quel sujet à Bouveresse : il consacre quelques lignes au sujet donné, puis s’en prend à Derrida ou à la presse. Même quand il prononça l’éloge rituel de Bourdieu au Collège de France après sa mort (disponible en ligne sur le site du Collège), il ne put se retenir de parler, dès le deuxième paragraphe, de la critique par Bourdieu du journalisme et, surtout, de ne plus parler de rien d'autre jusqu’à la fin de son texte (partageant ainsi la vision que nombre de journalistes donnèrent à ce moment-là de Bourdieu et qui consistait à réduire son œuvre à sa critique du journalisme.). Ce qui n’empêche nullement Bouveresse d’accourir dès qu’un journal le sollicite (il a même participé au haïssable dossier « La grande lessive intellectuelle » du &lt;em&gt;Nouvel Observateur&lt;/em&gt;, en 1986, concocté par Furet, Ozouf et Julliard et dont la cible principale n'était autre pourtant, de manière évidente et d'ailleurs explicite, que Bourdieu lui-même). On a souvent l’impression que le rêve le plus cher de Bouveresse serait d’être célébré par tous les journaux qui l'intervieweraient en le présentant comme « ce philosophe austère qui construit une œuvre à l’écart des médias… ». Invité récemment à s’exprimer sur la « révolution conservatrice » dans &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, Bouveresse accuse dès le début, et tout au long, de son article… les critiques littéraires qui ne lisent pas les livres ! Sans vouloir défendre les critiques littéraires, qui ont certes beaucoup de défauts, on se demande s’il n’y avait pas des paramètres plus déterminants à prendre en considération pour analyser les mécanismes du glissement néo-conservateur en France au cours des trente dernières années. Par exemple, les liens qu’entretiennent certains universitaires français avec les néo-conservateurs américains, comme c’est d’ailleurs le cas de Bouveresse lui-même. Un de ses livres a été traduit aux Etats-Unis dans la collection New French Thought, dirigée par Mark Lilla et Thomas Pavel – le livre est postfacé par Vincent Descombes, idéologue du Centre Raymond Aron dont la cible permanente est « l’intellectuel critique », ce qui explique sa proximité avec Bouveresse qui écrit depuis près de 30 ans contre les mêmes intellectuels engagés. Cette collection (lancée pour publier Gauchet, Ferry, Renaut… et Bouveresse... quelle liste !) intéressa si peu de monde qu’elle s’arrêta au bout de quelques titres. Mais Bouveresse continue d’inviter Pavel au Collège de France et Descombes à son séminaire. Elle est là, la révolution conservatrice! Non seulement dans la restauration d'une plate orthodoxie et d'un triste conformisme philosophiques contre les représentants éminents de la pensée critique, mais aussi dans cette manière de faire alliance – sous couvert d'une prétendue rigueur scientifique commune – avec des universitaires de droite contre les intellectuels de gauche ! Elle est là, encore, la révolution conservatrice : dans cette façon de se réclamer d'une proximité - factice - avec Bourdieu afin de dénaturer son héritage en le mêlant et l'intégrant aux ressassements de la pensée réactionnaire d'aujourd'hui. Par conséquent, il n’était certainement pas la personne la mieux placée pour décrire la révolution conservatrice, si ce n’est comme un des protagonistes de celle-ci. Bourdieu savait parfaitement tout cela et ne mâchait pas ses mots quand il en parlait (parfois, il faisait mine de le justifier en ces termes : « Il déteste tellement Derrida et Foucault qu’il est prêt à passer toutes les alliances pour lutter contre leur influence » ; ou bien, plus prosaïquement : « Il ferait n’importe quoi pour être connu à l’étranger » ).&lt;br /&gt;Mais l'enjeu allait s'avérer bien plus grave&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt; : car il allait bientôt s'agir - et, donc, il s'agissait depuis le début - du devenir politique de l'oeuvre de Bourdieu dans la mesure où ce qui n'était qu'un ensemble de stratégies dont il avait cru pouvoir contrôler et maîtriser les effets de son vivant, ne pouvait que lui&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt; échapper après sa mort. Et cela a ouvert la voie à des dévoiements sinistres de la part de gens qu'il aura ainsi autorisés à se revendiquer de lui et qu'il devient urgent de combattre comme des adversaires intellectuels et politiques si l'on veut continuer à faire vivre l'inspiration critique et radicale qui anime tout ce qu'il a produit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les biais "bouveressiens" de T(HDR) expliquent aussi les quelques brefs passages qu’elle me consacre, tous traversés d’une animosité si hargneuse que je me suis demandé quelle pouvait bien en être la motivation, jusqu’à ce que j’arrive à ces pages cocasses sur Bouveresse (car je suis le seul à qui elle réserve une telle acrimonie : quand un ancien disciple de Bourdieu éructe des propos presque haineux dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; le jour de la mort de Bourdieu, elle s’empresse de l’excuser : c'est parce qu'il apprenait sa mort en même temps qu’on lui demandait d’y réagir. Elle aurait pu dire l'inverse : c'est précisément parce qu'il apprenait la mort de Bourdieu au moment même où on lui demandait d'y réagir que cet ex-disciple, certes devenu un idéologue religieux écrivant contre l'avortement tout en essayant de se faire passer pour un penseur de gauche, aurait dû laisser de côté sa rancoeur et son ressentiment pour réagir simplement avec émotion. Mais non... Toujours est-il que la bienveillance que lui exprime bizarrement T(HDR) dans son style inimitable d’institutrice accordant son indulgence à un mauvais élève ne s’applique pas à moi, et il faut donc qu’il y ait quelque raison pour que je sois l’unique objet de sa vindicte. Et cette raison est simple à trouver : de même qu’elle répète la version de Bouveresse en ce qui concerne le Collège de France, de même elle reprend ce qu’il radote depuis plusieurs années sur le fait que j’ai publié, à la mort de Bourdieu, un extrait d’un texte encore inédit. Elle écrit donc que Bourdieu m’a communiqué « certaines pages » de son manuscrit et que je les ai publiées « sans en aviser le fils et la femme du sociologue ». Et ajoute : « A la suite de cette publication, les héritiers décidèrent de publier la totalité du texte ». Plus loin elle redit encore qu’il s’agissait d’esquisses diverses et non d’un livre destiné à la publication. Lui est-il donc impossible d’écrire trois phrases sans proférer quatre ou cinq erreurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Ce n’est pas parce que j’ai publié un extrait de ce livre que les héritiers de Bourdieu ont décidé de le publier. D’où tire-t-elle ses informations ? Et pourquoi la famille aurait-elle décidé de faire paraître un livre de 150 pages pour la seule raison que j'en avais publié sept ou huit feuillets ? Et pourquoi, également, aurait-elle décidé de le publier d'abord en Allemagne parce qu'un extrait en avait été donné dans un journal français? Les passages que T(HDR) cite d’un entretien du fils aîné de Bourdieu dans &lt;em&gt;Libération &lt;/em&gt;au moment de la parution en français du livre disent d’ailleurs le contraire de ce qu’elle affirme, sans qu’elle semble se soucier de cette contradiction (cf. la p. 18 de son factum). Et surtout, la présentation de l'éditeur du volume français (il s'agit donc du fils aîné de Pierre Bourdieu) dit explicitement que Bourdieu avait terminé ce livre peu de temps avant sa mort et qu'il l'avait envoyé à son éditeur allemand. Que Lescourret ne sache pas lire les textes qu'elle a sous les yeux, c'est dommage pour elle (et pour ceux qui iraient chercher des informations dans son livre), mais l'on se demande pourquoi elle s'est mise en tête d'écrire une biographie si c'est pour raconter tant d'inepties qui sont démenties par les documents disponibles.&lt;br /&gt;2) « Sans avoir avisé… ». C’est faux. J’en avais informé le fils aîné de Pierre Bourdieu et il m’avait répondu : « Etant donné ce qu’étaient vos liens avec mon père, vous pouvez évidemment vous le permettre », même s’il a affirmé par la suite ne pas s’en souvenir- ce que, d’ailleurs, je veux bien concevoir, puisqu’il était alors dans la douleur de la perte de son père.&lt;br /&gt;3) Bourdieu ne m’a pas communiqué « certaines pages » : il m’a communiqué le manuscrit intégral, quasi terminé - et dont nous parlions déjà depuis plusieurs mois -, pour que je lui fasse part, selon nos vieilles habitudes, de mes remarques, critiques, suggestions… Je lui ai renvoyé le texte quelques jours plus tard, avec nombre d’annotations (je tiens à la disposition de qui voudra vérifier ce que j’affirme, tous les documents que je mentionne ici), et nous en avons parlé, longuement, au cours d’une série de conversations téléphoniques (j’en ai raconté quelques-unes dans mon journal de l’année 2004 - &lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2008/01/bourdieu-et-lesquisse-pour-une-auto.html"&gt;voir plus bas sur ce site&lt;/a&gt;). Il a opéré un certain nombre de modifications en suivant mes remarques et a envoyé son manuscrit à son éditeur allemand le 15 ou 16 décembre 2001. La couverture du livre - elle était rouge - figura dès ce moment-là sur le site de Suhrkamp qui en annonçait la parution pour avril 2002 (j’avais imprimé cette page à l’époque, mais il y manque cependant la couleur). Le titre en était alors &lt;em&gt;Bourdieu über Bourdieu&lt;/em&gt;, car il devait s’intégrer, comme me l’expliqua Bourdieu, dans une collection où il y avait déjà, c’est l’exemple qu’il avait pris, un &lt;em&gt;Elias über Elias&lt;/em&gt;. Prétendre qu’il s’agissait d’esquisses éparses que Bourdieu n’entendait pas publier est donc une erreur monumentale. Ou plutôt, désormais, un mensonge délibéré, dans la mesure où j’ai déjà raconté toute cette histoire, et que T(HDR) aurait dû en tenir compte (ma version des faits est, dans toute cette histoire, la seule à être parfaitement exacte et à n’avoir jamais varié et elle est d’ailleurs, aujourd’hui, acceptée par tout le monde, fût-ce de manière seulement implicite dans la mesure où ceux qui avaient raconté des bêtises à l’époque n’ont pas toujours le courage de le reconnaître, et ils reprennent tout ce que j’avais dit - contre ce qu’ils disaient - mais sans avouer qu’ils s’étaient trompés ou qu'ils ne savaient rien).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout imbue de son ignorance de ce que tout le monde sait aujourd'hui, cette pauvre T(HDR ) se fait vipérine - elle n'a pas de talent, mais elle a du venin, et il faudrait donc l'appeler TV(HDR) - pour s'étonner que Bourdieu ait communiqué un texte dont, selon elle, il ne voulait pas qu’il paraisse à un « journaliste - fût-il devenu philosophe depuis…». Là encore, tout est faux : d’une part, comme je viens de le dire, Pierre Bourdieu voulait que son texte paraisse, puisqu’il était sur le point de l'envoyer à son éditeur allemand quand il me l'a communiqué - et l'avait envoyé depuis plus d'un mois à cet éditeur quand j'en ai publié un extrait - , et d’autre part, cela faisait déjà fort longtemps que je n’étais plus "journaliste" à ce moment-là et que je m'étais lancé dans une autre carrière professionnelle.&lt;br /&gt;De toute façon, même si je l’avais encore été, ça n’aurait pas été en tant que " journaliste" que Bourdieu m’aurait fait lire le manuscrit de son livre. Mais parce qu’il me faisait lire quasiment tout ce qu’il écrivait, en me demandant mon avis. Il savait que, contrairement à ses élèves, qui se contentaient de lui dire « c’est magnifique » - il m’a confié que c’est ce que lui avaient dit deux des quatre personnes à qui il avait communiqué &lt;em&gt;L’Esquisse,&lt;/em&gt; en soulignant que ça ne l’aidait pas beaucoup - je n’hésitais jamais à lui dire ce que je pensais et à lui adresser d’intransigeantes critiques.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;Reste une question : tout le monde a répété (sans l’avoir vu) que, sur le manuscrit que Bourdieu m’a envoyé par courrier électronique, il était indiqué « Ne pas faire circuler » (ce que T(HDR) se fait un devoir de rappeler, bien entendu). C’est exact. Comme il l’envoyait par courrier électronique, et que l’on sait qu’il suffit d’un clic pour transférer un message, il avait tenu à inscrire cette mention. Ce qui allait d’ailleurs de soi : je n’ai pas « fait circuler » ce texte – je ne l’ai fait lire à personne et même n’en ai parlé à personne – et n’en ai évidemment publié aucun extrait, pas plus que je n’avais fait circuler les manuscrits qu’il m’avait auparavant communiqués (les esquisses successives de la longue introduction à &lt;em&gt;Homo Academicus&lt;/em&gt; en 1984, les cinq ou six versions de &lt;em&gt;Méditations pascaliennes&lt;/em&gt;, entre 1993 et 1997, ou le texte en cours de rédaction de &lt;em&gt;La Domination masculine,&lt;/em&gt; etc.). Et je n’aurais évidemment pas publié un extrait de &lt;em&gt;L’Esquisse &lt;/em&gt;- qui n’était plus à ce stade, quand j'en ai publié quelques pages, un livre qu’il ne fallait pas « faire circuler », puisqu’il était destiné à paraître en Allemagne deux mois plus tard - s’il ne s’était produit cet événement fort triste, mais qui changeait la situation : Bourdieu est mort. Et quand Jérome Garcin, responsable des pages littéraire du &lt;em&gt;Nouvel observateur&lt;/em&gt;, m’a téléphoné pour me demander (je venais tout juste d’apprendre la nouvelle, en écoutant les messages sur mon répondeur téléphonique au début de la matinée) si je pouvais faire un article sur Bourdieu, j’ai dit oui. Je me suis mis à l’écrire. J’eus beaucoup de mal, car j’étais très abattu, et même détruit par la disparition de quelqu’un à qui ma vie était liée depuis 22 ans. Au moment de l’envoyer par courrier électronique à Jérôme Garcin, j’y ai joint, par une sorte d'impulsion non réfléchie mais comme si cela s'imposait à moi sous l'effet d'un sentiment d'évidente nécessité, des extraits de &lt;em&gt;L’Esquisse.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Quand le journal parut (le lendemain des obsèques de Bourdieu auxquelles j’avais assisté avec une trentaine d’autres personnes, après que la famille, qui avait d’abord choisi de les tenir dans la stricte intimité familiale, ne se fût ravisée et y eût convié un petit nombre de proches), mon article et cet extrait étaient environnés d’éditoriaux absurdement hostiles (ce que Jérôme Garcin ne savait pas quand il m’avait téléphoné et ce qui l'indigna autant que moi quand il le découvrit). La manière dont on parlait de Bourdieu dans ce journal m'apparut d'ailleurs comme un symptome édifiant de ce qu'était devenue la "gauche française", et c'est à peu près à ce moment que je fus vraiment convaincu qu'il devenait nécessaire d'écrire sur les effets de la révolution conservatrice. La famille s’insurgea (ce que je peux comprendre !) et publia un communiqué pour annoncer des poursuites contre le journal. Les communiqués de la famille montrent d’ailleurs qu’ils venaient tout juste de découvrir l’existence du livre de Bourdieu. Ils firent valoir qu’il ne s’agissait que d’un manuscrit inachevé qui n’était pas destiné à la publication (c’est à cette version erronée que certain-e-s restent accrochés) ; ils invoquèrent la "volonté expresse" de Pierre Bourdieu que cela ne paraisse pas puisqu'il avait inscrit la mention "Ne pas faire circuler" sur le manuscrit (ce qui montrait qu'ils ne savaient pas que ce manuscrit avait depuis lors été envoyé à l'éditeur allemand et qu'il était quasiment sous presse) et même s’indignèrent parce que, par « recherche de sensationnalisme », le journal (mais non : c’était moi !) avait écrit que ce texte avait été rédigé par Bourdieu au cours des trois derniers mois de sa vie, entre octobre et décembre 2001. Je fis valoir que ce texte était un manuscrit achevé, et que Bourdieu l’avait déjà communiqué à son éditeur allemand, la parution étant prévue pour avril. La famille dut en convenir, mais au lieu de dire qu’elle s’était trompée parce qu’elle n’en savait rien, elle publia alors un second communiqué, pour dire… qu’il était destiné à paraître seulement en Allemagne… Par conséquent, ce livre inachevé, qui ne se composait que de notes, qui n’étaient pas destinées à la publication… s’avérait être… un livre terminé, sur le point de paraître en Allemagne. Et quand le livre parut en France, deux ans plus tard, les éditeurs (le fils aîné de Bourdieu) précisèrent dès la première ligne de la présentation que ce livre (ils avaient admis que c’était un livre) avait été... oui... « rédigé entre octobre et décembre 2001 ». Ainsi, peu à peu, il leur avait fallu reconnaître que tout ce que j’avais dit était exact – et donc, indirectement, que tout ce qu’ils avaient dit était inexact, parce que, au fond, ils ignoraient tout, au départ, de l’histoire de ce texte. On m’a rapporté de sources très sûres à l’époque que certains – extérieurs à la famille, mais ayant des intérêts propres à ce que la situation se durcisse - avaient soufflé sur le feu et envenimé des choses qui, sinon, seraient restées plus calmes. On me l’a confirmé depuis. Ce qui est amusant, d'ailleurs, et montre comment les cerveaux sont fabriqués par l'ordre social, c'est que tout le monde à ce moment-là a considéré comme une évidence que ce que disait la famille était vrai. C'était pourtant faux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, il est tout simplement absurde et aberrant de répéter encore aujourd’hui que ce texte n’était pas destiné à paraître parce que Bourdieu avait porté, sur le manuscrit d’une première version quelques mois auparavant, la mention « Ne pas faire circuler ». Car, d'une part, ce texte était bel et bien sur le point de paraître au moment de sa mort (même si la famille ne le savait pas quand elle a cru devoir mettre en avant cette mention, datée et dépassée, ce qui a, en grande partie, créé le malentendu) et, d'autre part, dès lors que Bourdieu était mort, il devenait évident que cette version allemande était appelée à paraître également, un jour ou l'autre, en France (et répéter qu’il ne l’aurait sans doute pas publiée sous cette forme en France n’a strictement aucun sens : il est certain qu’il l’aurait remaniée s’il avait vécu… mais comme il était mort, il était tout aussi certain que cela ne serait plus le cas, et que, par conséquent, le livre « allemand », devenu son dernier ouvrage, allait voir le jour tel qu’il était, aussi bien en français qu'en allemand et dans toutes les autres langues…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, la seule question posée se ramène à ceci : qui a le droit de publier des textes ? Entendre ou lire tous ces gens qui ont répété ou répètent encore en chœur que je n’avais pas « demandé l’autorisation à la famille » m’a toujours semblé saugrenu (pour rester poli). Comment tous ces admirateurs et disciples de Bourdieu qui affichent leur souci de toujours subvertir les catégories de la pensée d’Etat et de l’ordre établi pouvaient-ils communier aussi spontanément et aussi naïvement dans cette idéologie juridico-familialiste ? Pourquoi aurais-je dû demander l’autorisation à la famille ? Pourquoi les liens de l’héritage biologique ou juridique devraient-ils être supérieurs à ceux de l’amitié intime? Pourquoi l’amitié ne serait-elle pas considérée, elle aussi, comme créatrice d’un certain nombre de droits (je n’en demande aucun, qu’on se rassure ! mais j’ai toujours contesté et je conteste toujours à la famille le droit de m’avoir contesté le droit de publier un extrait - quelques feuillets ! - d’un texte dont j’ai discuté chaque paragraphe avec Bourdieu, quand les héritiers ne savaient même pas qu’il était en train de l’écrire et encore moins qu'il l'avait terminé). C’est d’autant plus ridicule que, quand je préparais ma biographie de Foucault, à la fin des années 1980, et que la famille voulait que je lui communique tous les extraits inédits que j’avais l’intention de publier, Bourdieu m’avait dit : « Ne le faites pas ! C'est une règle absolue : il ne faut jamais demander l’autorisation à la famille, sinon, ils vous disent non et vous êtes coincé » (il avait pris l’exemple d’un de ses élèves qui, publiant une anthologie sur l’Ecole de Palo Alto, avait demandé une autorisation à la veuve de Bateson, qui la lui avait refusée. « Il faut vraiment être con pour avoir demandé cette autorisation », m’avait-il dit).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’environnement dans lequel cet extrait parut a conduit la famille à faire un procès au &lt;em&gt;Nouvel observateur&lt;/em&gt;. Je me tins soigneusement à l'écart de tout cela. La famille avait choisi comme avocat Emmanuel Pierrat, qui était l'avocat de Pierre Bourdieu depuis que, ayant eu besoin de consulter un avocat pour lancer sa structure éditioriale Liber, il m'avait demandé de le mettre en contact avec Emmanuel Pierrat, à qui il savait que j'étais depuis fort longtemps étroitement lié. Ainsi, même le choix d'un avocat par sa famille après sa mort ne fait que souligner ce qu'avaient mes liens avec Bourdieu! Avant d'accepter de "défendre les intérêts de la famille" comme on dit en langage juridique, Emmanuel Pierrat me demanda si je n'y voyais pas d'inconvénient. Je répondis que non, qu'il pouvait faire ce qu'il voulait. Et quand le &lt;em&gt;Nouvel observateur&lt;/em&gt; fut condamné, j’ai pensé que c’était bien mérité, car il n’avait pas été très honnête de leur part d’avoir publié ce bel extrait et de l’avoir accompagné d’une série d’éditoriaux hideux qui le souillaient.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;Le livre parut en Allemagne, fin 2002 (la famille ayant bizarrement fait changer le titre que Bourdieu avait pourtant accepté), puis en France, deux ans plus tard…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est donc cocasse - ou sinistre si l'on préfère - de remarquer que tout le monde à l'époque avait pris pour argent comptant la version de la famille, qui était fausse, pour me l'opposer, comme si le lien biologico-juridique était un garant de vérité (là encore, on voit à quel point l'adhésion spontanée aux structures de l'ordre social est inscrite dans la tête de ceux qui font profession de mettre en question la doxa), on peut se demander pourquoi &lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;certains (du genre Bouveresse-l'aigri et donc T(HDR) à sa suite) tiennent absolument à maintenir encore aujourd'hui une version erronée des faits, alors que même la famille la reconnaît comme erronée&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt; ? Je crois que l’explication est assez simple : il a été insupportable à un certain nombre de gens qui considéraient ou fantasmaient leurs liens avec Bourdieu comme privilégiés (ou plus exactement qui se précipitèrent pour manifester leur indignation vertueuse afin de faire croire qu'ils avaient un lien privilégié avec Bourdieu) de découvrir que Bourdieu avait écrit un livre sans qu’ils le sachent, et surtout d’apprendre qu’il l'avait fait lire à quelqu’un d’autre. Parmi ceux qui furent les plus déchaînés contre moi (beaucoup de disciples et d'amis de Bourdieu, et parmi les plus proches, n’eurent pas cette attitude et en discutèrent avec moi de manière fort sereine et fort amicale), figure un de ses élèves - pas le plus productif, assurément - qui enseigne aux Etats-Unis et qui aimait à se penser et à se proclamer comme le disciple préféré (là encore, il y aurait bien des nuances à apporter… et des propos de Bourdieu lui-même à rapporter… mais passons). Cet élève donc fut interviewé le soir de la mort de Bourdieu par un journal américain en ligne (&lt;em&gt;The Chronicle of Higher Education&lt;/em&gt;. Ce texte est disponible en ligne en français sur le site de L’Homme moderne). A la question : Bourdieu laisse-t-il des manuscrits inédits, il répond « Non… ». Quand il apprit que non seulement Bourdieu laissait un manuscrit inédit, mais qu’il me l’avait communiqué, l’avait discuté avec moi, cela rendit ce disciple littéralement fou. Il lui fallut donc inventer que ça n’était pas un livre, mais des notes fragmentaires, que ça n’était pas destiné à la publication, etc. Il vitupéra contre &lt;em&gt;Le Nouvel observateur&lt;/em&gt; (« journal où Pierre Bourdieu n’aurait jamais accepté de publier » , écrivit-il, oubliant, semble-t-il, qu’il avait publié lui-même un article dans ce même numéro qu’il incriminait). Il ignorait évidement que le livre était sur le point de paraître en Allemagne (même si la famille fit ensuite retarder la parution, pour des questions de contrat, de titre, etc). Mais admettre, tout simplement, qu'il n’était au courant de rien eût été pour lui psychologiquement insupportable. Cette histoire mit d'ailleurs un petit nombre de personnes dans un tel état psychologique que, par exemple, Bouveresse alla jusqu'à faire signer par 20 professeurs du Collège de France une lettre de protestation contre moi, qu’il envoya au &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;, qui évidemment ne la publia pas, ne voyant pas très bien l’intérêt de ce texte (et je me demande en quelle autre occasion, pour quelle autre cause, peut-être plus utile et plus urgente que celle-ci, Bouveresse s’est donné la peine de faire signer une pétition - on voit que la logique du ressentiment et de l'aigreur produit de bien étranges et bien lamentables effets, et que la mémoire de Bourdieu n'avait pas grand chose à voir dans tout cela). Il semble même que le postfacier de l’édition allemande, dont j'ai oublié le nom, raconte – à sa manière, j’imagine – toute cette histoire mineure dans la postface du livre, au nom de son "amitié" avec Bourdieu (il faut vraiment être un tout petit bonhomme sans existence intellectuelle pour oser aller exprimer ses rancœurs personnelles à propos d’un épisode aussi peu important eu égard aux enjeux théoriques et politiques dans l’édition du dernier livre de Pierre Bourdieu : quand on songe que, dans dix ou vingt ans, ce livre sera encore accompagné de ces pitoyables règlements de compte inspirés par la jalousie, cela n’est assurément pas à la gloire de celui qui les signe). Je n’ai d’ailleurs appris tout cela que quand le minuscule Wacquant (petit sociologue institutionnel et authentique fruit sec, qui se fantasme comme un nouveau Bourdieu, à qui il manque simplement&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt; d'avoir écrit de vrais livres&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt; pour que cela corresponde, fût-ce d'assez loin, à la réalité) fit parvenir ces textes, accompagnés de messages d'injures à mon égard - il y affirmait même que j'avais "volé" le manuscrit de Bourdieu! -, aux enseignants du département de Français de Berkeley pour protester contre ma présence parmi eux en tant que Distinguished Visiting Professor (démarche qui, pour employer un euphémisme, les révulsa ; comme me l’a dit alors une célèbre enseignante de l’université : « Si tu es attaqué par Wacquant, c’est très bien pour toi, tout le monde ici le déteste et le méprise »).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wacquant voulait qu'on pense qu'il était la personne la plus proche de Bourdieu. ce qui agaçait souvent Bourdieu. Après avoir assisté à une projection du film de Pierre Carle, &lt;span&gt;La sociologie est un sport de combat&lt;/span&gt;, Bourdieu m'a raconté avoir dit à ce pauvre Wacquant : "Vous devriez dire à votre ami Carle de supprimer les séquences où vous figurez. On vous voit presque autant que moi, et ça ne vous rend pas service. Vous avez l'air d'être un étudiant". Mais Wacquant, que cette présence dans le film flattait sottement, avait fait valoir qu'il trouvait que c'était très bien comme ça. Et Bourdieu m'avait dit : "C'est vraiment ridicule. Il est comme un enfant qui veut être sur la photo avec les grandes personnes. Mais la scène où je l'engueule parce qu'il ne travaille pas est terrible pour lui et il ne s'en rend même pas compte". J'avais alors dit : "C'est vrai que s'il passe son temps à faire des réunions politiques, il ne peut pas écrire les livres qu'il annonce depuis des années", et Bourdieu m'avait alors répondu sur un ton de lucidité accablée : "Je vous croyais moins naïf. C'est évidemment le contraire : c'est parce qu'il n'arrive pas à écrire ses livres qu'il tourne comme ça dans tous les sens".  C'est d'ailleurs &lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;ce qu'il disait fréquemment à son propos, et parfois en des en termes beaucoup plus durs. Du temps a passé, depuis, et Wacquant n'a rien fait d'autre que publier et r&lt;span&gt;epublier un même livre dans différentes versions. Et "l'oeuvre" qu'il annonce dans le film.... se fait toujours attendre. Il ne suffit pas de se fantasmer comme un grand sociologue... encore faut-il en avoir les moyens.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;Dans un texte très lucide sur les disciples de Bourdieu, Yves Winkin écrit que le rapport que certains d’entre eux entretenaient avec leur maître commun relevait de la psychanalyse. Tel qui se croyait l’interlocuteur privilégié de Bourdieu découvrait un jour que d’autres avaient eux aussi des relations privilégiées avec celui par lequel il se sentait alors horriblement trahi. Ce qui explique, écrit Winkin, la violence de certaines ruptures. Mais cela explique aussi d’autres formes de réactions : par exemple, essayer de restaurer, à ses propres yeux et aux yeux des autres, l’image malmenée du lien privilégié en racontant des histoires fausses pour faire croire que l’on savait des choses qu’on ignorait (jusqu’à se persuader soi-même, pour mieux persuader les autres, de la véracité de ces histoires fausses), et lancer des imprécations d’une violence insensée et incontrôlée contre celui par qui l’on s’est senti dépossédé de ce privilège. Pour ce qui me concerne, n’ayant jamais aspiré à être l’unique interlocuteur – ce qui n’a pas de sens - , et ayant toujours pensé que Bourdieu avait des rapports privilégiés différents avec différentes personnes - comme c'est le cas de tout le monde, et il faut avoir un rapport bien aliéné à la figure du grand homme pour imaginer le contraire -, je n’ai jamais eu à souffrir de cela. D’autant que je n’ai jamais appartenu au cercle des disciples, que j'ai très tôt commencé de développer ma propre oeuvre et que notre relation d'amitié complice n’avait donc d’autre étai qu’elle-même, et d’autre dynamique que de se réinventer sans cesse - comme ce fut le cas pendant 22 ans.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: georgia;font-family:georgia;"&gt;Le malheur, c'est qu'il se trouve toujours une T(HDR) pour se délecter de ramasser toutes les choses moches qui traînent dans les caniveaux. Laissons-la à cette activité et oublions son triste factum, auquel on reconnaîtra néanmoins un mérite : il donne envie de disposer d’une vraie biographie de Bourdieu. Ce n’est certes pas moi qui vais l’écrire. J'espère que quelqu'un s'attellera prochainement à cette tâche difficile et je suis prêt à lui ouvrir et ma mémoire et mes archives. Mais le livre stupide, lamentable, grotesque même, dont nous venons d'être accablés m’a cependant donné l'idée d’écrire un petit livre d’évocation (personnel et théorique). Il faudra bien que je m'y mette un jour. Mais tant d'autres projets m'appellent.. Comment trouver le temps?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;                                               &lt;span style=";font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;span style=""&gt;1er Mars 2008&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2594508127470048037?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2594508127470048037'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2594508127470048037'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne_14.html' title='La biographie de Bourdieu (et la mienne), 2.'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2370848004082778525</id><published>2008-03-01T10:35:00.004+01:00</published><updated>2009-08-25T10:15:24.915+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Souvenirs'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Varia'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Bourdieu'/><title type='text'>Sur Bourdieu et l'Esquisse pour une auto-analyse</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je mets ici en ligne, à l'intention des lecteurs qui n'ont pas lu ce livre, les quelques pages - datées de janvier et de mai 2004 - que je consacre, dans mon &lt;em&gt;Sur cet instant fragile. Carnets janvier-août 2004&lt;/em&gt;, paru chez Fayard en octobre 2004, aux conversations que j'ai eues avec Pierre Bourdieu, au cours des derniers mois de sa vie, fin 2001, à propos du texte qu'il rédigeait alors (et qui a été publié deux ans après sa mort, sous le titre &lt;em&gt;Esquisse pour une auto-analyse&lt;/em&gt;). Puisqu'une certaine Marie-Anne Lescourret (?), dans un ouvrage ridicule (il est bourré d'erreurs, de bévues et d'absurdités et, de surcroît, n'apporte strictement rien de neuf - &lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne.html"&gt;voir mes commentaires ci-dessus&lt;/a&gt;), que les éditions Flammarion osent présenter comme une "Grande biographie" de Bourdieu, évoque de manière grossièrement erronée et sans avoir cherché à m'interroger sur ce point, un certain nombre de faits qui me concernent, je reproduis tels qu'ils ont été publiés il y a quatre ans, ces quelques extraits de mon journal, auxquels j'ajoute une brève note finale&lt;/span&gt; :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;18 janvier :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C'est pour moi un moment d'intense émotion - et de grande tristesse : je viens de recevoir le petit livre posthume de Pierre Bourdieu, &lt;em&gt;Esquisse pour une auto-analyse&lt;/em&gt;, que me fait parvenir aussitôt que sorti des presses son fils aîné.&lt;br /&gt;(J'avoue que je ne comprends pas très bien pourquoi les héritiers ont choisi de laisser passer tant de temps avant de le publier, alors qu'il y a bien longtemps qu'il aurait dû être mis à la disposition des lecteurs).&lt;br /&gt;Ce texte, j'en ai discuté chaque page, chaque paragraphe avec Pierre Bourdieu au cours des derniers mois de sa vie, alors qu'il était en train de l'écrire. Je me souviens très bien de la première fois qu'il m'en parla : c'était pendant l'été 2001, il passait ses vacances dans les Pyrénées, moi dans le Lot. Nous nous téléphonions presque tous les jours. Il venait de mettre au point le texte de son cours au Collège de France, &lt;em&gt;Science de la science et réflexivité&lt;/em&gt;, prononcé pendant l'hiver et le printemps précédents et qu'il souhaitait publier dès le mois d'octobre suivant. Cela avait constitué sa dernière année d'enseignement : Bourdieu avait eu 71 ans en mars 2001, et il avait donc atteint l'âge de la retraite. Il en consacra l'ultime séance à un thème qui lui était cher : la « réflexivité », c'est-à-dire la nécessité, dans les science sociales, d' « objectiver le sujet de l'objectivation ». D'où le titre de ce chapitre final de retour sur soi, refermant près de vingt ans d'un enseignement inauguré en 1982 : « Esquisse pour une auto-analyse ».&lt;br /&gt;Aussitôt après avoir terminé la rédaction de ce cours sur la sociologie de la science, Pierre Bourdieu entreprit de développer ce dernier chapitre, qui consistait alors en une trentaine de pages, afin d'en faire un petit livre. Il m'expliqua la genèse de ce projet : &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; ayant relaté la dernière séance du Collège de France, son éditeur allemand crut que toute l'année avait porté sur cette réflexion de Bourdieu sur lui-même et sur son itinéraire, et annonça la traduction prochaine du volume sur la sociologie de la science en le décrivant comme une &lt;em&gt;Esquisse pour une auto-analyse&lt;/em&gt;. Bourdieu songea d'abord à les détromper, puis se ravisa et, se prenant au jeu, se mit à écrire ce livre que Surhkamp avait annoncé par erreur. La couverture - rouge - de ce nouveau livre en cours d’écriture figura bientôt sur le site internet de Surhkamp, avec le titre &lt;em&gt;Bourdieu Über Bourdieu &lt;/em&gt;(que Bourdieu avait accepté, puisqu'il devait paraître dans une collection qui compte par exemple un &lt;em&gt;Elias Über Elias&lt;/em&gt;, etc.), et la sortie annoncée pour avril [2002].&lt;br /&gt;Il y travailla de septembre à novembre (il était déjà malade, bien que ne sachant pas de quoi il souffrait : alors qu'il était encore à la campagne, dans le sud de la France, à la fin de l'été, il se plaignait de pénibles douleurs dans les reins, qu’il attribuait à un lumbago). C'est dans les derniers jours de novembre qu'il me fit parvenir ce texte, en me demandant, comme d'habitude, de lui faire part de toutes mes remarques, critiques, suggestions, objections... Depuis vingt-deux ans que nous nous connaissions, il me donnait à lire avant publication et souvent sous forme de manuscrits à peine ébauchés, tout ce qu'il écrivait ou presque. Entre 1993 et 1997, j'ai dû lire cinq ou six versions de ses &lt;em&gt;Méditations pascaliennes&lt;/em&gt;, qui, au départ, ne se composaient que d'un texte dactylographié ne dépassant pas les 80 feuillets.&lt;br /&gt;Dès que je l'eus reçue, je me mis à lire et annoter son &lt;em&gt;Esquisse&lt;/em&gt;. Je la lui renvoyai peu après par courrier électronique avec de nombreuses remarques (j'ai gardé dans mon ordinateur cette version commentée). Quand il prit connaissance de ce courrier, il m'appela aussitôt et nous parlâmes longuement. Nous eûmes plusieurs autres conversations (mais Bourdieu était de plus en plus malade, déjà hospitalisé, et nos discussions, souvent interrompues par l'arrivée du médecin ou de l'infirmière, ne pouvaient pas reprendre facilement le soir ou le lendemain, comme nous en avions l'habitude).&lt;br /&gt;Je lui avais signalé des erreurs factuelles, des dates qui me semblaient fausses ou bizarres... « Je vais vérifier ça », me répondait-il, à chaque doute dont je lui faisais part... Il corrigea en effet quelques erreurs évidentes, mais il me semble toujours que plusieurs de ses souvenirs malmènent quelque peu la chronologie. Deux passages, surtout, occupèrent nos conversations : celui sur Foucault, et celui sur son enfance et son adolescence.&lt;br /&gt;La manière dont il parlait de Foucault m'avait semblé gênante. A dire vrai, le paragraphe lapidaire et injuste qu'il lui consacrait m'avait profondément déplu : « Je trouve que votre caractérisation de Foucault comme ‘’esthète'' sonne un peu homophobe », lui avais-je dit. Il m'avait répondu : « Ah ! Il faut absolument me dire ces choses-là ! ». Et puis, j'avais le sentiment qu'il aurait mieux valu qu'il insistât sur ce qui le rapprochait de Foucault (comme de Derrida), en termes de formation, de trajectoires personnelles et intellectuelles, de références théoriques, d'objets de recherche, de positions et même d'ethos politiques... au lieu de se laisser aller à exprimer son aigreur à leur égard, comme il le faisait si souvent dans les conversations privées ou dans des textes publiés, trahissant ainsi un rapport plus complexe et plus difficile qu'il ne voulait bien le dire, et en tout cas mal analysé, à la philosophie et aux philosophes.&lt;br /&gt;Je lui rappelai alors l'article qu'il avait consacré à Foucault, à la mort de celui-ci, dans une revue italienne, et qui contenait nombre de remarques importantes sur leur proximité et leur distance, et qui était peut-être plus pertinent et plus exact que ce qu'il venait d'écrire. Il n'en avait pas gardé un souvenir très précis et me répondit qu'il lui faudrait le relire. Il y affirmait notamment (je cite ce texte dans sa version originale française, qu'il m'avait évidemment communiquée à l'époque) sa « proximité objective » avec Foucault. En effet, y écrivait-il, Foucault était « français, élève de l'Ecole normale dans les années 45, à l'acmé de l'existentialisme, agrégé de philosophie » et il devait « à cet enracinement historique ses points de départ, de référence, de rupture, ses repères, ses phares et ses phobies, tout ce qui contribue à constituer un projet intellectuel ». Bourdieu ajoutait alors, pour faire remarquer que cela ne constitue pas nécessairement un avantage pour comprendre et commenter l'œuvre : « A un écart temporel près, j'ai en commun avec lui toutes ces propriétés déterminantes et bien d'autres qui s'ensuivent, notamment dans la vision du monde intellectuel ». L'écart temporel étant que Bourdieu était né quatre ans après Foucault (1930 et 1926) et qu'il était entré à l'Ecole normale supérieure quelques années après lui (1950 et 1946). D'ailleurs, et cela me revient tout à coup, j'étais toujours obligé de lui rappeler que Foucault n'avait que 4 ans de plus que lui, car il croyait toujours que leur différence d'âge était beaucoup plus grande, parlant souvent des « dix années » qui les séparaient (il ne se percevait donc pas exactement comme un « contemporain » de Foucault).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, nous parlâmes longuement de ces quelques lignes consacrées à Foucault dans la première version de son &lt;em&gt;Esquisse&lt;/em&gt;. Et Bourdieu convint sans trop de difficultés qu'il lui fallait récrire cette page. Ce qu'il fit très rapidement : quelques jours plus tard, je pouvais lire la nouvelle version. Au téléphone, je ne lui cachai pas que, si elle me paraissait meilleure, elle était toujours insatisfaisante à mes yeux, et ce d'autant plus qu'il s'était contenté d'ajouter plusieurs paragraphes à celui qui existait déjà, mais qu'il avait conservé celui-ci quasiment intact, et sans enlever le mot « esthète ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que serait devenu ce passage sur Foucault, si Bourdieu avait eu le temps d'y réfléchir et de le récrire plus avant? Et que serait devenu ce livre dans son ensemble? Nul ne le sait. Mais pour comprendre le rapport de Bourdieu à Foucault, il ne faut pas se contenter des quelques paragraphes de cet &lt;em&gt;opus posthumus&lt;/em&gt;. Il convient d'y ajouter les quelques textes qu'il lui consacra, tels les deux articles nécrologiques qu'il publia à sa mort - le jour même dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;, puis quelques temps après, dans &lt;em&gt;L'Indice&lt;/em&gt; (cet article italien n'a, je crois, jamais été publié en français, et c'est dommage, car c'est un très beau texte) ; et ceux prononcés lors de colloques, l'un organisé par Rémi Lenoir en 1995 à l'occasion du 20ème anniversaire de la publication de&lt;em&gt; Surveiller et punir&lt;/em&gt; et celui que j'ai organisé au Centre Pompidou en juin 2000, sur &lt;em&gt;L'Infréquentable Foucault&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de nos discussions - était-ce avant que j'en lise le texte complet, lorsqu'il me racontait ce qu'il était en train d'écrire, ou après, lorsque nous discutâmes de la version qu'il m'avait envoyée, je ne sais plus- je fis à Pierre Bourdieu cette remarque, en lui rappelant la manière dont Foucault aimait à dire que ses livres pouvaient se lire comme des « fragments d'autobiographie » : « Au fond, on pourrait dire que toute votre œuvre peut se lire comme une sociologie et une ethnologie de vous-même ». Il m'avait répondu : « Oui, vous avez raison : d’une certaine manière, peut-être n'ai-je jamais fait que la sociologie et l'ethnologie de moi-même ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;25 janvier :&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Les éditeurs du petit livre de Bourdieu ont placé en exergue une phrase extraite d'une rédaction antérieure : « Ceci n'est pas une autobiographie ». Mais bizarrement, cet effet de « seuil », qui cherche à orienter la perception du texte qu'on est sur le point de lire (ce sont ces « paratextes » qu'analyse Gérard Genette dans son ouvrage intitulé &lt;em&gt;Seuils&lt;/em&gt;, c’est-à-dire tout ce qui entoure le texte lui-même et contribue à en orienter la lecture et en façonner le sens), est annulé par l'effet contraire que produisent les photos que la famille a transmises à plusieurs journaux (qui, par ailleurs, insistent tous néanmoins sur le fait qu'il ne faut pas lire ce livre comme une " autobiographie "! ) : on y voit Bourdieu à différents âges de sa vie, et notamment à 19 ans à l'Ecole normale supérieure... Si ce n'est pas une autobiographie, pourquoi donner des photos de l'auteur pour illustrer les moments que son livre retrace ? Et si ces - superbes - photos d'un jeune homme rayonnant et triomphant apportent quelque chose à la connaissance du savant qu'il allait devenir, de l'œuvre qu'il allait construire, n'est-ce pas parce que la vie de l'auteur, et son corps, auraient quelque chose à nous apprendre sur ce qu'il était, ce qu'il allait devenir ? Si la sociologie bourdieusienne est une sociologie de l'habitus, et donc du corps en tant qu'il est un corps socialisé, porteur des marques du social, de l'appartenance de classe, de l'apprentissage, etc., tout effort réflexif pour ressaisir le « sujet » de la science, en restituant son histoire (et donc l'histoire de son habitus, c'est-à-dire de son corps socialisé) est nécessairement une autobiographie.&lt;br /&gt;D'ailleurs, cet exergue destiné à prévenir la « mauvaise lecture » semble l'appeler, en évoquant un peu trop la légende d'un tableau : « Ceci n'est pas une pipe » est-il écrit sous le dessin de Magritte qui représente un pipe. « Ceci n'est pas une autobiographie », dit l’exergue… Et pourtant...&lt;br /&gt;(Et comment imaginer qu’en écrivant cette phrase, probablement comme &lt;em&gt;incipit &lt;/em&gt;d’une préface abandonnée, Bourdieu n’ait pas eu en tête cette référence picturale ? ).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j'écrivais ma biographie de Foucault (entre 1986 et 1989), Bourdieu en lisait tous les chapitres au fur et à mesure que je les rédigeais (il a lu attentivement tous mes livres en train de se faire, et j'ai à son égard une dette immense, tant il était généreux de son temps et de son savoir : il me donnait beaucoup de renseignements, d'informations, de conseils, discutaient mes analyses, m'en proposaient d'autres ; et il avait de surcroît la gentillesse de me remercier, moi qu'il aidait, pour la confiance que je lui accordais). Mais dans le cadre de cette coopération amicale, pendant les trois années que dura la rédaction de mon livre, il ne cessa de comparer non seulement son itinéraire à celui de Foucault (il me raconta à l'époque bien des éléments dont très peu figurent dans son &lt;em&gt;Esquisse pour une auto-analyse&lt;/em&gt;), mais aussi sa personnalité à la sienne. Deux traits importants retenaient son attention : l'origine sociale et la sexualité (et ce sont ces traits distinctifs qu'il met en avant, de façon lapidaire, dans son &lt;em&gt;Esquisse&lt;/em&gt;). Dans ces deux trajectoires intellectuelles que furent celles de Bourdieu et Foucault, quel rôle jouèrent la sexualité, l'identité sexuelle ? Je serais tenté de répondre : un rôle considérable (dans la manière d'écrire, dans les références théoriques, dans le choix des objets et peut-être jusque dans le choix d'une discipline - sociologie ou philosophie -, dans les arcanes les plus enfouies de la formation d'un projet intellectuel : affirmation de la raison scientifique chez l'un, et chez l'autre interrogation critique sur le caractère assujettissant des rationalités). Mais si la sexualité peut constituer au même titre que l'origine sociale un facteur explicatif de nombreux aspects de l'œuvre, comment refuser d'admettre que « l'auto-analyse » est nécessairement, d'une certaine manière, une autobiographie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;27 mai : &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Quand Pierre Bourdieu lut le manuscrit de &lt;em&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/em&gt;, tout en me disant fort gentiment que c’était un des livres les plus importants qu’il ait lus au cours des dix dernières années, il me reprocha de « revenir à une philosophie de la conscience ». Sans doute le vocabulaire sartrien pouvait-il le lui laisser croire, mais je lui fis remarquer que, en fait, à travers mes analyses sur l’injure, j’avais essayé de montrer comment peuvent se former des habitus qui ne seraient pas déterminés par l’appartenance sociale, mais par l’appartenance sexuelle (appartenance à une catégorie sexuelle stigmatisée). Ce qui d’ailleurs posait le problème de la complexité des habitus : comment les habitus sexuels coexistent-ils avec les habitus sociaux ? Un gay des classes populaires n’a sans doute pas les mêmes dispositions (corporelles, esthétiques, par exemple) qu’un gay des classes bourgeoises. Mais en même temps, un gay bourgeois peut partager avec un gay des classes populaires des dispositions nées des effets identiques de ce que j’appelle « l’injure sociale » comme pouvoir constituant de la subjectivité. Bref, il s’agissait pour moi d’adresser un ensemble de questions à la sociologie bourdieusienne. J’eus de très nombreuses conversations avec Bourdieu sur tous ces points. Il me raconta par exemple que, pour &lt;em&gt;La Distinction&lt;/em&gt;, il avait fait un entretien avec un coiffeur (gay), afin d’analyser le rôle que joue la culture dans la construction sociale de soi des homosexuels, mais que, finalement, il ne l’avait pas utilisé, car il ne savait pas trop, à ce moment-là, comment faire entrer les résultats dans son modèle général, et surtout, il avait craint de se voir reprocher de perpétuer des clichés (pourtant, les clichés peuvent être vrais !). Le livre date en effet de 1979, et il offre la synthèse de ses recherches des années 1970, et ces problèmes n’étaient pas encore thématisés dans les sciences sociales comme ça l’est aujourd’hui (et encore ! une bonne partie des sciences sociales reste toujours imperméable à ces questionnements). C’est précisément ce que Bourdieu avait dit au colloque que j'avais organisé à Beaubourg, en juin 1997, sur les études gays et lesbiennes, où j'avais tenu à ce qu'il vienne parler : ces études poussent les sciences sociales à sortir de la routine académique dans laquelle elles se sont souvent enfermées. Je crois bien que ce passage de son intervention ne figure pas dans la version publiée dans les actes du colloque, ni dans la version légèrement modifiée qui figure en annexe de &lt;em&gt;La Domination masculine&lt;/em&gt;. Mais cela m'avait paru important qu’il le souligne.&lt;br /&gt;Quand je publiai &lt;em&gt;Une morale du minoritaire&lt;/em&gt;, deux ans après &lt;em&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/em&gt; - c’était à peine trois mois avant sa mort, et il était déjà gravement malade - il me fit beaucoup de commentaires, et il insista beaucoup pour que je me mette à écrire un livre qui serait spécifiquement consacré à la honte. Il était frappé par la manière dont je mettais en résonance ses concepts à lui et des thèmes de Genet pour les faire fonctionner ensemble. Je lui avais dit : « Genet est un grand théoricien, et ses théories sont souvent très proches des vôtres ». Il m’avait objecté : « Oui, mais vous ne voyez tout cela dans Genet que parce que vous m’avez lu ». Ce qui est tout à fait vrai.&lt;br /&gt;Sa dernière œuvre, posthume, &lt;em&gt;Esquisse pour une socio-analyse&lt;/em&gt;, porte la trace de ces conversations : Bourdieu y ajouta une référence à Genet, et il rapproche l’internat où il vécut quand il était lycéen de la colonie pénitentiaire décrite par Genet dans &lt;em&gt;Miracle de la rose&lt;/em&gt;. Quand il m’avait raconté au téléphone certaines expériences de sa jeunesse, alors qu’il s’efforçait (avec beaucoup de difficultés) de les mettre par écrit, je lui avais confié à quel point l’autoportrait de lui-même en adolescent rebelle et buté qu’il voulait évoquer, forgeant la rétivité de son caractère dans l’affrontement avec la face nocturne du système scolaire (la violence sociale qui le traverse), me faisait beaucoup penser à &lt;em&gt;Miracle de la rose&lt;/em&gt;, et aux textes de Genet sur lesquels je fondais mes analyses sur le sentiment de la honte comme point de départ d’une transformation de soi, d’une ascèse. Il m’avait répondu : « Oui, vous avez raison, à une différence de degré près, il a magnifiquement restitué ce type d’expérience ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il m’envoya le manuscrit (vers la mi- ou la fin novembre 2001), je fus encore plus saisi par les similitudes. Je l’exhortai à aller plus loin dans le récit de lui-même et de ce qu’il avait vécu et éprouvé, et dont il considérait que cela constituait un ensemble d’éléments pertinents pour comprendre le socle sur lequel son œuvre s’était construite. Il y a un ancrage biographique de la théorie, et il est vraiment ridicule de croire, comme le font certains de ses disciples plus ou moins talentueux, et en tout cas moins audacieux que lui, qu’on dévalorise son œuvre en montrant comment elle s’enracine dans la volonté (la nécessité) de penser la violence de l’ordre social - ou pour Foucault et Genet, la violence de l’ordre sexuel -, telle qu’on l’a soi-même éprouvée. Après tout, ce sont des réalités assez importantes - et dont la force s’exerce durablement, comme leurs œuvres tendent précisément à le démontrer - pour qu’on puisse au contraire imaginer que vouloir en décrire les mécanismes pour conquérir sur eux un peu de liberté, et offrir cette réflexion aux autres comme moyen de leur propre émancipation, est précisément ce qui donne à une pensée de la noblesse et de la grandeur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de nos discussions à propos de son &lt;em&gt;Esquisse&lt;/em&gt;, je ne cessais de lui répéter : Allez le plus loin possible. Et lui : « Je ne peux pas… Je ne peux pas me permettre ça… Que diraient mes collègues… Et vous imaginez les ricanements de tous ceux qui me détestent… Je ne suis pas un écrivain… je ne suis pas Genet… ». Je lui répondis : « Devenez-le… Vous regrettiez de ne pas être Thomas Bernhard pour parler de Heidegger, alors soyez Genet pour parler de vous ». Il m’avait alors concédé : « Je vais déjà le publier en Allemagne. Je verrai quelles sont les réactions. Puis je le développerai avant de le publier en France ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;[Note de février 2008 : Pierre Bourdieu envoya son manucrit à son éditeur allemand vers le 15 décembre 2001, et, contrairement à ce qu'ont affirmé, à sa mort, un certain nombre de gens qui ignoraient jusqu'à l'existence de ce texte et ne la découvrirent que quand j'en ai publié un extrait pour accompagner mon article d'hommage dans &lt;em&gt;Le Nouvel observateur&lt;/em&gt;, et qui tinrent donc des propos aberrants et contraires à toute vérité, il s'agissait bien d'un livre achevé et destiné à la publication. Il l'aurait assurément remanié après cette publication pour en donner une version française, plus longue et plus complète. Mais cela n'était plus une ébauche de travail, qu'il aurait convenu de "ne pas faire circuler", selon la mention qu'il avait portée dans le message par lequel il me l'avait communiqué - comme à 3 autres personnes - un mois avant qu'il ne se décide à le donner à Suhrkamp, après en avoir discuté très longuement avec moi. C'était devenu un livre, qu'il considérait comme tel, et qui allait paraître trois mois plus tard... ou du moins qui aurait dû paraître trois mois plus tard... puisque sa mort interrompit le processus enclenché... dans la mesure où il incomba dès lors à d'autres d'en disposer selon leurs propres critères. Voir aussi sur ce site : &lt;a href="http://didiereribon.blogspot.com/2008/03/la-biographie-de-bourdieu-et-la-mienne.html"&gt;"La biographie de Bourdieu (et la mienne)&lt;/a&gt;"]&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2370848004082778525?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2370848004082778525'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2370848004082778525'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/01/bourdieu-et-lesquisse-pour-une-auto.html' title='Sur Bourdieu et l&apos;Esquisse pour une auto-analyse'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2546075611521993621</id><published>2008-03-01T00:05:00.008+01:00</published><updated>2011-06-19T11:33:54.121+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Photos'/><title type='text'>Refaire la gauche</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STHOqIe0GCI/AAAAAAAAAAw/KCB-OhgLpLg/s1600-h/a.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STHOqIe0GCI/AAAAAAAAAAw/KCB-OhgLpLg/s400/a.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274223861854115874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un débat public se tiendra à Paris, à la Sorbonne, le 19 mars 2008, de 20h à 22h, sur le thème "Refaire la gauche : la politique en théories et en pratiques". Avec trois participants : Judith Butler, Achille Mbembe et moi-même.&lt;br /&gt;Chacun de nous parlera une vingtaine de minutes et il y aura ensuite une discussion avec la salle.&lt;br /&gt;La soirée est organisée par le Département de Science politique de l'université de Paris I.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Amphithéâtre Descartes, entrée : 17 rue de la Sorbonne, Paris 5e).&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;"&gt;(Photo : Judith Butler, Didier Eribon, Achille Mbembe lors du débat "Refaire la gauche" à la Sorbonne le 19 mars 2008).&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2546075611521993621?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2546075611521993621'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2546075611521993621'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2008/02/refaire-la-gauche.html' title='Refaire la gauche'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bRto9LXTgdQ/STHOqIe0GCI/AAAAAAAAAAw/KCB-OhgLpLg/s72-c/a.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6153994029400658577</id><published>2007-12-18T16:36:00.003+01:00</published><updated>2009-05-25T13:40:18.648+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications récentes ou à venir'/><title type='text'>Contre l'égalité</title><content type='html'>Paru en janvier 2008 aux &lt;a href="http://www.cartouche-editions.com/"&gt;Editions &lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.cartouche-editions.com/"&gt;Cartouche&lt;/a&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.cartouche-editions.com/images/contrelegalite.jpg"&gt;Contre l'égalité et autres chroniques&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;Présentation de l'éditeur (4ème de couverture) :&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;"Au printemps de l’année 2004, un important magazine gay et lesbien demande à Didier Eribon de s’exprimer dans ses colonnes sur l’actualité politique, littéraire et intellectuelle… L’auteur du désormais classique &lt;em&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/em&gt; accepte et, pendant trois années, mois après mois, il va confronter ses analyses à ce qui se passe dans le champ social et théorique, en France et à l’étranger. Si bien que le recueil de ces chroniques compose un étonnant essai de philosophie radicale adossé aux politiques minoritaires."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Une présentation et signature du livre est prévue le 29 mars 2008, à la librairie Les Cahiers de Colette, 23-25 rue Rambuteau, Paris 4e&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6153994029400658577?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6153994029400658577'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6153994029400658577'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/contre-lgalit.html' title='Contre l&apos;égalité'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6368183119500479911</id><published>2007-12-16T14:16:00.000+01:00</published><updated>2008-02-11T15:35:41.285+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Moyens d'agir...</title><content type='html'>Le CURAPP d'Amiens et le Centre Marc Bloch de Berlin organisent les 6 et 7 février 2008 à Amiens, avec le soutien du Collège de France, un Séminaire international "&lt;a href="http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/Journeesdetude/Progr_Bourdieu.pdf"&gt;Théories de la pratique. Bourdieu et l’idée de sociologie critique&lt;/a&gt;".&lt;br /&gt;J'y prononcerai la conférence de clôture (le 7, à 16h45), sur le thème : "Théorie et pratique des Etats Généraux".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(renseignements pratiques sur le site internet du &lt;a href="http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/"&gt;CURAPP&lt;/a&gt;, université de Picardie-Jules Verne à Amiens)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6368183119500479911?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6368183119500479911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6368183119500479911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/12/moyens-dagir.html' title='Moyens d&apos;agir...'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-4069963332305213248</id><published>2007-11-05T12:08:00.000+01:00</published><updated>2007-11-05T17:55:53.922+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Mouvements sociaux et appareils politiques</title><content type='html'>Dans le cadre des "Conférences d'actualité" animées par Daniel Borrillo à la Faculté de Droit de l'Université de Paris X-Nanterre, je présenterai, le 28 novembre 2007, quelques réflexions sur "Démocratie, mouvements sociaux et partis politiques".&lt;br /&gt;(Salle des Actes, F 141, 10h30-12h)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-4069963332305213248?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4069963332305213248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4069963332305213248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/11/mouvements-sociaux-et-appareils.html' title='Mouvements sociaux et appareils politiques'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7108504308802424449</id><published>2007-10-08T13:09:00.000+02:00</published><updated>2007-11-11T06:57:54.643+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conférences et colloques'/><title type='text'>Genet entre Kafka et Bourdieu</title><content type='html'>"Sur le verdict social : Genet entre Kafka et Bourdieu" sera le titre (et le thème) de ma communication au colloque international "The Passions of Jean Genet" qui se tiendra les 15 et 16 novembre au Department of Modern Languages and Literatures de The University of Miami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de ce séjour en Floride, je participerai également, le 13 novembre, dans la même université, à la séance spéciale du séminaire de recherche "Thinking and Reading through Theory" animé par Ralph Heyndels, qui sera consacrée à une discussion de mes livres &lt;em&gt;Une morale du minoritaire. Variations sur un thème de Jean Genet&lt;/em&gt; et &lt;a href="http://www.dukeupress.edu/cgibin/forwardsql/search.cgi?template0=nomatch.htm&amp;amp;template2=books/book_detail_page.htm&amp;amp;user_id=15586&amp;amp;Bmain.item_option=1&amp;amp;Bmain.item=7113"&gt;&lt;em&gt;Insult and the Making of the Gay Self&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;(version anglaise de &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.fayard.fr/livre/fayard-24186-Reflexions-sur-la-question-gay-Didier-Eribon-hachette.html"&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7108504308802424449?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7108504308802424449'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7108504308802424449'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/10/genet-between-kafka-and-bourdieu.html' title='Genet entre Kafka et Bourdieu'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-8388360953551488128</id><published>2007-09-19T14:00:00.000+02:00</published><updated>2007-10-27T17:09:04.280+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>Contribution intempestive à la rénovation de la gauche</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Intervention à l’Université d’été du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) à La Rochelle, le 31 août 2007.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le titre qui figure dans les programmes pour notre rencontre d’aujourd’hui : « La gauche est-elle incapable de reconquérir le pouvoir ?», me semble recouvrir deux questions tout à fait différentes. La première est celle que vous avez probablement tous à l’esprit : après la série de défaites qu’il a connues au cours des dernières années et qui ont montré à quel point il s’était coupé d’une bonne partie des classes populaires, le Parti socialiste sera-t-il un jour capable de reconquérir le pouvoir ? C’est assez probable. Il pourra gagner les élections quand les ravages du sarkozysme auront mobilisé de nombreuses forces sociales contre la droite gouvernementale (j’insiste sur ce point : contre la droite, beaucoup plus que pour la gauche telle qu’elle est)… On ne peut pas savoir combien de temps cela prendra, mais cela se produira tôt ou tard. Mais il y a une deuxième question qui est à la fois contenue dans votre intitulé et refoulée par celui-ci : si le Parti socialiste parvient à gagner les élections futures, pourra-t-on vraiment dire que c’est la gauche qui sera revenue au pouvoir ? Etant donné ce qu’on lit, ce qu’on entend et ce qu’on voit en ce moment, cela me paraît beaucoup moins évident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ouvrir la discussion, je voudrais avancer simplement quelques remarques préliminaires, qui seront nécessairement lapidaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;I&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Tout d’abord, on a beaucoup dit que la droite avait gagné parce qu’elle avait conquis l’hégémonie idéologique, et l’on fait alors presque toujours une référence vague et imprécise à Gramsci (suivant en cela Sarkozy lui-même). Mais une fois que l’on a dit « hégémonie idéologique », on n’a pas dit grand-chose. La pensée de Gramsci était tout de même un peu plus sophistiquée sur ce point et il nous faut, par exemple, analyser de manière détaillée et précise quels éléments de discours ont été mis ensemble par la droite actuelle pour former cette nouvelle configuration discursive et idéologique - appelons-la par commodité le sarkozysme - qui, comme le thatchérisme il y a 30 ans en Grande-Bretagne, a réussi à s’imposer dans de larges pans des classes populaires. Il nous faut surtout nous interroger sur cette étrange alliance de classes (je sais bien que le mot « classes » n’a plus cours au Parti socialiste, mais pourtant, même si les dirigeants socialistes ne les voient plus, elles n’en continuent pas moins d’exister dans la réalité, sous des formes qui à la fois perdurent et changent… ), sur cette alliance de classes, donc, ou plus exactement sur ce « bloc historique », pour reprendre ici encore le vocabulaire de Gramsci, et sur les conditions historiques et les modalités concrètes de sa mise en place, dans lequel se sont rejointes la haute bourgeoisie d’affaires avec laquelle Sarkozy affiche chaque jour sa proximité fondamentale et certaines des couches populaires les plus précarisées ou les plus désespérées dont une partie donnait auparavant ses suffrages au Front national. Le Parti socialiste porte une lourde responsabilité dans la possibilité et la facilité même qu’a eue la droite de fabriquer un nouveau discours dominant qui a reçu l’assentiment des classes populaires, puisqu’il a participé et collaboré à l’installation de ces nouvelles thématiques (rappelons-nous comment ceux qui ont essayé, au cours des 20 dernières années, de maintenir vivante une pensée de gauche - je pense notamment à Pierre Bourdieu - ont été littéralement insultés par les responsables du PS, toutes tendances confondues, tout comme l’ont été les mouvements sociaux, quand ils n’ont pas été tout simplement matraqués : comités de chômeurs réprimés par le gouvernement Jospin, manifestations d’enseignants diffamées par son ministre de l’Education, mobilisations pour la reconnaissance de l’homoparentalité - et donc des personnes qui vivent ces situations - injuriées par nombre de hiérarques de la gauche officielle, à commencer par Madame Royal, qui y voyait une « provocation contre les valeurs religieuses et familiales de la France » et qui stigmatisait le mouvement gay et lesbien comme porteur d’un « communautarisme » (mot qui a pour principale fonction de stigmatiser toute affirmation minoritaire) homosexuel qu’elle comparait à celui des riches incarné par le Medef… Croyez-moi : je n’invente rien, je me contente de citer ses déclarations !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La droite a gagné la bataille des idées parce que le PS l’a aidé dans cette tâche, en travaillant depuis tant d’années à défaire et discréditer tout ce qui peut constituer un regard de gauche sur le monde social. J’ai analysé ces évolutions historiques et idéologiques dans mon livre, &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article516"&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/a&gt;, &lt;/em&gt;publié avant la campagne électorale. Mais la campagne électorale socialiste en a confirmé les analyses - et les craintes - jusqu’à la caricature, puisqu’elle a consisté à poser des problèmes de droite et à les poser d’une manière de droite (la valeur-travail, la valeur-famille, la valeur-nation et la valeur-drapeau, sans oublier l’autorité, l’ordre et l’entreprise… et tous ces thèmes inlassablement liés les uns aux autres, tissés dans une même trame, ce qui renforçait encore le caractère réactionnaire de chacun d’eux). Je vous laisse le soin d’imaginer ce qu’aurait pu être, à l’inverse, une campagne construite autour de thèmes de gauche et d’une manière de gauche de poser des questions. Il va de soi que, dès lors que l’on a cédé sur l’essentiel, à savoir sur les questions dignes d’être soulevées et sur la manière de les soulever, une fois que l’on a délibérément choisi de s’inscrire dans le cadre des problématiques qui sont celles de la droite, que l’on s’est déplacé pour se situer sur le terrain de celle-ci, ensuite les réponses peuvent bien différer (on peut ajouter un peu de compassionnel et quelques larmes), non seulement ce sont les réponses de la droite qui ont toutes les chances de l’emporter, mais aussi et surtout c’est une perception de droite du monde social qui a d’ores et déjà gagné : ce sont les thématiques de droite, la pensée et l’impensé de la droite, les obsessions de la droite qui ont été acceptés comme délimitant le champ des questions évidentes et nécessairement partagées. C’est bien cela l’hégémonie idéologique, n’est-ce pas ? Et l’on sait que les manières de percevoir le monde et de le décrire - ce qui se présente comme des « constats » - sont aussi des manières de le construire et de le faire être ce qu’il est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc paradoxal, soit dit entre parenthèses, de dénoncer comme des traîtres les personnalités du PS ralliées à Sarkozy, puisque cela revient à essayer de faire croire qu’il existerait une frontière qu’ils n’auraient pas dû franchir, alors que ceux qui ont trahi et ceux qui les dénoncent aujourd’hui ont travaillé ensemble à effacer cette frontière. Ce ne sont pas - ou pas seulement - des parcours individuels déplorables, c’est plutôt l’aboutissement d’une logique politique collective, bien plus déplorable, bien plus grave, parce que plus profonde et plus durable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;II&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour ne prendre qu’un exemple frappant, dans l’actualité immédiate, de cette hégémonie de la pensée de droite : j’ai lu il y a quelques jours, dans un quotidien, que l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle déclarait que la gauche avait été jusqu’ici associée au « collectivisme » (il ne s’agissait pas d’économie), c’est-à-dire à l’idée que ce que sont et font les individus serait lié à des « inerties sociales », à des « reproductions sociales », et qu’il serait urgent de rompre avec ces conceptions dépassées pour rendre à l’individu son « autonomie » et sa « responsabilité ». Je ne sais pas qui écrit les discours de Mme Royal, mais il est hélas patent que ce genre d’idioties n’est que la reproduction (car il y a aussi des inerties idéologiques) de tous les thèmes les plus éculés de la pensée de droite, de la pensée réactionnaire et de sa dénonciation de la pensée de gauche - la haine du « collectivisme », c’est-à-dire de tout ce qui évoque le « socialisme », la sociologie, les sciences sociales… - qui nous sont ressortis aujourd’hui, sous une couche de vernis de modernisation de la gauche, par les think tanks néo-conservateurs qui fournissent au Parti socialiste ses outils idéologiques (de la « Fondation Saint Simon » d’hier à « La république des idées » d’aujourd’hui, en passant par la revue &lt;em&gt;Esprit&lt;/em&gt; ou le Centre Raymond Aron, et autres cénacles tout aussi affreux et détestables que ceux-ci). Mais, par exemple, comment réfléchir à une politique effective de démocratisation du système scolaire, si l’on pense que cela ne relève que des responsabilités individuelles et non pas, précisément, d’une reproduction dans et par le système scolaire des inégalités sociales ? Comment comprendre la relégation et l’exclusion par le système scolaire des enfants des classes populaires, si l’on imagine qu’il s’agit là simplement d’une conséquence de leur mauvaise volonté ou de leur absence d’efforts, ou d’une démission des parents et des enseignants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;III&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Et, dans la même logique, comment accepter, comment supporter la dénonciation honteuse, déshonorante pour toute personne qui se dit de gauche, de « l’assistanat » (dénonciation qui figurait sur la profession de foi de votre candidate dès le deuxième paragraphe) au nom de la responsabilité individuelle qui veut que, en échange de droits, il faudrait se plier à un ensemble de devoirs et de contreparties imposées. Cette contractualisation personnalisée et cette individualisation du droit du travail et de la protection sociale sont les vecteurs - d’ailleurs explicitement théorisés par les idéologues néo-conservateurs dont je parlais à l’instant - d’un démantèlement de l’Etat-Providence et des politiques redistributives qui sont l’héritage des luttes sociales du siècle écoulé et particulièrement des conquêtes de l’après-guerre.&lt;br /&gt;On comprend pourquoi dans tout le prêchi-prêcha néo-chrétien qui prospère aujourd’hui parmi les « élites » socialistes sur les « exclus », on qualifie toujours, désormais, la « solidarité » d’« active », en opposition, bien sûr, à celle qui serait « passive », ce qui n’est qu’une manière de déguiser en propos de gauche une version à peine modernisée de la vieille dénonciation réactionnaire de la paresse des chômeurs et des assistés et de l’immoralité des pauvres. Car la « solidarité », surtout, ne doit plus s’accomplir que sous la condition de « contreparties » qui sont autant d’injonctions faites aux victimes de la précarisation de manifester, comme le voulaient déjà les philanthropes du XIXe siècle, leur bonne volonté et leur bonne moralité. Et comment ne pas redouter que tout ce discours et la vision du monde qui le commande ne débouchent bien vite, si le PS revient au pouvoir, sur des mesures politiques répressives à l’encontre de ceux qui ne sauront pas ou ne pourront pas se plier à ces injonctions, et sur une transformation, comme cela semble être le rêve déjà d’une certaine gauche, de l’Etat social en Etat pénal, pour ne pas dire en Etat carcéral. Beaucoup de travaux sociologiques aux Etats-Unis ou en Angleterre ont mis en évidence les mécanismes qui conduisent à un tel engrenage, et notamment le démantèlement du welfare state au nom de la responsabilisation des « individus », le tout étant sous-tendu par l’inusable schème idéologique du « pauvre méritant » (méritant ou puni).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;IV&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce discours néo-conservateur ne parle que de rétablir du « lien social », donner des « repères » et du « sens » - autant d’expressions qui n’ont, si on essaie de leur donner un contenu, à peu près aucun sens. Qu’est-ce que cela veut dire « donner du sens », si ce n’est imposer des significations et des contraintes aux existences et à l’expérience vécue de tous ceux que ces nouveaux « repères » auront pour fonction de contrôler, normaliser, neutraliser ? Qu’est-ce que cela veut-dire « créer du lien social », si ce n’est - et là encore, c’est l’effet d’une conception atomistique du monde social qu’il s’agit de faire prévaloir contre le « collectivisme » et contre l’analyse des pesanteurs de l’histoire et des déterminations sociales - tenter de faire disparaître à peu près totalement du discours socialiste toutes les autres expressions qui pourraient contenir le mot « social » : je ne parle même pas de classes sociales - devenu une expression tabou - , mais de luttes sociales, de mouvements sociaux, ou tout simplement d’appartenances sociales, d’ancrages sociaux et donc d’inévitables conflictualités sociales. Etre de gauche, me semble-t-il, c’est se situer du côté du conflit, c’est accompagner les mouvements et les revendications, et non les dénoncer au nom du « vivre-ensemble », du « faire société » ou du « faire nation » et autres vieilleries personnalistes que presque tous les journaux de gauche s’acharnent à nous faire accepter comme les principes fondateurs d’une « modernisation de la pensée de gauche ». Il nous faut nous défaire de l’idéologie réactionnaire du « vivre ensemble », toujours porteuse de régression sociale et d’immobilisme culturel et toujours teintée, bien sûr, à la fois de nationalisme et de rejet de la différence et de la dissidence (songez à l’homophobie militante que n’ont cessé de manifester ceux qui aiment à nous vanter les vertus du « monde commun » et des « valeurs communes »). En fait, « vivre ensemble », c’est le programme de Sarkozy, dans lequel, comme je l’ai dit, la haute bourgeoisie et les déshérités devraient cohabiter dans l’heureuse harmonie des valeurs partagées : ordre et travail, nation et sécurité. Un projet politique dont l’objectif premier est d’obtenir la soumission de tous aux lois de l’économie et la docilité des classes populaires et de tous ceux qui pourraient être amenés à résister aux nouvelles formes de domination. Je viens de dire : le programme de Sarkozy, mais j’aurais pu également nommer d’autres hommes de droite, de moindre envergure, qui partagent son projet, par exemple Manuel Valls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est en effet édifiant que les mêmes qui n’ont que le mot « individu » à la bouche contre toute la pensée de gauche qui tend à expliquer que l’individu n’est pas un isolat social, mais toujours inséré dans un monde social, les mêmes donc qui veulent qu’on retrouve une pensée de l’individu contre le collectif soient, quand un mouvement politique, social ou culturel apparaît, quand une revendication se fait jour dans l’espace public pour contrecarrer, précisément, la force des inerties sociales et les mécanismes de la reproduction et élargir la liberté et l’autonomie des individus, toujours les premiers à se précipiter pour dénoncer en chœur - un chœur où les voix de la gauche conservatrice se mêlent à celles de la droite réactionnaire - « les méfaits » ou les « dérives » de « l’individualisme contemporain » (le principal de ces « méfaits » étant à leurs yeux que tout le monde désormais s’imagine avoir le droit de défendre ses droits ou d’en réclamer de nouveaux). Ces usages à géométrie variable de la notion d’individu ou de celle d’individualisme - qu’il convient tantôt de réhabiliter, tantôt de dénoncer - ne sont pourtant pas aussi contradictoires qu’il y paraît : ils se déploient en réalité sur l’horizon d’une cohérence idéologique très profonde et très profondément marquée par une logique de droite. Car cela signifie qu’il y aurait d’un côté le bon individu (et donc le bon individualisme) : celui qui accepte des devoirs et des contraintes en échange de ses droits, et surtout qui se tait et fait ce qu’on lui dit de faire, et de l’autre, le mauvais individu (et le mauvais individualisme), celui qui entreprend de défendre ses droits ou d’en revendiquer de nouveaux, c’est-à-dire ce qu’autrefois on appelait les mouvements, les mobilisations, les luttes, bref, ce qu’on appelait la gauche. Ce qui est pourfendu dans presque tous les secteurs du champ politique ou médiatique comme « l’individualisme contemporain », c’est ce qui devrait constituer la définition même de la gauche et de ce qui la fait vivre (et la renouvelle en permanence, par l’émergence de nouveaux mouvements, de nouvelles revendications)… ). Oui, « l’individualisme contemporain », c’est un autre mot pour désigner la gauche, mais c’est un mot péjoratif, un mot de stigmatisation de la gauche, de son héritage et de sa force présente et à venir… Il est donc assez lamentable que ce vocable péjoratif, que ce vocable réactionnaire puisse prospérer comme c’est si massivement le cas dans les discours du Parti socialiste aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ceci me porte à penser que le Parti socialiste ne sera probablement pas incapable de reconquérir le pouvoir, mais que la reconquête du pouvoir par le parti socialiste risque de signifier - sur le modèle de Tony Blair succédant à Margaret Thatcher – une nouvelle et profonde défaite de la gauche. C’est peut-être à vous, jeunes socialistes, de travailler à nous éviter cela. Je dis « nous », car nous sommes tous concernés. Mais je crois que vous aurez fort à faire, au sein de votre propre parti. Et vous me permettrez donc d’afficher mon scepticisme sur ce qui va se passer au cours des prochaines années. Je suis persuadé, de manière générale, que l’invention politique et théorique se passe toujours en dehors des partis (qui sont inévitablement des lieux où il est presque impossible de penser). Au mieux, les partis viennent après, pour reprendre ce qui s’est inventé ailleurs (on l’a vu récemment avec tout ce qui s’est produit autour du mouvement gay et lesbien, que le PS a d’abord combattu avant d’en reprendre certaines revendications et d’accepter avec beaucoup de retard le renouvellement progressiste de l’idée même du couple, de la famille, du droit, de la vie sociale que ces revendications emportaient avec elles). Il est urgent de récuser l’opposition dans laquelle on essaie de nous enfermer entre une gauche radicale soutenant les mouvements sociaux et une gauche gouvernementale préoccupée de la « réforme ». Car la question qui se pose n’est pas de savoir s’il faut réformer ou pas, mais quelles sont les reformes souhaitables et possibles, et aussi qui les propose, qui les définit, qui a droit à la parole… Et les mouvements sociaux sont les lieux où peuvent s’élaborer des propositions de réformes souhaitables et possibles, qu’il incomberait à un gouvernement de gauche de réaliser concrètement. Je suis toujours amusé quand j’entends ceux qui s’en prennent aux « archaïsmes » d’une gauche radicale qui refuserait « la réforme » (quand elle refuse telle ou telle réforme génératrice d’une destruction des acquis sociaux), car ce sont souvent les mêmes (les mêmes responsables politiques, les mêmes cénacles idéologiques, les mêmes revues, les mêmes éditorialistes…) qui ont hurlé hier, au nom de la tradition indépassable, du passé immémorial, de l‘impossibilité quasi « anthropologique » de changer l’ordre des choses etc., contre la réforme que représentait le Pacs et qui hurlent aujourd’hui contre les réformes capitales que représenteraient l’ouverture du droit au mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance juridique égalitaire de l’homoparentalité ou d’autres arrangements familiaux. Réconcilions donc « radicalité » et « réforme » en définissant la réforme comme ce qui naîtra d’un travail en commun entre les partis de gouvernement, les syndicats, les associations, les intellectuels, les chercheurs, les citoyens qui veulent exprimer leurs aspirations, et notamment quand ils le font sous la forme de mobilisations collectives (cela pourrait s’appeler une « démocratie participative », en tournant le dos au contenu dépolitisant et anti-démocratique qui a été donné récemment à cette notion).&lt;br /&gt;Mais si le Parti socialiste ne se donne plus pour tâche de s’inspirer, comme dans les années 1970, de ce qui se passe dans la société et dans les mouvements sociaux, mais au contraire, comme c’est devenu non seulement sa pratique mais aussi sa théorie, d’ignorer, voire de combattre toute cette fermentation politique, culturelle, intellectuelle, il y a fort à parier que la rénovation de la gauche va s’opérer non seulement ailleurs, je veux dire : en dehors du PS, mais aussi et surtout, en grande partie contre lui. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-8388360953551488128?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8388360953551488128'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/8388360953551488128'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/contribution-intempestive-la-rnovation.html' title='Contribution intempestive à la rénovation de la gauche'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-4201970857266490310</id><published>2007-09-19T12:56:00.001+02:00</published><updated>2007-09-21T16:11:10.956+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>« La dérive droitière du PS a même atteint la gauche radicale »</title><content type='html'>Enretien publié sur le site &lt;a href="http://www.rue89.com/2007/06/21/didier-eribon-il-y-aura-des-pensees-de-gauche"&gt;Rue89&lt;/a&gt;, le 23 juin 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quel bilan dressez-vous des arguments&lt;br /&gt;utilisés pendant la campagne électorale présidentielle ? Et en particulier, des arguments utilisés par les candidats de gauche (socialiste, communiste et extrême gauche) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Ce qui m’a le plus frappé, tout au long de cette séquence électorale, c’est la manière dont la dérive droitière du Parti socialiste a produit des effets dans l’ensemble de la gauche et jusqu’à la gauche radicale. En effet, pendant que la calamiteuse candidate socialiste, dont les conditions de désignation avaient déjà traduit l’état de délabrement politique et intellectuel de son parti, menait campagne sur des voies douteuses, pour ne pas dire dangereuses, au gré de ses pulsions conservatrices (une sorte de conservatisme compassionnel, du sarkozysme avec des larmes), on a vu une partie de la gauche radicale (notamment chez les intellectuels) la soutenir sans conditions et sans distance critique, et souvent même dès le premier tour, au nom des nécessités du vote utile. Ce qui a permis ensuite au PS de faire comme s’il avait réellement réuni 26% des suffrages au premier tour et que les autres courants de la gauche avaient effectivement quasiment disparu.&lt;br /&gt;Par conséquent, là où il y avait un espace possible pour réfléchir à ce que peut être la gauche aujourd’hui (ou à la manière dont les différentes gauches peuvent se rejoindre le temps d’une élection) on a renoncé à penser et à élaborer des réponses de gauche aux questions, anciennes ou nouvelles, qui appelaient une réflexion d’ensemble, et on s’est laissé aspiré par une sorte de logique électorale qui enjoignait de taire les critiques et les divergences pour ne pas nuire à la candidate. Avec le merveilleux résultat que l’on sait! A l’évidence, ce n’était pas ainsi que pouvait se créer une dynamique de gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’entendez-vous par des « réponses de gauche » ? Pensez-vous, comme Ségolène Royal, que le SMIC à 1500 euros ou les 35h généralisées étaient des réponses trop à gauche ou pas assez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Il ne vous aura pas échappé que, dans la mesure où je suis de gauche, je pense assez rarement comme Ségolène Royal ! Mais, sur le fond, ce que j’appelle des « réponses de gauche », ce sont des réponses qui s’inscrivent dans le cadre général d’une démarche de gauche. Il ne s’agit donc pas de discuter de telle ou telle mesure (si importante ou symbolique soit-elle) comme si elle pouvait constituer un élément séparé des autres et qui relèverait du seul débat entre experts. Car c’est bien là tout le problème : une démarche de gauche ne peut s’élaborer que si elle s’appuie sur un travail collectif auquel participeraient les différents courants de la gauche, les syndicats, les associations, les représentants de divers mouvements, les chercheurs et les intellectuels et tous ceux qui veulent contribuer à un tel projet. C’est-à-dire très exactement le contraire de ce qu’a fait le Parti socialiste, qui n’a cessé d’appeler à une mobilisation de « toute la gauche », mais en insistant toujours sur le fait que cette mobilisation devait s’organiser sur la base de son propre programme. En gros, cela revient à dire : « Votez pour nous et taisez vous ». Or ça ne peut évidemment pas marcher comme ça ! Donc la question pour moi n’est pas seulement de déterminer si telle ou telle mesure est réellement de gauche (ce qui n’est évidemment pas négligeable), mais aussi de voir dans quel cadre ces mesures s’inscrivent, quelle signification elles revêtent dans une perspective globale et, plus encore, comment ce cadre général et les mesures spécifiques sont élaborées, par qui, quand, pourquoi, etc. Bref : qui a droit à la parole dans la production des idées politiques ? Ce ne sont donc pas uniquement les solutions avancées qu’il faut entièrement revisiter et repenser, mais d’abord et surtout les processus à travers lesquels les réponses et les solutions, mais aussi les questions et les problèmes eux-mêmes, sont définis et discutés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- A plusieurs reprises, pendant la campagne, Jean-Marie Le Pen a fait référence à la pensée de Gramsci pour dire que ses idées, celles élaborées par la Nouvelle droite dans les années 70, avaient gagné en 2007. Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que la gauche ait à faire sa révolution pour conquérir le pouvoir en 2012 ou plus tard ?&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Il me semble évident en effet que la droite a très largement conquis ce que Gramsci appelait l’hégémonie idéologique. La défaite de la gauche aujourd’hui est le fruit d’une longue histoire qui a commencé il y a plus de vingt ans et que j’ai essayé d’analyser dans mon livre. Qu’on n’imagine pas en effet que la gauche aurait été seulement victime d’évolutions qui se sont produites contre elle et auxquelles elle ne pouvait pas s’opposer ! Elle a été aussi activement partie prenante de ces phénomènes. Un certain nombre d’idéologues ont travaillé à démolir la pensée de gauche, et le plus surprenant, c’est que ces gens se sont souvent présentés comme des rénovateurs de la gauche, alors même qu’ils ne faisaient rien d’autre que recycler tout le répertoire et je dirai même toutes les obsessions de la pensée de droite telle qu’elle s’est façonnée en France depuis les années 1950. Nous avons véritablement assisté dans les années 1980 et 1990 à un phénomène de contre-révolution dans le domaine intellectuel, qui s’est donné pour tâche d’annuler tout ce que les années 1960 et 1970 avaient apporté et transformé dans la pensée de gauche. Et le Parti socialiste - tout comme les journaux de gauche - aura été un des principaux réceptacles, un des principaux vecteurs mais aussi un des principaux acteurs de cette contre-révolution idéologique. Il suffit de voir qui est invité aux colloques socialistes, quels thèmes y sont discutés… C’est édifiant ! Si ce sont des idéologues de droite qui sont sollicités pour élaborer une réflexion sur les problèmes que la gauche doit affronter, il est évident qu’il en ressort une pensée de droite. Et si l’on conforte ainsi la pensée de droite, si on lui accorde une reconnaissance, une légitimité et même une quasi évidence, c’est à la droite que cela finit par bénéficier ! On a dit : la droite a gagné la bataille des idées. Ce n’est vrai que parce que la gauche a renoncé à mener la bataille, et a adopté ou ratifié les idées qu’elle aurait dû combattre.&lt;br /&gt;C’est aussi ce qui permet de comprendre – même s’il ne faut pas négliger, bien sûr, la force internationale de tous ces courants et vents mauvais – pourquoi le Front national a pu imposer des thèmes qui ont structuré le débat public, et plus profondément, imprégné les consciences et les inconscients. Au fur et à mesure que ces discours nationalistes et xénophobes prospéraient, la gauche socialiste, au lieu de s’y opposer en essayant de façonner de nouveaux discours de gauche (mais il aurait fallu les ancrer dans les mobilisations sociales qu’elle a dédaignés, voire dénoncées ou matraquées), a participé à la dérive générale des continents en se déplaçant toujours plus vers la droite, pour récupérer les voix de ceux qui étaient sensibles à l’attrait exercé par l’extrême-droite, au point que le vote pour le Front national (un vote, soit dit en passant, que le Parti socialiste avait contribué à installer en menant les politiques qu’il a menées au début des années 1980, et en exerçant le pouvoir de la manière dont il l’a exercé), n’a fait que s’amplifier en aimantant de plus en plus toute la vie politique. Et il a suffi à la droite classique de reprendre à son compte, de façon explicite, les thématiques de l’extrême-droite pour récupérer une bonne partie de ces votes. On pourrait résumer la situation : le Parti socialiste a installé la force du Front national, puis a droitisé son discours pour récupérer les voix qu’il renvoyait lui-même au Front national par les politiques qu’il menait, et cette droitisation généralisée, l’emprise sur les consciences des visions de droite, des schèmes de perception de droite, a profité… à la droite.&lt;br /&gt;Par conséquent, en effet, la gauche ne peut reconquérir le terrain perdu que si elle sait réinventer une pensée de gauche, des manières de voir le monde, des modes de perception, etc. qui seraient vraiment de gauche. Sinon, elle pourra bien sûr gagner des élections, par l’effet de rejet que la politique sarkozyste ne manquera pas d’engendrer. Mais ça sera le prélude à de nouvelles débâcles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Avec qui les socialistes peuvent-ils reconstruire une vraie gauche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Il faudrait peut-être poser la question différemment, car il ne va pas de soi que le Parti socialiste soit le lieu le plus évident aujourd’hui pour qu’une pensée de gauche renaisse, dans la mesure où la logique de droitisation va continuer d’exercer ses effets. Au PS, quand on parle aujourd’hui de « moderniser », cela veut toujours dire droitiser et pousser encore plus loin la droitisation d’hier. On pourrait donc au contraire se demander : est-ce qu’une pensée et une politique de gauche peuvent se reconstruire aujourd’hui malgré ce qu’est devenu le Parti socialiste ? L’innovation viendra assurément d’ailleurs, et dans une large mesure se fera contre le Parti socialiste. En tout cas, il n’y aura pas UNE pensée de gauche, mais DES pensées de gauche. Et une tension inévitable surgira entre toutes ces tentatives contradictoires. On peut espérer que cette tension sera féconde et productive. C’est pourquoi je crois que la tâche des intellectuels de gauche est aujourd’hui considérable. Il incombera alors au Parti socialiste de savoir s’il veut travailler avec ceux-ci, et avec tous les mouvements qui font bouger la société et la pensée (et qui sont à mes yeux les lieux où se crée la gauche nouvelle). Ou s’il veut persévérer dans son être actuel : celui d’un parti de dignitaires qui s’entredéchirent pour les places et les postes. Si c’est le cas, la droite a de beaux jours devant elle. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par David Servenay.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-4201970857266490310?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4201970857266490310'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/4201970857266490310'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/la-drive-droitire-du-ps-mme-atteint-la.html' title='« La dérive droitière du PS a même atteint la gauche radicale »'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-2549827099881408727</id><published>2007-09-16T01:44:00.001+02:00</published><updated>2007-10-21T12:23:19.808+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>"Une perception conservatrice du monde social a triomphé à gauche"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Version intégrale de l'entretien publié dans &lt;em&gt;Le Monde 2, &lt;/em&gt;le 27 avril 2007, à l'occasion de la parution de &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article516"&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; (éd. Leo Scheer).&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;- En 1981, lors de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, les grands intellectuels de gauche, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jacques Derrida, se rangent derrière lui. Vingt six ans plus tard, le monde intellectuel semble avoir quitté cette gauche-là…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon :&lt;/strong&gt; En effet, l’élection de Mitterrand et l’installation d’un gouvernement de gauche en 1981 ont suscité un véritable enthousiasme dans les milieux intellectuels. Nombre de ceux qui avaient participé aux mouvements de contestation des années 1960-1970 ont soutenu ce nouveau pouvoir. Le 30 mai 1981, Michel Foucault, qui n’avait pas appelé à voter Mitterrand, donne à &lt;em&gt;Libération &lt;/em&gt;une interview intitulée : « Est-il donc important de penser ? ». Il y explique : « Depuis une bonne vingtaine d’années, une série de questions ont été posée dans la société elle-même. Et ces questions longtemps n’ont pas eu droit de cité dans la politique ‘’sérieuse’’ et institutionnelle. Les socialistes semblent avoir été les seuls à saisir la réalité de ces problèmes, à y faire écho ». Du coup, il imagine qu’il va être possible de travailler avec eux à un certain nombre de réformes. Quant à Félix Guattari, il note dans un article, repris dans son recueil &lt;em&gt;Les années d’hiver, 1980-1985&lt;/em&gt; : « Le PS au pouvoir, qu’est-ce que c’est ? Une drogue dure ou une drogue douce ! En tout cas, quelque chose qui marche très fort dans les têtes ». Ces penseurs qui avaient fait dix ans auparavant l’éloge de « l’émeute populaire », sous le règne d’un gouvernement de droite dure, ont alors cru qu’un nouveau rapport entre gouvernants et gouvernés allait s’instaurer, et qu’un rapprochement serait possible entre les intellectuels critiques et un pouvoir réformateur afin de définir les changements possibles. Ce n’est évidemment pas ce qui s’est produit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- D’où vient la rupture ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : On dit souvent que la rupture remonte au tournant économique de 1983 lorsque le gouvernement de Pierre Mauroy mit un frein aux réformes et opta pour la rigueur. Il me semble qu’elle a surgi bien avant et date de décembre 1981, lors du coup d’Etat en Pologne, avec l’arrivée du général Jaruzelski au pouvoir et l’emprisonnement de Lech Walesa et de la plupart des militants de Solidarnosc. Claude Cheysson, le ministre des Relations Extérieures de l’époque, fit ce commentaire : « Nous ne ferons rien, bien sûr ». Bourdieu, Foucault et quelques autres protestèrent de manière véhémente. Jospin, Chevènement et Lang les prirent alors très violemment à parti. Le point de non-retour fut vite atteint et une cassure s’opèra. A partir de là, Bourdieu et Foucault se mirent à réfléchir sur ce qu’est un parti politique et axèrent leur réflexion sur les concepts de « fonction-parti » pour Foucault et de « logique des appareils » pour Bourdieu. Pour l’un, la responsabilité de l’échec du rapprochement entre intellectuels critiques et socialistes provenait du poids du Parti Communiste, pour l’autre, des structures mêmes du Parti Socialiste. Toujours est-il que le rapport de tous ces gens à la gauche gouvernementale fut largement cassé et que cette rupture allait s’installer dans la durée, même si le gouvernement Rocard, quelques années plus tard, Bourdieu allait encore tenter de « travailler avec », en rendant notamment un rapport sur l’éducation.&lt;br /&gt;En fait, je crois que ce qui s’est passé à ce moment-là était lié aux changements profonds déjà amorcés au sein du Parti Socialiste, eux-mêmes l’effet d’une mutation générale de la société. L’arrivée au pouvoir des socialistes a coïncidé avec une nouvelle humeur politique, une aspiration à un retour à l’ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi un tel retour de balancier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : La fin des années 1970 et le début des années 1980 ont marqué l’épuisement de l’effervescence intellectuelle et politique des années précédentes. Les raisons en sont multiples. Dans les années 1980, on a assisté à ce que l’on pourrait appeler un phénomène de vieillissement social. Les gens qui avaient 20 ans en mai 1968 arrivèrent à des postes de responsabilité. On vit en quelque sorte la reconversion professionnelle de leur engagement militant : ils devinrent journalistes, publicitaires, conseils en stratégie d’entreprise ou entrèrent dans les cabinets ministériels. Ils renoncèrent à la ferveur critique, à la volonté de transformer la société et se réconcilièrent avec l’ordre. Pour donner un sens à cette mutation générationnelle, ils n’eurent pas à inventer un nouveau discours mais ont repris, en le repeignant d’un semblant de couleurs de gauche, celui qui prospérait à droite dans les années 1960. D’un seul coup, on dut renoncer à Sartre pour retrouver Aron. C’est à cette mutation globale que des groupes d’universitaires vont alors offrir une véritable mise en forme discursive, pour en faire une « nouvelle pensée politique » qu’un certain nombre de journaux de gauche, comme &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/em&gt;, se mettent à diffuser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous visez quelqu’un comme François Furet, historien spécialiste de la Révolution française, directeur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, chroniqueur au &lt;em&gt;Nouvel Observateur&lt;/em&gt;, ancien communiste converti à l’économie de marché?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon :&lt;/strong&gt; Bien sûr… En créant l’Institut Raymond Aron, il est à la fois un symptôme et un acteur de cette évolution. En écrivant aussi bien au &lt;em&gt;Nouvel Observateur&lt;/em&gt; que dans la revue &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt;, il travaillait à effacer la frontière entre la gauche et la droite. Au même moment, un nouveau type d’universitaires commençait à émerger, pour qui la pensée critique représentée par Pierre Bourdieu ou Michel Foucault était absolument à bannir. Ils furent inlassablement promus, à longueur de colonnes, par les journaux qui passaient pour être de gauche et l’avaient été dans les années 1970. Ils reprenaient à leur compte le propos de Furet : « Il faut accepter le monde tel qu’il est ». Parallèlement, de nouveaux journalistes, issus la plupart du temps de Sciences-Po ou des écoles de journalisme, étaient recrutés dans les journaux, au nom d’un souci de professionnalisation. Avec pour conséquence, qu’ils soient de droite ou de gauche, une homogénéisation des références et de leur rapport à la politique : leur point de vue est toujours celui des gouvernants, rarement celui des gouvernés et des mouvements sociaux. Pierre Bourdieu a analysé ce phénomène dans &lt;em&gt;La noblesse d’Etat&lt;/em&gt; , en 1990. Il y démontre que, au sein des grandes écoles, Sciences-Po occupe désormais une place pré-éminente par rapport à Normale Sup. Du coup, le type d’intellectuels que l’on aime rue Saint-Guillaume (Tocqueville, Aron…) l’emporte, dans l’espace public, sur des auteurs dont le nom évoque plutôt la rue d’Ulm (Marx, Sartre…)… Du &lt;em&gt;Figaro Magazine&lt;/em&gt; à &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;, en passant par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/em&gt;, le recours aux mêmes références intellectuelles a imposé une rhétorique commune et, plus profondément encore, une perception commune du monde social.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment se fait-il que les intellectuels critiques n’aient pas réussi à éviter cette évolution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon :&lt;/strong&gt; C’est un problème que j’essaie d’analyser dans mon livre. Michel Foucault est mort en 1984. Bourdieu, Deleuze, Derrida, Guattari ont continué à publier des livres, mais, en dépit d’un immense retentissement, aussi bien en France qu’à l’échelle internationale, leurs travaux furent combattus non seulement par la droite, ce qui est normal, mais par la gauche, universitaires et journalistes confondus. Il est très frappant de voir comment, en quels termes hystériques, Bourdieu a été insulté après 1995 lorsqu’il s’est engagé dans le soutien aux mouvements sociaux. On l’a dépeint comme un extrémiste radical, alors qu’il rêvait simplement de mettre ses compétences et ses analyses au service de la collectivité. Au fond, je serai presque tenté de dire qu’il était peut-être tout simplement rocardien ! Mais d’un rocardisme qui, fidèle à ce qu’il avait été dans les années 1970, n’aurait jamais pensé la réforme en opposition aux mobilisations sociales mais au contraire en symbiose, en synergie avec celles-ci. Face à un tel déferlement d’attaques violentes, les intellectuels critiques ont recherché des environnements moins hostiles. Ils se sont repliés vers l’Université qu’ils avaient contournée dans les années 1960 et 1970 et, jugeant les journaux aux mains des néoconservateurs, ils ont plus ou moins considéré « le journalisme » comme l’ennemi à combattre. Bourdieu, dans ce domaine, a peut-être dérogé aux principes qu’il s’était toujours fait un devoir de mettre en œuvre : ne jamais abandonner le terrain à l’adversaire, le lui disputer toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Peut-on établir un parallèle entre la montée en France d’une pensée conservatrice et l’émergence aux Etats Unis des néo-conservateurs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon :&lt;/strong&gt; Les rapports entre la vie politique et intellectuelle sont très différents dans les deux pays. Il est néanmoins intéressant de constater que l’un des grands textes de la restauration conservatrice américaine, &lt;em&gt;L’âme désarmée&lt;/em&gt; d’Allan Bloom, est sorti en France, en 1987, par l’intermédiaire de François Furet, qui en a ensuite rendu compte de manière fort élogieuse dans &lt;em&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/em&gt;. Je pourrais prendre de nombreux exemples similaires. En fait, Furet et son groupe ont essayé d’acclimater en France le mouvement néo-conservateur américain. Et tous ces processus ont façonné la pensée du Parti socialiste : une pensée de la Nation et de l’unité nationale a remplacé la pensée en termes de clivages sociaux et politiques. Une pensée de l’individu qui doit déléguer sa liberté à l’autorité politique a remplacé la pensée en termes de groupes sociaux et de mobilisations sociales. Si bien que tout mouvement social ou culturel est désormais perçu par les nouveaux dignitaires de la gauche officielle comme un délitement du « lien social » ou une manifestation de « l’individualisme ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que peuvent faire les intellectuels de gauche aujourd’hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon :&lt;/strong&gt; J’ai relu récemment &lt;em&gt;Les mandarins&lt;/em&gt;, le roman publié par Simone de Beauvoir en 1954. Ce livre pose au fond la question qui obsédait les intellectuels de l’époque : « Peut-on être engagé à gauche en se tenant à l’écart du Parti Communiste ? ». On sait à quel point cette question, et la réponse à lui apporter, furent, pour Jean-Paul Sartre et quelques autres, difficiles et compliquées. Nous sommes dans une situation analogue. Remplacez le terme « communiste » par « socialiste » et vous avez le dilemme actuel : « Peut-on faire une politique de gauche avec le Parti socialiste ? Peut-on faire une politique de gauche sans le Parti socialiste ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par Yann Plougastel&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-2549827099881408727?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2549827099881408727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/2549827099881408727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/une-perception-conservatrice-du-monde.html' title='&quot;Une perception conservatrice du monde social a triomphé à gauche&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-7571136711750562305</id><published>2007-09-16T01:44:00.000+02:00</published><updated>2007-10-21T12:24:01.046+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>"La gauche s'est coupée des énergies sociales"</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Version intégrale de l'entretien publié dans &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; le 10 avril 2007 à l’occasion de la parution de &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article516"&gt;D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; (éd. Leo Scheer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Est ce que le débat autour du drapeau, de la Marseillaise et de l'identité nationale traduit un glissement de la société française et de ses élites vers la droite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : En fait, comme j’essaie de le montrer dans mon livre, c’est le produit de vingt ans d’un travail idéologique mis en œuvre par des intellectuels néo-conservateurs qui ont cherché à remplacer la perception de la société en termes de clivages sociaux et d’inégalités sociales par un discours sur la Nation et l’unité nationale. C’est-à-dire qu’ils ont proposé à la gauche une vieille pensée de droite en la présentant comme une rénovation de la pensée de gauche. Il y aurait donc d’un côté la Nation, et de l’autre les « individus » qui doivent se fondre dans un « vivre ensemble » national. Ce qui a conduit la gauche gouvernementale à considérer toute les mobilisations politiques comme le symptôme d’un délitement du « lien social » et « national » au lieu d’y voir le point d’ancrage d’une transformation possible de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Sarkozy et son modèle social plutôt libéral présente t'il la traduction hexagonale de la révolution conservatrice américaine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Dans une large mesure, oui. Et souvent dans ses versions les plus caricaturales. Mais le problème, c’est que le Parti socialiste a été façonné par les mêmes thématiques idéologiques. L’obsession d’en finir avec l’héritage de mai 68 et des années 1970 est partagée aujourd’hui par la droite et par la gauche gouvernementale. Or, la gauche devrait au contraire se donner pour tâche de faire vivre cet héritage : cela amènerait à imaginer un « travail en commun » de la gauche gouvernementale et de la gauche critique, comme le suggérait Foucault après la victoire de Mitterrand en 1981.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-A qui profite ce glissement vers une thématique nationale identitaire, Nicolas Sarkozy ou Le Pen ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Il me semble que, à court terme, cela va profiter à Sarkozy, puisque cela conduit la gauche à se couper des énergies sociales et politiques qui pourraient s’agréger en une dynamique collective où chacun pourrait participer tout en gardant sa propre démarche. Mais à plus long terme, je crois que, dans la mesure où le Parti socialiste n’est plus capable de fournir aux classes populaires un discours par le moyen duquel elles pourraient donner sens à leur expérience vécue, cela laisse le champ libre à ceux qui viennent offrir une autre manière de penser cette expérience : dès lors qu’on ne perçoit plus le monde en termes de clivages sociaux (ou, si vous préférez, de classes sociales), on laisse s’installer une pensée en termes de clivages nationaux et raciaux, ce qui se traduit électoralement par un vote Le Pen. Tout ce discours sur la Nation fait circuler dans la société des pulsions mauvaises. La gauche devrait les contrecarrer au lieu de les ratifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Avec un PC faible et un centre droit fort, le centre de gravité du PS n'est-il pas obligé de se déplacer vers la droite ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Non ! D’abord parce que ce qui apparaît comme la force du « centre-droit » vient en grande partie du fait que de nombreux électeurs de gauche ont été déçus par l’absence d’unité de la gauche antilibérale. Ils veulent battre Sarkozy mais ne veulent pas voter Royal. Si le Parti socialiste avait été à l’écoute des mouvements sociaux (au lieu de les insulter comme il n’a cessé de le faire pendant des années), la situation actuelle serait très différente. Il faut dire aussi que si les composantes de la gauche radicale avaient oublié un instant leurs petits intérêts de boutique pour s’unir, elles seraient en position d’imposer une autre évolution aux socialistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quels sont aujourd'hui les grands sujets de société qui clivent la droite de la gauche ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt; : Ce qui devrait définir la gauche, à mes yeux, c’est l’attention portée aux revendications et mobilisations sociales, politiques et culturelles. Avec le souci de garantir au maximum les droits acquis (c’est-à-dire anciennement conquis) et de créer de nouveaux droits. La défense du welfare state et de l’Etat redistributeur, le maintien des systèmes de protection sociale, mais aussi, par exemple, une approche ouverte et généreuse de la question des « sans papiers », la reconnaissance pleine et entière des couples de même sexe et des familles homoparentales, ou, pour évoquer des mouvements apparus plus récemment, l’accueil des revendications des « minorité visibles » ou, dans un autre registre, celles des associations de transexuels-le-s, et, bien sûr, celles de tant d’autres mouvements, présents et aussi à venir, et dont l’émergence est imprévisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par Christophe Foscari.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-7571136711750562305?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7571136711750562305'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/7571136711750562305'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/la-gauche-sest-coupe-des-nergies.html' title='&quot;La gauche s&apos;est coupée des énergies sociales&quot;'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-6511637252862975704</id><published>2007-09-15T14:29:00.000+02:00</published><updated>2007-10-21T12:24:55.036+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la gauche'/><title type='text'>La démolition conservatrice de la pensée de gauche</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Entretien publié dans &lt;a href="http://www.humanite.fr/2007-04-21_Politique_-La-demolition-conservatricede-la-pensee-de-gauche"&gt;&lt;em&gt;L'Humanité, &lt;/em&gt;le 21 avril 2007&lt;/a&gt;, à l'occasion de la parution de &lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article516"&gt;&lt;em&gt;D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française&lt;/em&gt; &lt;/a&gt;(éd. Leo Scheer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous dénoncez une « dérive conservatrice » du Parti socialiste après son arrivée au pouvoir, en 1981. Comment l’expliquez-vous ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt;. Dans les années 1970, le Parti socialiste qui s’était créé sur les ruines de la SFIO a intégré dans ses préoccupations un certain nombre d’aspirations exprimées par les mouvements de contestation et les intellectuels critiques. C’est pourquoi l’élection de Mitterrand en mai 1981 a été vécue avec enthousiasme par beaucoup de ceux qui avaient participé à cette effervescence des années 1960 et 1970. Michel Foucault, par exemple, imagine qu’un nouveau rapport entre les gouvernants et les gouvernés va s’instaurer, et que la gauche gouvernementale et la gauche critique vont pouvoir « travailler en commun » pour élaborer des réformes concrètes. Ils vont vite déchanter. Dès qu’ils prirent la parole pour critiquer le gouvernement, ils furent insultés par les responsables socialistes. En fait, le Parti socialiste s’était glissé dans les habits du pouvoir et s’est mis à considérer les mouvements sociaux et les intellectuels critiques comme des ennemis.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- Le glissement à droite de la vie intellectuelle, que vous décrivez, en est-il une cause ou une conséquence ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt;. Ce sont des phénomènes imbriqués. Le Parti socialiste avait besoin d’une pensée d’État et s’est tourné vers des idéologues qui la lui ont fournie. Il ne s’agissait plus de réfléchir à partir du point de vue des gouvernés, et donc des mobilisations sociales et politiques, mais à partir du point de vue des gouvernants, c’est-à-dire d’un prétendu « intérêt général » représenté par l’autorité politique. Ce qui, bien sûr, revient toujours à laisser les experts décider de ce qu’est l’intérêt général et à dénoncer toute revendication comme l’expression des intérêts particuliers. D’où le thème de la nation, opposée à la « fragmentation » des groupes sociaux, et aussi le thème de la raison éclairée des gouvernants, opposée aux passions aveugles du peuple. Vous trouvez ces thèmes partout, et notamment dans les livres et revues qui se sont présentés comme promouvant une rénovation de la pensée de gauche. Alors qu’il s’agissait évidemment de remplacer la pensée de gauche par une vielle pensée de droite (symbolisée par le nom de Raymond Aron), celle qui avait servi à combattre les grèves ouvrières et la révolte étudiante de mai 1968. Et c’est cette idéologie néoconservatrice qui a été véhiculée et imposée par les grands journaux de gauche comme s’il s’agissait d’une nouvelle pensée de gauche. Les penseurs auxquels se sont référés les socialistes sont alors devenus à peu près les mêmes que ceux auxquels se référait la droite. Ce qui signifie qu’il s’agissait de penseurs de droite.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- La restauration conservatrice, dites-vous, s’appuie sur l’idée selon laquelle il existerait des lois transcendantes qui s’imposeraient aux individus. C’est donc l’idée même de liberté qui est en cause ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt;. Cela veut dire en effet que l’on ne pourrait rien faire contre les nécessités qui pèsent sur nous. Contre ceux qui défendent les droits sociaux, les néoconservateurs (de gauche notamment) ont invoqué les lois de l’économie qui obligeraient au démantèlement des systèmes de protection sociale. Contre les revendications du mouvement gay et lesbien, les néoconservateurs (de gauche également) ont brandi les lois de l’ordre symbolique : changer la définition de la famille reviendrait à détruire la civilisation. Bref, on n’aurait donc pas d’autre choix que de se soumettre à ce qu’ils présentent comme des lois inéluctables. Et si on refuse cette soumission, on est dénoncé comme irresponsable. Or il est bien évident qu’une démarche de gauche devrait partir du point de vue exactement inverse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- Comment expliquer la place prise par le prétendu « débat » sur l’identité nationale ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt;. - Dès lors que l’on ne parle plus en termes de clivages sociaux ou, si vous préférez, de classes sociales, on n’offre plus aux classes populaires un moyen de penser leur expérience vécue. Et quand, de surcroît, on se met à parler en termes d’identité nationale, on ouvre la porte à ceux qui viennent durcir ce discours pour proposer à tous ceux qui sont victimes du chômage et de la précarité une autre manière de comprendre leur propre expérience, c’est-à-dire en termes de clivages nationaux et raciaux. Le Front national a (en partie du moins) prospéré sur la démolition néoconservatrice de la pensée de gauche. Et la gauche socialiste a bien du mal à échapper aujourd’hui à ces logiques qu’elle a largement contribué à ancrer durablement comme des schèmes de perception du monde social, alors que ça n’était pas le cas il y a vingt-cinq ans.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- Cette révolution néoconservatrice bouche-t-elle tout horizon d’une politique critique ? Quelles forces sociales pourraient promouvoir une telle politique ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;&lt;strong&gt;Didier Eribon&lt;/strong&gt;. Ni les mouvements sociaux, ni la pensée critique n’ont cessé d’exister. Mais les mouvements ont été dénoncés comme des aberrations, comme des effets néfastes de « l’individualisme contemporain », etc. Et les intellectuels critiques ont été dépeints comme des vestiges d’un passé révolu. Ces propos n’ont évidemment aucun sens, si ce n’est de traduire l’hostilité de ceux qui ont le monopole de la parole publique à l’égard de tout ce qu’ils ne contrôlent pas dans le monde social et intellectuel. Il me semble donc qu’il serait urgent de réfléchir à l’articulation des mouvements sociaux entre eux, et aussi au rapport que la pensée critique entretient avec eux. On pourrait par exemple reprendre une idée chère à Bourdieu : les « états généraux ». Organiser régulièrement des assises des mouvements sociaux, ou des assises de la pensée critique, bref, des états généraux de la « gauche de gauche ». Et surtout travailler inlassablement à contester l’hégémonie des dignitaires socialistes dans l’espace politique et celle des idéologues néoconservateurs dans l’espace médiatique. La tâche est immense. Elle ne se réduit pas aux périodes électorales. Je crois même que c’est dans ces moments qu’elle est le plus difficile à mettre en oeuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entretien réalisé par Rosa Moussaoui&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1075713037525571703-6511637252862975704?l=didiereribon.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6511637252862975704'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1075713037525571703/posts/default/6511637252862975704'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://didiereribon.blogspot.com/2007/09/la-dmolition-conservatrice-de-la-pense.html' title='La démolition conservatrice de la pensée de gauche'/><author><name>adresses</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1075713037525571703.post-5279745836154332627</id><published>2007-09-14T16:36:00.000+02:00</published><updated>2008-02-03T13:28:52.293+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la question gay'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Problèmes de théorie et de philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes sur la psychanalyse'/><title type='text'>L'inconscient des psychanalystes au miroir de l'homosexualité.</title><content type='html'>Cet article a été publié dans le numéro spécial "Psychanalyse : que reste-t-il de nos amours?" (sous la direction de Francis Martens) de la&lt;em&gt; Revue de l'université de Bruxelles&lt;/em&gt;, 1999/2, Bruxelles, éditions Complexe, 2000. Je ne l'ai jamais repris en volume, dans la mesure où j'ai développé les points abordés ici dans d'autres écrits (cf. la longue partie consacrée à la psychanalyse dans &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.fayard.fr/livre/fayard-140087-Une-morale-du-minoritaire-Didier-Eribon-hachette.html"&gt;Une morale du minoritaire&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; en 2001, les deux textes repris dans &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.fayard.fr/livre/fayard-170847-Heresies-Didier-Eribon-hachette.html"&gt;Hérésies&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, en 2003, ou les considérations contenues dans &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.leoscheer.com/spip.php?article267"&gt;Echapper à la psychanalyse&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, en 2005). Mais ce premier état de ma critique de la psychanalyse contient de nombreux éléments que je n'ai jamais réutilisés, et je les donne donc à lire ici, à l'intention de ceux qui s'intéressent à ces questions, au développement de cette problématique dans mon travail et aux discussions et controverses qui en sont nées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’inconscient des psychanalystes au miroir de l’homosexualité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quelques notes en prévision d’une critique des fondements normatifs de la psychanalyse&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;§. On me demande un article sur « psychanalyse et homosexualité ». J’hésite : il faudrait des mois pour l’écrire. Certes, j’ai déjà évoqué l’étrange rapport de la psychanalyse à l’homosexualité dans mon dernier livre, &lt;em&gt;Réflexions sur la question gay&lt;/em&gt;. Mais j’avais remis à plus tard le moment d’affronter directement et systématiquement ce vaste continent de problèmes. J’ai simplement commencé de prendre des notes dans la perspective d’un travail à venir. Rien n’est prêt. On me fait pourtant valoir que c’est très important et qu’il est aujourd’hui impossible de ne pas aborder ce thème quand on publie un numéro spécial de revue sur la psychanalyse. Je ne peux que m’en réjouir. Les temps ont donc bien changé. Cela signifie que les psychanalystes ne peuvent plus faire comme s’ils détenaient la vérité sur l’homosexualité sans avoir jamais à s’expliquer sur ce qu’ils en disent. C’est donc la dissymétrie elle-même qui ne va plus de soi : le psychanalyste ne peut plus s’arroger le droit de parler sur l’homosexualité et prendre les homosexuels comme des objets de son regard et de son discours sans s’exposer, désormais, à ce que des sujets ne viennent l’interroger sur cette objectivation, sur ce qui s’y joue, et sur l’appareillage conceptuel dans lesquels la psychanalyse enferme les homosexuels comme dans un filet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, quelques notes. Quelques remarques. Provisoires. Fragmentaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Il faut toujours se demander : quelle est la place de ce spectateur qui contemple le spectacle de l’homosexualité? Et prétend en dévoiler les rouages, les coulisses, la vérité ? Qui est-il. D’où lui vient son savoir ? De quel héritage ? De quelle histoire ? La psychanalyse devient alors l’objet d’une interrogation en retour. Et, disons-le : d’une mise en question. Ce que les psychanalystes n’aiment guère, on s’en doute. D’où leur condamnation des mouvements gays et lesbiens ou, en tout cas, leur extrême méfiance à leur égard. Ils sont pareils en cela à ces psychiatres évoqués par George Chauncey, dans son ouvrage célèbre, &lt;em&gt;Gay New York&lt;/em&gt;, et qui étaient ahuris, dans les années vingt, de voir leurs « patients » refuser de considérer leur « anomalie » comme une maladie qu’il faudrait soigner et parfois même s’en disaient « fiers ». Le diagnostic posé par les psychanalystes à propos de l’homosexualité n’est certes pas le même que celui des psychiatres, et, à bien des égards, il a même été constitué contre les doctrines psychiatriques de la maladie mentale ou de la « dégénérescence ». Mais le geste, l’attitude sont souvent les mêmes, qui consistent à considérer l’homosexualité comme une déviation, un écart par rapport à une « norme » -ce qui n’est pas un simple constat social, mais aussi un principe théorique : « perversion » disait Freud, perpétuant ainsi, malgré ses intentions authentiquement progressistes, un vocabulaire qui n’était pas si loin de celui des psychiatres.&lt;br /&gt;Nonobstant l’imposition de problématique que pratiquent systématiquement les psychanalystes au nom de leur « science », et le terrorisme intellectuel qui en est le corollaire, il faut passer la psychanalyse au crible de l’interrogation qu’elle entend mener sur tout mais dont elle refuse obstinément aux autres le droit de la mener sur elle-même (avec cette phrase rituelle et vide de sens mais qui fonctionne comme un système de défense collectif contre toute mise en cause : « Pourquoi la psychanalyse fait-elle si peur qu’on veuille à ce point s’en débarrasser ? », comme s’il suffisait de s’auto-décerner ainsi des brevets de pensée hérétique pour pouvoir ensuite continuer à tenir les propos les plus conservateurs et les plus rétrogrades ! Et comme si on pouvait penser que ce qui a été progressiste et même révolutionnaire il y a un siècle le restait nécessairement aujourd’hui, comme par l’effet d’une force d’inertie et sans avoir à retravailler les champs de l’expérience intellectuelle dans un sens progressiste, alors même que le discours psychanalytique est souvent devenu, au contraire, un discours figé, ossifié, incapable de s’ouvrir aux réalités culturelles et sociales nouvelles, et répétant de vieilles litanies conceptuelles, brandissant de vieux totems à peine repeints aux couleurs du jour).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. C’est un fait qui saute aux yeux : les psychanalystes ont un sérieux problème avec l’homosexualité. Elle fonctionne avec eux comme un test de Rorschach : prononcez le mot « homosexualité » et attendez les réactions… Cela ne manque jamais : ils vous livrent alors leur inconscient, et peut-être même, l’inconscient de la psychanalyse. On l’a vu très clairement en France pendant les débats sur le Pacs (Pacte civil de solidarité) et plus généralement sur la question du droit au mariage et à l’adoption pour les couples du même sexe. On a assisté à une mobilisation massive des psychanalystes en tant que corps professionnel (à l’exception de quelques rares voix discordantes) pour réaffirmer le dogme de la « différence des sexes » comme fondement de la structuration psychique des individus - dogme qui fonctionne comme un schème mythique qu’il semble n’être jamais besoin de justifier mais dont on voit bien qu’il ne tire son autorité que de lui-même, comme une croyance auto-fondée par le caractère d’évidence que lui confère son ressassement et surtout le fait qu’il rencontre l’adhésion spontanée du sens commun (sens commun d’ailleurs façonné par la vulgate psychanalytique et ses notions les plus galvaudées comme le « complexe d’Œdipe »). Les propos qu’on a pu lire un peu partout au cours des dernières années relevaient bien souvent d’un biologisme aussi diffus que naïf, et qui consiste à ne pouvoir penser le psychisme autrement que dans les termes de la différence et de la complémentarité des sexes dans l’ordre « naturel » de la reproduction, et l’élévation de ce schéma biologique primaire au statut de fondement de la « culture » ou de « l’ordre symbolique » qui la régit. Par conséquent, celui qui ne peut pas ou ne veut pas aimer « l’autre » (entendez : l’autre sexe) est perçu dans ce cadre de pensée comme une personne mutilée, pas vraiment finie. Mais n’est-ce pas ce type de pensée qui est mutilée ? Et qui mutile la culture, en cherchant à clôturer le champ des possibles et fermer l’éventail des choix de vie, en limitant, par exemple, le droit à la famille aux seuls hétérosexuels ou aux homosexuels qui consentent à vivre dans le cadre d’une union hétérosexuelle ?&lt;br /&gt;On m’objectera, bien sûr, que si de tels propos stupides et simplistes ont été tenus, ce n’est pourtant pas ce que pense la majorité des psychanalystes. C’est peut-être exact (je n'en suis pas certain). Mais n’est-ce pas, cependant, un miroir grossissant de ce que pensent presque tous les psychanalystes ? Et tout l’arsenal théorique de la psychanalyse ne s’enracine-t-il pas dans le sol - qu’il soit perçu comme « naturel » ou « culturel »- de ce qu’on pourrait appeler « l’ évidence hétérosexuelle », à partir de laquelle il faut penser l’homosexualité, toujours seconde. Ou en tout cas dans le sol de l’évidence de la « différence des sexes » comme fondement nécessairement bipolaire de la structuration psychique?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Malgré toutes les dénégations avancées notamment par les lacaniens, la psychanalyse n’est souvent rien d’autre, dans ce domaine au moins, qu’une psychologie des profondeurs, invoquant implicitement les mystères insondables d’un principe « masculin » et d’un principe « féminin », inscrits dans les structures archaïco-mythiques de l’esprit humain et schèmes fondateurs de la civilisation ou de la culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Bien oubliée, hélas, la critique de Deleuze et Guattari, dans &lt;em&gt;L’Anti-Œdipe&lt;/em&gt;, qui ironisait sur Mélanie Klein et son acharnement à plaquer la structure « papa-maman » sur chaque parole de l’enfant. Comme disaient si bien les deux auteurs : « Dis papa-maman, sinon tu auras une gifle ». Il faudrait d’ailleurs se demander pourquoi les critiques si vigoureuses qui ont été portées contre la psychanalyse dans les années soixante et soixante-dix semblent aujourd’hui n’avoir plus aucun écho : parce que les auteurs sont morts ? Parce que, comme aurait dit Deleuze, « l’époque n’y est plus » ? Ou bien parce que cette critique était portée par des mouvements culturels et sociaux dont l’écho a été oblitéré par le travail de la restauration conservatrice auquel on a assisté en France et en Europe au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt dix, travail patient et organisé, mené par tous les think tanks néoconservateurs et des cohortes d’essayistes militant pour importer en France et en Europe la pensée de la droite universitaire américaine (en diffamant ou insultant tous les efforts de la gauche radicale et des mouvements féministe ou gay et lesbien pour faire exister d’autres discours et pour continuer d’interroger les formes de domination et d’oppression dans les sociétés dites démocratiques ) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Nécessité de revevenir à l’histoire. Il faut d’abord reconnaître que l’intention de Freud était éminemment progressiste. Il s’agissait à la fois d’arracher l’homosexualité à l’arraisonnement psychiatrique et d’en prôner la décriminalisation, à une époque où les actes sexuels entre personnes du même sexe étaient passibles de peines d’emprisonnement. Sur ces deux points, Freud n’a jamais varié. Dès 1903, il répondait au journal &lt;em&gt;Die Zeit&lt;/em&gt; de Vienne qui lui demandait de donner son avis alors que venait d’éclater un scandale (une personnalité de la vie économique autrichienne venant d’être traduite en justice pour fait d’homosexualité) : « L’homosexuel ne relève pas du tribunal et j’ai même la ferme conviction que les homosexuels ne doivent pas être traités comme des gens malades, car une orientation sexuelle perverse n’est pas une maladie. Cela ne nous obligerait-il pas, en effet, à caractériser comme malades de nombreux grands penseurs et savants que nous admirons précisément en raison de leur santé mentale ? ». Ce dernier argument (qui était avancé depuis longtemps par les défenseurs de la cause homosexuelle) a été souvent repris par Freud. Notamment dans les &lt;em&gt;Trois Essais&lt;/em&gt;, où il constitue l’un des axes de l’analyse qui lui permet de rejeter la prétention de la psychiatrie à pathologiser l’homosexualité et à en faire un signe de « dégénérescence ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. On retrouve des propos identiques dans sa lettre à la mère d’un homosexuel en avril 1935 :&lt;br /&gt;«L’homosexualité n’est assurément pas un avantage, mais elle n’est pas non plus quelque chose dont on doive avoir honte, elle n’est pas un vice, ni une dégradation ; on ne peut pas la ranger dans les maladies; nous la considérons comme une variation de la fonction sexuelle produite par un arrêt dans le développement normal ». Et Freud poursuit : « De nombreux hommes hautement respectables des temps anciens et modernes ont été homosexuels, et certains parmi eux comptent parmi les plus éminents (Platon, Miche-Ange, Leonard de Vinci, etc.). C’est une grande injustice et une grande cruauté de persécuter l’homosexualité comme si elle était un crime. Si vous ne me croyez pas, lisez les livres d’Havelock Ellis. En me demandant si je peux vous aider, vous voulez savoir, je suppose, si je peux supprimer l’homosexualité afin que l’hétérosexualité normale puisse prendre sa place. La réponse, est, d’une manière générale, que nous ne pouvons pas promettre d’y réussir. Dans un certain nombre de cas nous réussissons à développer les germes de tendances hétérosexuelles qui sont présentes en tout homosexuel, mais dans la majorité des cas, ce n’est pas possible. Cela dépend de la qualité et de l’âge de l’individu. Il est impossible de prédire le résultat du traitement. Ce que l’analyse peut faire pour votre fils est tout à fait différent. S’il est malheureux, névrotique, déchiré par des conflits, inhibé dans sa vie sociale, l’analyse peut lui apporter une certaine harmonie, une paix de l’esprit, qu’il reste homosexuel ou s’en trouve changé. »&lt;br /&gt;Il semble donc bien que pour Freud, il n’y ait rien à « traiter » dans l’homosexualité, sauf quand l’individu homosexuel souffre de névrose, et c’est donc plutôt la difficulté d’être homosexuel qui fait problème et non l’homosexualité elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Interrogés par Jones en 1920, Freud et Rank lui répondent qu’ils ne voient pas pourquoi un homosexuel ne pourrait pas être analyste. Jones s’était déclaré contre cette idée. Karl Abraham et bien d’autres se rangeront à l’avis de Jones. Et l’on sait que, pendant longtemps - et c’est encore le cas dans certaines écoles psychanalytiques - la recommandation de Freud a été ignorée, l’idée qu’un homosexuel puisse être analyste semblant presque, aux yeux de nombreux psychanalystes, même aujourd’hui, une contradiction dans les termes, puisque dans leur inconscient - et souvent dans leur discours conscient - un homosexuel est toujours plus ou moins un malade, un anormal. Il doit donc être l’objet de l’analyse, mais ne saurait en être le sujet. Et par conséquent, il ne peut être analyste. Dissymétrie toujours. Et violence discursive et culturelle, mais aussi professionnelle. Et c’est bien cet inconscient homophobe qui s’exprime dans cette dissymétrie qu’il convient d’analyser comme le non-dit (ou le trop-dit) de la psychanalyse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Il y a plusieurs mouvements contradictoires dans les &lt;em&gt;Trois Essais&lt;/em&gt;. Au fil des éditions, la pensée de Freud évolue et semble avoir du mal à se fixer. D’où cette impression qu’il existe de profondes tensions entre le texte de 1905 et les notes ajoutées en 1910, 1915 et 1920, et entre ces notes elles-mêmes. Ce sont les strates d’une analyse en mouvement. Instable en tout cas. Il serait utile d’en faire l’archéologie.&lt;br /&gt;Si on prend le texte de l’édition définitive tel qu’il nous est donné de le lire aujourd’hui (j’utilise l’édition Gallimard-Folio), on peut partir de la longue note de 1915 qui avance l’idée d’une bisexualité fondamentale et universelle dans les périodes de l’enfance (p.51). Mais cette idée qui pourrait servir à déstabiliser l’idée d’une norme hétérosexuelle est très vite pliée aux exigences d’une conception profondément évolutionniste du développement sexuel perçu comme orienté vers un accomplissement « normal », c’est-à-dire hétérosexuel. Frank J. Sulloway a bien vu à quel point la pensée de Freud, et notamment sa théorie des « stades » du développement libidinal, est profondément marquée par un évolutionnisme qui lui vient de Darwin. Et l’on pourrait même aller jusqu’à dire que cet aboutissement hétérosexuel, toujours posé comme la finalité normale du développement, sert en réalité de point de départ à l’analyse de Freud. C’est la fin qui éclaire le parcours et les processus qui y mènent. Il y a bel et bien une fin normale et un certain nombre d’individus ne l’atteignent pas. D’où la question : pourquoi ? Et la réponse : un arrêt à un stade infantile du développement libidinal. La théorie des « stades », des « étapes » ne se conçoit que dans une perspective téléologique, et cette téléologie est hétérosexuelle.&lt;br /&gt;En tout cas, elle consiste à prendre l’hétérosexualité comme le point d’arrivée à partir duquel on interprète tous les autres comportements comme des « perversions », et ceci même lorsque Freud écrit, dans cette note de 1915, que « l’intérêt exclusif de l’homme pour la femme [bizarrement, il ne parle pas de l’intérêt de la femme pour l’homme] est aussi un problème qui requiert explication et non pas quelque chose qui va de soi » (p.51). C’est également dans cette note qu’il affirme que la psychanalyse s’oppose « avec la plus grande détermination à la tentative de séparer les homosexuels des autres êtres humains en tant que groupe particularisé » (p. 51). (Il vise bien sûr la tentative des psychiatres pour constituer les homosexuels comme une catégorie anormale, mais aussi, sans doute, les efforts de Magnus Hirschfeld, le fondateur du mouvement homosexuel allemand, pour justifier l’homosexualité en la décrivant comme un sexe à part, un « troisième sexe »). En effet, dit Freud, « tous les hommes sont capables d’un choix d’objet homosexuel », et d’ailleurs, ajoute-t-il, « dans l’inconscient, ils ont effectivement fait ce choix » (ibid.)&lt;br /&gt;Mais cela ne l’empêche nullement de parler de l’homosexualité dans les termes de « l’inversion », comme le faisaient les psychiatres, et en utilisant d’ailleurs les deux sens du mot « inversion » (contradictoires entre eux) : « inversion » intérieure du sujet (une âme de femme dans un corps d’homme, selon la formule de Krafft-Ebing) et « inversion » de l’objet sexuel (qu’un homme désire un homme plutôt qu’une femme, puisque, là encore, c’est toujours des hommes qu’il s’agit).&lt;br /&gt;On aurait pu penser que la théorie de la bisexualité universelle dans l’enfance ou dans les « états primitifs » allait déboucher sur le constat d’une égalité fondamentale des sexualités sous le regard du psychanalyste. Mais non : s’il y a de l’« inversion », c’est donc qu’il y a une « normalité » que l’inverti contredit, une « norme » dont la « perversion » s’écarte. C’est pourquoi il y a toujours, chez Freud, au détour d’une phrase ou d’une note (par exemple dans les &lt;em&gt;Trois Essais&lt;/em&gt;, p. 40, note 1), et malgré tous les propos explicites qu’il tient par ailleurs sur ce point, la tentation d’un « guérir » ou d’un « soigner » les homosexuels et l’homosexualité, comme si l’homosexualité était, malgré tout, toujours un problème et que la question à laquelle le psychanalyste se trouve immuablement et immanquablement confronté ne pouvait être que la suivante : peut-on la guérir ou non ?&lt;br /&gt;Mais il est tout de même assez remarquable de voir comment Freud essaie de se dégager des préjugés de son époque et de penser ce qui n’avait pas été pensé avant lui. Les contradictions qui minent son texte sont le symptôme de cet effort pour penser sans exclure, pour comprendre les réalités et en rendre compte dans le cadre d’une préoccupation humaniste. Freud comme pensée ouverte. Et disons-le nettement : ce ne sera plus le cas de la psychanalyse après lui, devenue profondément conformiste, gardienne de l’ordre établi (et c'est particulièrementle cas aujourd'hui en France).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;§. Jamais Freud n’aurait affiché comme Lacan son mépris pour les « tantes ». Et il est dommage que le 
